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Sous une chaleur étouffante et face à des Sud-Américains bien trop rudes, l’équipe de France a validé sa qualification en quart de finale (1-0). Mais que ce fut difficile...
19h04. Lincoln Financial Field. Les Paraguayens peuvent mettre la pression à l’arbitre, tenter d’intimider les Bleus, la bave aux lèvres, ce sont eux qui rentrent à la maison samedi soir. Retour à Asunción. Et tant mieux. De l’autre côté du terrain, sous l’impulsion de ses cadres, l’équipe de France s’en va fêter la qualification en quart de finale de la Coupe du monde (1-0) avec ses supporters, sans être tombée dans le piège, après un match de football qui n’en a pas été un.
La faute à des Sud-Américains scandaleusement agressifs, un arbitre calamiteux et des Français loin d’être brillants. Sans doute leur plus mauvais match - à l’image d’un Michael Olise en dedans - depuis le début de la compétition. Mais pour être champion du monde, il faut aussi en passer par là, être moins beau, moins spectaculaire et plus besogneux. Les Bleus l’ont été. Et poursuivent leur route en Amérique avec un rendez-vous bien plus séduisant contre le Maroc jeudi du côté de Boston.
« On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif, plante Kylian Mbappé qui reste en course pour une troisième finale de Mondial d’affilée... en trois participations. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. On n’a pas de problème avec ça. Ils pensaient qu’on allait venir jouer en smoking, faire des belles actions. On sait faire le sale football aussi. »
Le Paraguay, une triste image du football
Dans la fournaise de Philadelphie, le spectacle est d’abord venu … de l’avant-match avec une cérémonie en l’honneur des 250 ans de l’Indépendance des États-Unis. Un vrai show à l’américaine, entre hymne national, le terrain recouvert du drapeau de la nation et le survol de l’armée US au-dessus du Lincoln Financial Field. «Simple» et efficace. Le tout sous une chaleur accablante et un soleil de plomb.
Pour ce qui est du terrain, il faut reconnaître que ce Paraguay-France est tombé dans la caricature, à l’image d’un premier acte qui n’a surpris personne. Terne, fermé et sans intérêt. D’un côté, des Bleus amorphes, entre déchets techniques, manque de rythme et dénués d’idées, avec un quatuor offensif plongé dans le formol (81-19% de possession en faveur de la France, 310 passes à 49…).
De l’autre, une Albirroja recroquevillée, autour d’une défense à cinq, avec le seul Julio Enciso en attaque et une volonté claire de pourrir chaque ballon, de gagner du temps, sans laisser aucun espace aux vice-champions du monde. Mission réussie avec un premier acte sans saveur, quelques tensions et une seule frappe de Manu Koné (22e) pour sortir les spectateurs de leurs léthargies. Ou insolation.
Mbappé prend ses responsabilités
Mais dans un match de football, il faut quand même proposer des choses, avoir envie d’imposer un rapport de force avec le ballon à son adversaire et par la même occasion, marquer des buts. Le Paraguay, 34e nation au classement Fifa, déjà heureux de son exploit face à l’Allemagne au tour précédent, n’est pas venu dans le berceau de l’Amérique avec ces intentions. Construire, rarement. Détruire, assurément.
Du football à l’ancienne, entre fautes et intimidations, face à un arbitre, Monsieur Ilgiz Tantashev, totalement dépassé. Comme sur cette faute dans la surface sur Désiré Doué, entré en jeu à la place d’un Bradley Barcola passé à côté, non sifflée avant que l’arbitrage vidéo dise le contraire. Situation validée par Kylian Mbappé (1-0, 70e), son septième but au Mondial, qui n’a pas tremblé malgré un point de penalty piétiné par les Paraguayens. Un soulagement et la récompense d’une belle rentrée du double champion d’Europe parisien. Confirmation aussi que le banc des Bleus sera aussi une force cet été dans un match cadenassé.
Un arbitre ouzbek totalement dépassé
L’avantage au score n’a finalement rien changé à la physionomie d’un 8e de finale électrique, sans saveur et avec un adversaire indigne de jouer de cette manière à ce niveau. Que l’on combatte avec ses armes, personne ne le conteste. Mais que l’on soit aussi peu ambitieux que méchant dans le jeu, c’est un autre débat. Toute la seconde période n’a été que provocations, mauvais gestes, tacles en retard et un arbitre totalement dépassé … qui n’a adressé aucun carton aux Paraguayens. Contre trois aux Français. Un sans-faute de l’officiel ouzbek, que l’on ne devrait pas revoir sur les terrains d’ici la fin de la Coupe du monde. Personne ne le regrettera.
Avec un banc du Paraguay en feu, excité par la moindre touche longue, mais jamais en mesure de faire trois passes correctes, la fin du match a basculé dans une tension désagréable. À la limite de l’agression physique. Proche de la bagarre de quartier. Sans football à se mettre sous la dent. Si ce n’est la première frappe cadrée des Sud-Américains à la 90e minute ou cette double occasion de Mbappé (90e+6) face au gardien adverse.
Les Bleus sont sortis du piège, d’une forme de négation de football, face à un adversaire qui n’avait plus rien à faire dans cette Coupe du monde. Pour l’équipe de France, qui doit aussi faire son autocritique après un match délicat mais qui la fera grandir, l’aventure continue. Place au quart de finale jeudi contre le Maroc, tombeur du Canada (3-0). Un remake de la demi-finale 2022. Cette fois, c’est sûr, le public aura droit à un match de football.


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