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Santé Île-du-Prince-Édouard aurait dépensé près de 28,5 millions $ en services d'infirmières itinérantes non budgétisés lors de l'exercice financier 2024-2025, selon le plus récent rapport annuel du vérificateur général de la province.
Darren Noonan indique que la province avait mis de côté des fonds pour pallier le manque d’infirmières permanentes.
Ils estimaient que les fonds alloués à ces postes vacants seraient suffisants pour couvrir les dépenses liées aux infirmières itinérantes, explique-t-il. Or, ces infirmières sont tellement coûteuses et leur recours a largement dépassé les prévisions initiales. Les dépenses ont donc largement dépassé le budget prévu pour ces postes.

Darren Noonan, le vérificateur général de l'Île-du-Prince-Édouard, dit que son bureau mène un audit de performance sur le recours aux infirmières itinérantes. (Photo d'archives)
Photo : Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard
Le vérificateur général précise que Santé Île-du-Prince-Édouard a aujourd’hui des contrats avec 10 agences de placement d’infirmières itinérantes. De même, son bureau mène un audit de performance sur le recours à cette main-d’œuvre.
Si vous savez que vous aurez besoin d’infirmières itinérantes, vous devez prévoir un budget en conséquence.
Lors du dépôt de son budget 2025-2026, le gouvernement progressiste-conservateur projetait déjà un déficit de 183,9 millions $, le plus important de son histoire. Or, le déficit anticipé lors de la plus récente mise à jour budgétaire était de 367,4 millions $.
Des dépenses nécessaires
La ministre des Finances et de l’Abordabilité, Jill Burridge, qualifie ce recours à la main-d’œuvre indépendante de mesure d’urgence ou de supplément en cas de pression opérationnelle. Elle souligne que ces infirmières sont affectées aux soins intensifs et aux services d’urgence, des secteurs qui ne peuvent être négligés.
S’il faut des infirmières intérimaires dans ces endroits pour assurer la continuité des services, nous n'avons pas vraiment le choix, affirme-t-elle. Il faut le faire.

Jill Burridge, la ministre des Finances et de l’Abordabilité de l'Île-du-Prince-Édouard. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
La ministre s’attend à ce que la province soit en mesure de recruter les diplômés de la prochaine cohorte en soins infirmiers. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire qu’on ne veut pas de gros budgets pour les infirmières intérimaires, explique-t-elle. Ce qu’on veut, ce sont des infirmières à temps plein, des postes permanents.
De son côté, le chef de l’opposition officielle, Robert Mitchell, estime que la province aurait dû mieux planifier ses dépenses. Dire qu'on ne l’avait pas prévu, mais qu'on était au courant relève d’une certaine imprudence , dit-il. Et ils étaient effectivement au courant.
Craintes chez le syndicat des infirmières et infirmiers
Dans une déclaration écrite, le Syndicat des infirmières et infirmiers de l’Île-du-Prince-Édouard affirme avoir fait part de ses inquiétudes au bureau du vérificateur général l’an dernier.
Le vrai problème qui nous préoccupe le plus est de savoir pourquoi nous avons été contraints de dépendre autant des infirmières itinérantes, écrit le syndicat.
Le Syndicat dit militer depuis longtemps pour l’embauche de personnel stable et permanent au sein du réseau de santé publique.
D’après le reportage de Wayne Thibodeau, de CBC


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