Après 321 jours d’hibernation, la sonde New Horizons de la NASA s’est réveillée le 23 juin à 9,5 milliards de kilomètres de la Terre. La confirmation a mis près de 9 heures à parvenir au laboratoire Johns Hopkins via Madrid. La sonde reprend désormais ses observations scientifiques dans la ceinture de Kuiper, au-delà de Pluton.
Ce que vous allez apprendre
- Pourquoi New Horizons entre régulièrement en hibernation et quels instruments continuent de fonctionner pendant ces périodes
- Ce que la sonde va observer en priorité dans les prochaines semaines dans l’héliosphère externe
- Où en est New Horizons dans un voyage spatial commencé il y a près de vingt ans
321 jours de sommeil à 9,5 milliards de kilomètres
Le 7 août dernier, les équipes du Laboratoire de physique appliquée Johns Hopkins (APL) plaçaient New Horizons en mode hibernation — une procédure standard destinée à préserver les ressources de la sonde durant les longues phases de croisière sans objectif scientifique immédiat.
Le réveil, lui, ne s’improvise pas. Les commandes avaient été enregistrées et transmises à l’ordinateur principal de la sonde dès juillet 2024. Le 23 juin, New Horizons les a exécutées seule, sans intervention possible en temps réel.
À cette distance, un signal radio met 8 heures et 52 minutes pour rejoindre la Terre via la station du réseau Deep Space Network de la NASA près de Madrid.
Crédit : NASA / Johns Hopkins APL / SwRI / Justin GladdenJamais vraiment éteinte
L’hibernation de New Horizons n’est pas un arrêt total. Pendant ces 321 jours, trois instruments ont continué de collecter et stocker des données en continu : les capteurs de plasma héliosphérique Solar Wind at Pluto et Pluto Energetic Particle Spectrometer Science Investigation, ainsi que le compteur de poussières spatiales Venetia Burney Student Dust Counter.
Chaque semaine, un rapport d’état automatique était transmis vers la Terre. Résultat : 321 rapports consécutifs au vert, sans anomalie détectée à bord.
Un programme scientifique immédiat
Maintenant réveillée, la sonde entre dans une phase de reprise progressive. Les données d’état et de sécurité sont transmises en priorité, suivies des données scientifiques des trois instruments actifs pendant l’hibernation.
Dans environ trois semaines, le spectrographe ultraviolet Alice prendra le relais pour cartographier la distribution de l’hydrogène gazeux dans l’héliosphère externe — une région que seules deux autres sondes, Voyager 1 et Voyager 2, ont jamais traversée.
L’équipe au sol procède parallèlement à une mise à jour logicielle du système de contrôle, conçue pour s’adapter à la réduction progressive de puissance liée à l’éloignement du Soleil et à l’allongement continu des temps de communication.
Vingt ans de voyage, et toujours en route
New Horizons a décollé en janvier 2006 avec le lancement le plus rapide jamais enregistré pour une sonde spatiale. Elle a survolé Jupiter en 2007, accompli la première exploration complète du système de Pluton en juillet 2015, puis visité Arrokoth — premier objet de la ceinture de Kuiper jamais exploré de près — en janvier 2019.
Elle poursuit depuis lors ses mesures de l’héliosphère externe et l’observation de dizaines d’autres objets de la ceinture de Kuiper, dans une région du système solaire que très peu d’instruments humains ont jamais atteinte.


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