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International 01/03/2026 10:11 Actualisé le 01/03/2026 11:30
Les principaux visages du régime, à commencer par le guide suprême Ali Khamenei, ont été tués dans des frappes israélo-américaines. Désormais, un processus de transition démarre.

ATTA KENARE / AFP
Des manifestants pro-pouvoir pleurent la mort d’Ali Khamenei, tué lors d’une frappe conjointe des États-Unis et d’Israël, à Téhéran, le 1er mars 2026.
L’Hydre de Lerne a perdu des têtes, mais elles devraient vite repousser. Après la mort d’Ali Khamenei et de plusieurs figures majeures de la République islamique, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assuré que Téhéran s’était préparé à « tous les scénarios », y compris la perte de son guide suprême, en fonction depuis 1989.
Le pouvoir iranien se réveille pourtant dépourvu de ses principaux généraux, ce dimanche 1er mars. Plusieurs hauts commandants sont en effet décédés dans des frappes israélo-américaines, survenues dans le cadre de l’opération « Fureur épique ».
Parmi les morts annoncés par la télévision d’État iranienne figure le chef d’état-major des forces armées iraniennes, Abdolrahim Moussavi, ainsi que le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, et Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême et secrétaire du Conseil de défense. Le ministre de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh, aurait également perdu la vie, d’après l’agence Irna.
Ces hommes forts du pouvoir seraient morts lors d’une frappe pendant qu’ils participaient à un Conseil de sécurité, ajoute cette source. Les Américains du New York Times ont ainsi relaté comme, avec l’aide d’informations de la CIA sur la tenue d’une telle réunion, Israël a pu mener des frappes d’une extrême précision, décapitant le régime de Téhéran.
Trois hommes pour la transition
Ali Khameinei, qui a régné d’une main de fer pendant près de quatre décennies, n’a pas de successeur officiellement désigné. Pour combler sa perte et celle de ses proches collaborateurs, le processus de transition va démarrer dès ce dimanche, a annoncé le principal responsable de la sécurité du pays, Ali Larijani, ex-bras droit du guide suprême.
« Un conseil de direction provisoire sera bientôt formé. Le président (Massoud Pezeshkian), le chef du pouvoir judiciaire (Gholamhossein Mohseni Ejeï) et un juriste du Conseil des gardiens de la Révolution assumeront la responsabilité jusqu’à l’élection du prochain dirigeant », a poursuivi cet ancien conseiller d’Ali Khamenei. Le nom du troisième homme a été connu un peu plus tard, il s’agit d’Alireza Arafi,un religieux chiite iranien, ont indiqué les médias d’État.
Le New York Times rapporte qu’avant sa mort, Khamenei a chargé Ali Larijani et une poignée d’autres responsables politiques parmi ses proches de veiller à la survie de la République islamique. Le journal, qui cite six hauts responsables et des membres des Gardiens de la révolution, explique que le guide suprême envisageait sa mort sous les bombes américaines et israéliennes.
Un fils ou un religieux radical comme successeur ?
Lorsqu’il était caché pendant la guerre des 12 jours avec Israël en juin, l’ayatollah aurait ainsi désigné « trois candidats susceptibles de lui succéder », sans les annoncer publiquement. Les sources du quotidien américain estiment qu’Ali Larijani n’en ferait pas partie car il n’est pas un haut dignitaire chiite, une condition essentielle à son successeur.
Les prétendants au poste seraient plutôt, d’après le New York Times dans un autre article, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï ; le chef de cabinet de Khamenei, Ali Asghar Hejazi, ou encore Hassan Khomeini, un religieux modéré et petit-fils de Ruhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique d’Iran après la révolution de 1979.
CNN donne aussi le nom du deuxième fils de Khamenei, Mojtaba, qui est connu pour entretenir des liens étroits avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), l’organe militaire le plus puissant du pays. La chaîne de télévision américaine évoque aussi Mohammad Mehdi Mirbagheri, religieux radical et membre de l’Assemblée des experts, organe le plus conservateur de l’establishment religieux.
Quel qu’il soit, le nouveau Guide suprême de l’Iran devra répondre aux critères stipulés dans la Constitution du pouvoir : le nouveau dirigeant doit être un homme, un religieux doté de compétences politiques et « d’une autorité morale et loyal à la République islamique ».


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