La course à l’espace vient de passer à la vitesse supérieure. Le 22 mai 2026, SpaceX a fait décoller avec succès depuis sa base de Boca Chica, au Texas, la toute première version « V3 » de son monumental Starship. Après plus de sept mois d’attente et de modifications intenses — marqués notamment par l’explosion d’un propulseur Super Heavy lors d’essais en novembre dernier —, le mastodonte des airs s’est élancé pour un vol suborbital historique. Malgré un amerrissage manqué pour son premier étage, cette version s’impose comme la clé de voûte du retour de la NASA sur la Lune.
Ce que vous allez apprendre
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Les innovations de la version V3, la plus grande et puissante fusée de l’histoire.
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Pourquoi le ravitaillement en orbite est le prochain défi crucial pour SpaceX.
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Le calendrier des missions Artemis 3 et 4 en collaboration avec la NASA.
Un monstre technologique doté du moteur Raptor 3
Culminant à 124,4 mètres de haut, le Starship V3 surclasse toutes les versions précédentes. La grande nouveauté de ce vol réside dans l’intégration, pour la première fois, du tout nouveau moteur Raptor 3. Plus léger, plus épuré et nettement plus performant, il représente un bond technologique majeur pour la firme d’Elon Musk.
Les optimisations touchent l’intégralité du lanceur :
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Le premier étage (Super Heavy) : Il intègre un système de transfert de carburant repensé permettant l’allumage ultra-rapide de ses 33 moteurs.
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Le second étage (le vaisseau Ship) : Ses réservoirs ont été agrandis, sa propulsion rendue plus efficace, et il dispose désormais de ports d’amarrage spécifiques pour le transfert de propergol dans l’espace.
Le défi du « pompiste de l’espace »
L’amerrissage raté du propulseur Super Heavy le 22 mai a poussé l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) à ouvrir une enquête technique, immobilisant temporairement la fusée au sol. Dès que le feu vert sera à nouveau accordé, SpaceX devra s’attaquer à sa manœuvre la plus complexe : le ravitaillement en orbite.
Pour envoyer un Starship vers la Lune ou vers Mars, la physique est impitoyable : le vaisseau consomme presque tout son carburant pour s’arracher à l’attraction terrestre. SpaceX va donc devoir lancer un premier Starship « citerne » en orbite, puis un second qui viendra s’y amarrer pour faire le plein avant le grand voyage. Selon les experts, chaque mission lunaire nécessitera ainsi de lancer une douzaine de fusées d’affilée. Deux vols d’essai dédiés à cette démonstration de transfert de carburant en orbite sont d’ores et déjà programmés pour la fin de l’année 2026.
Crédit : spacexObjectif Lune : Artemis en ligne de mire
La NASA suit de très près ces avancées, car elle a sélectionné le Starship comme premier atterrisseur habité pour son programme d’exploration lunaire. Le calendrier est serré mais se précise :
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Mi-2027 (Artemis 3) : Un test de rendez-vous et d’amarrage en orbite terrestre basse entre le Starship et la capsule Orion de la NASA (avec ou sans astronautes à bord de l’atterrisseur, les paramètres restant à définir).
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Fin de 2028 (Artemis 4) : La mission historique qui doit déposer des astronautes près du pôle Sud de la Lune.
Pour obtenir sa certification humaine d’ici fin 2028, SpaceX doit encore intégrer son propre système de survie (dérivé de la capsule Crew Dragon qui vole vers l’ISS depuis 2020) ainsi qu’un ascenseur spatial de 52 mètres pour permettre aux astronautes de descendre de la cabine jusqu’au sol lunaire. De plus, un vol d’essai à blanc (sans équipage) devra réussir un alunissage parfait.
La pression est d’autant plus forte que la NASA maintient la compétition ouverte : l’atterrisseur Blue Moon de Blue Origin reste un concurrent direct pour les contrats Artemis. Fidèle à sa méthode du « test, crash, and learn », Elon Musk affiche une confiance totale et voit déjà à long terme, évoquant une cadence industrielle folle de 10 000 lancements par an pour coloniser le système solaire.


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