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Mine de rien, à la mi-avril, ça commence à sentir le vélo à Montréal – même si, avec cette météo, il faut bien choisir son moment. La pluie récurrente aura au moins fourni aux mordus de cyclisme une excuse toute faite pour rester devant leur écran et savourer un début de saison passionnant sur le circuit mondial.
En ce moment, les courses de vélo sont très excitantes à regarder, se réjouit l’ancien cycliste professionnel Antoine Duchesne, rencontré mercredi lors de la présentation de la Rando Vélo Beneva, un événement cycliste grand public organisé la veille des mondiaux sur route de 2026 qui auront lieu dans la métropole.
Les inscriptions sont désormais ouvertes pour la Rando Vélo Beneva, prévue le samedi 19 septembre sur le parcours des épreuves du contre-la-montre des mondiaux de 2026. Des randonnées – et non des courses, a bien précisé l’organisation – de 10, 20, 40 et 70 km seront proposées dans une ambiance familiale.
Venez faire la fête avec nous – faire la fête, pas faire une course, indique le directeur général du comité d’organisation local, Joseph Limare. Ça s’appelle une “rando”, la définition est ici. On veut faire de cet événement une grande fête qui va nous mener vers la cérémonie d’ouverture des Championnats du monde.
Aux cyclistes amateurs plus aguerris, le DG assure cependant que d’autres annonces viendront. D’autres annonces d’activités qui seront davantage dans leurs cordes, devine-t-on.
À titre d’ambassadeur des mondiaux, Duchesne voit ce début de saison comme un beau présage pour cette fête cycliste du 20 au 27 septembre, qui sera précédée des habituels Grands Prix de Québec et de Montréal.
Le champion du monde Tadej Pogacar a déjà des allures d’ogre, avec quatre podiums en quatre courses – des classiques, bien sûr –, dont trois victoires et une 2e place à Paris-Roubaix derrière un splendide Wout van Aert. Remco Evenepoel a montré de belles choses sur le Tour de Catalogne avant une chute lors de la troisième étape de l'épreuve espagnole, remportée par Jonas Vingegaard. L’autre fantastique, Mathieu van der Poel, a animé sa part de courses en 2026 et compte trois podiums, dont deux succès. Et le Français Paul Seixas, plein de promesses, semble en train de les réaliser avec un triomphe sur le Tour du Pays basque et une 2e place sur les Strade Bianche.
Du côté féminin, on est habitué depuis quelques saisons à ce que la plus fine élite soit bien en forme en début de calendrier, et l’histoire se répète en 2026. La Néerlandaise Demi Vollering compte déjà trois podiums, dont deux victoires. Lorena Wiebes, Marlen Reusser, Elisa Longo Borghini : le reste du top 4 mondial au début de la saison a aussi déjà gagné des courses cette année.
Et ça s’attaque. Souvent. Et de loin.
Je parlais récemment avec Hugo [Houle], qui vient de sortir de sa première grosse course de la saison, et il me disait à quel point c’est difficile, raconte Duchesne. Sur le vélo, c’est intense du début à la fin. Ça fait un spectacle, mais c’est rendu très exigeant. Il y a de l’engagement de la part de tout le monde. Les gros joueurs attaquent de loin.
Les favoris sont en forme. Les mondiaux vont permettre un plateau très relevé aux Grands Prix.
Joseph Limare, directeur général du comité d’organisation local, est du même avis. Les nombreuses éditions des Grands Prix cyclistes ont permis aux organisateurs de tisser des liens avec les athlètes, et son pif lui dit que Montréal accueillera ces quatre grands coureurs de classiques que sont Pogacar, van Aert, Evenepoel et van der Poel.
On sait déjà qu’il y en a certains qui veulent rester ici entre les Grands Prix et les Championnats du monde, souligne-t-il. Donc, les quatre fantastiques… je suis pas mal convaincu qu’ils vont être là, oui.
Cela dit, on en vient presque à se demander ce qu’il reste comme enjeu pour les moins grandes équipes, sinon des miettes. Si la compétition des mondiaux, avec des équipes nationales, propose en théorie une dynamique différente, on peut s’imaginer qui jouera le haut du classement aux Grands Prix.

Les dignitaires ont procédé à la coupe du ruban au lancement de la Rando Vélo Beneva en marge des Championnats du monde de cyclisme sur route.
Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère
Antoine Duchesne, qui a jadis travaillé pour des coureurs intéressants à la David Gaudu ou Thibault Pinot, même s’il faisait partie de la relativement modeste Groupama-FDJ, croit néanmoins que la nature du sport fait que tout un chacun peut s’accrocher à un enjeu, même un équipier d’une petite formation. Et le spectacle, actuellement à la télévision, puis en septembre sur les routes montréalaises, ne peut qu’en être bonifié.
Même si l'on se dit parfois que les Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar de ce monde sont imbattables, ce n’est pas vrai. Ils sont battables, assure Duchesne. Il peut arriver toutes sortes de choses. Il faut continuer à y croire. Je demande parfois à des amis cyclistes quels sont leurs plans de match avec Pogacar et Remco au départ… il faut y croire. Il faut être audacieux. [Julian] Alaphilippe a gagné à Québec d’une manière que personne n’avait prévue.
Il faut essayer d’être intelligent, utiliser le nombre, essayer des coups. La deuxième moitié de peloton, avec ses négligés, elle veut créer du mouvement. Ça rend les courses excitantes, car tout le monde veut jouer sa carte à sa manière – même si l'on sait que, la plupart du temps, ils vont être battus par Pogacar au pied de la dernière montée.

Tadej Pogacar (à gauche) a remporté pour la première fois Milan-Sanremo en mars.
Photo : AFP / DAVID PINTENS
On a beau savoir le Slovène capable d’un coup d’éclat sur Camilien-Houde, Duchesne garde espoir qu’un Canadien se signalera aux mondiaux.
Derek Gee-West, Nicholas Zukowsky et Pier-André Côté ont bien pris leur place dans le peloton, souligne-t-il, en ajoutant qu’Hugo Houle se préparera aux mondiaux en participant au Tour d’Espagne et qu’il souhaite que Guillaume Boivin, blessé lors d’une chute dans la Trouée d’Arenberg, soit pleinement remis à temps.
Mais le meilleur espoir canadien est probablement du côté féminin, avec la Sherbrookoise Magdeleine Vallières-Mill comme championne du monde en titre.
On n’a jamais vu les femmes courir sur ce parcours des Grands Prix, mais c’est un parcours qui convient très bien à un profil comme Magdeleine. Au départ, avec le no 1, elle a la pression sur le dos, mais elle est à la maison. Elle peut encore faire un exploit sur ce parcours-là. Et elle aura une grosse équipe.


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