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L’équipe d’intervention en cas d’incident grave (SiRT), l’organisation dont le mandat est d’enquêter sur tout incident de ce genre impliquant un policier au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, veut ajouter un enquêteur issu des communautés autochtones à son équipe.
L’organisation a donc ouvert un nouveau poste.
Ça fait des années que les chefs des Premières Nations de la province demandent à ce que leurs communautés soient mieux représentées dans les enquêtes de la SiRT.
Depuis 2020, quatre autochtones sont morts lors d’interventions policières au Nouveau-Brunswick.
Dans la dernière année, Bronson Paul, de la première nation de Noqotkuk, s'est ajouté à cette triste liste. En janvier, il a été abattu par balles par un policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
À la suite de ces décès, les chefs des Premières Nations ont demandé des changements.

Ross Perley est le chef de la communauté wolastoqey de Neqotkuk, au Nouveau-Brunswick, qui est aussi connue sous le nom de Tobique.
Photo : Radio-Canada / Mike Heenan
Le chef de la première nation de Neqotkuk, Ross Perley, remettait notamment en cause le processus d’enquête de la SiRT.
Nous avons trouvé des lacunes quant à sa crédibilité, a-t-il affirmé. Il y a un manque de confiance à cause des conflits d'intérêts que nous avons identifiés. Je crois que d’avoir un des nôtres dans le bureau comme membre de l’équipe répondra à ces inquiétudes.
La SiRT a partagé la description d’emploi de ce nouveau poste avec les chefs des Premières Nations du Nouveau-Brunswick. D’après Ross Perley, ce qui a été présenté a été accueilli positivement.
Nous avons hâte de pouvoir cocher cette case dans la liste des sept appels à l’action de la première nation de Neqotkuk, affirme-t-il.
La communauté demande aussi à ce que la GRC ait recours aux agents de la paix autochtones lorsqu’ils répondent à des appels en lien avec le bien-être d’une personne de leur communauté.
Ils souhaitent aussi un appui des gouvernements provincial et fédéral pour la création de forces policières autochtones dans les communautés qui sont actuellement desservies par la GRC.
Nous avons toujours l’impression que Bronson Paul a été tué par la GRC et à moins que des preuves soient rendues publiques, il n’y a rien qui va changer notre opinion, explique Ross Perley. Mais si on peut empêcher que d’autres communautés aient à traverser une situation où ils n’ont pas confiance en l’enquête, je crois qu’on a accompli quelque chose.
La GRC au Nouveau-Brunswick a refusé de commenter alors que l’enquête de la SiRT sur le décès de Branson Paul est toujours en cours.
Renforcer les relations avec les Premières Nations
Selon la SiRT, le but de ce nouveau poste est de renforcer ses relations avec les Premières Nations et la confiance dans ses enquêtes.
Je crois qu’on est tous très conscients qu’il y a des enjeux par rapport aux activités policières dans les communautés autochtones et qu’il y a eu des défis, admet la directrice de la SiRT, Erin Nauss.
Ça va apporter beaucoup d’intégrité à nos enquêtes quand on travaille dans des communautés autochtones, et de la confiance, je l’espère, ajoute-t-elle.

Erin Nauss a travaillé 17 ans au ministère de la Justice en Nouvelle-Écosse et a été avocate-conseil à la SiRT avant d'en devenir la directrice par intérim lorsque son prédécesseur, Alonzo Wright, a été nommé à la magistrature le 28 septembre 2023. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Erin Nauss
Le candidat choisi devra avoir de l’expérience en enquêtes, et offrira des recommandations stratégiques à la direction de la SiRT. Il devra aussi communiquer avec les communautés autochtones et faire des recommandations sur les politiques et les rapports.
Il pourra être en appui ou être à la tête d’une enquête dépendamment du dossier, explique Erin Nauss.
Pour le moment, le poste sera restreint au Nouveau-Brunswick, mais Erin Nauss espère qu’un poste similaire sera ajouté en Nouvelle-Écosse.
Le Nouveau-Brunswick appuie la décision
Dans une déclaration à CBC Indigenous, le ministre néo-brunswickois de la Sécurité publique, Robert Gauvin, a affirmé que la confiance dans l’application de la loi était un élément essentiel. Il dit que la province veut s’assurer que la confiance existe dans chaque communauté.
Depuis que la SiRT a commencé ses activités au Nouveau-Brunswick, elle a géré plusieurs dossiers dans lesquels une liaison dédiée aux communautés autochtones aurait été très utile, dit-il.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Gauvin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Il explique que la création de ce poste a été financée par le budget provincial de cette année et reflète l’engagement du gouvernement à des changements concrets.
Le ministre Gauvin dit que la province reste ouverte à l’idée d’établir une force policière autochtone, mais que de créer de nouveaux services de police est un processus complexe.
D'après le reportage de Sis'moqon de CBC


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