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La raison principale de l’endettement de plusieurs Britanno-Colombiens, d’après la firme Sands & Associates, serait l’utilisation du crédit pour les dépenses essentielles, comme l'épicerie, le logement et le transport.
Dans son plus récent rapport sur la dette des consommateurs, Sands & Associates a sondé plus de 2300 Britanno-Colombiens ayant récemment déposé un dossier d’insolvabilité.
Cette année, il y a eu un changement majeur que nous n’avions pas vu auparavant, constate Blair Mantin, président de Sands & Associate et syndic de faillite agréé.
En 2025, l’incapacité à payer des dépenses essentielles était la raison principale de la dette pour 27 % des répondants, alors qu’elle l’était pour 11 % des répondants en 2020.
C’est près de 30 % des gens qui disent n’avoir rien fait de mal, avoir fait de leur mieux, mais que le coût de la vie dépassait leur capacité à joindre les deux bouts.
Sands & Associates affirme que, dans le passé, la principale cause était plutôt une mauvaise gestion financière. Chaque année, à part cette année, les gens se sont blâmés eux-mêmes. Ils disaient qu’ils ont obtenu trop de crédit et ne l’ont pas bien géré, explique Blair Mantin.

Blair Mantin est président de Sands & Associate et syndic de faillite agréé.
Photo : Radio-Canada / Alphonsine Sefu
Pour 2025, presque tous les répondants du sondage, soit 95 %, ont dit avoir ressenti l’impact d’une augmentation récente de l’inflation.
La seule chose qui n’augmente pas, ce sont les salaires. Alors, les gens peuvent sentir qu’ils sont dans une situation assez désespérante, commente Blair Mantin.
Hausse des cas d’insolvabilité
À l’échelle du pays, 36 256 dossiers d'insolvabilité ont été déposés par des consommateurs au dernier trimestre de 2025, ce qui est le plus haut volume trimestriel depuis 2009, d’après l’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR).
Par ailleurs, il y a eu une augmentation de 4,8 % des dossiers d’insolvabilité déposés au troisième trimestre de 2025, par rapport à l’année précédente.
Selon l’ACPIR, la Colombie-Britannique a observé la plus forte hausse de dépôt de dossiers d'insolvabilité au troisième trimestre de 2025, par rapport à l’année précédente. Cette province a eu une hausse de 19,4 % des dépôts, suivie de l’Île-du-Prince-Édouard, avec 11,9 %, et de Terre-Neuve-et-Labrador, avec 8,3 %
Un accès trop facile au crédit ?
Que les consommateurs soient en Colombie-Britannique ou ailleurs au pays, le crédit est très facilement accessible, estime Blair Mantin.
Le crédit le plus facilement accessible est de la pire sorte, le plus cher et celui qui a le plus d’impact sur l'individu, dit-il, en donnant l’exemple du prêt sur salaire, qui provoque généralement un cycle de dettes.
À titre de prévention, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) s’efforce de protéger les consommateurs de produits et services financiers en renforçant la littératie financière des Canadiens, indique l’agence par courriel.
Les mesures d'information financière ont une efficacité très limitée, précise toutefois Alexandra Bahary-Dionne, chercheuse, doctorante et chargée de cours à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa.
Le problème, c'est qu’il y a beaucoup d'études qui montrent que les personnes fortement endettées ne sont pas forcément moins informées que les autres sur le plan financier, observe-t-elle. C'est juste que, souvent, il y a une question de manque de ressources.

Alexandra Bahary-Dionne est chercheuse, doctorante, et chargée de cours à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa.
Photo : Natacha Trautmann
Même si on magasinait bien nos produits de crédit parce qu’on était informés...] on a un marché plutôt homogène, constate par ailleurs la chercheuse. Au final, la plupart des cartes de crédit vont être à des taux d'intérêt entre 19 et 21 %. Les taux réduits sont à peu près les mêmes d'une institution à l'autre aussi.
D’après la doctorante, ces mesures d’éducation financière sont plus faciles à mettre en place parce qu' elles impliquent moins de contraintes économiques pour les entreprises.
Elles seraient moins coûteuses que de vraiment changer ses pratiques, en ce qui a trait aux personnes à qui on offre du crédit, et à quel taux d'intérêt il est légitime de prêter.
Autant l’ACFC que le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) disent assurer la surveillance des institutions financières, dont les banques.
Par courriel, le BSIF, organisme fédéral indépendant, affirme utiliser un cadre de réglementation pour que les banques adoptent des pratiques responsables en matière d’octroi de prêts.
Le BSIF n’impose pas directement de plafonds fixes sur le crédit que les banques peuvent octroyer. Le BSIF ajoute que des mesures correctives peuvent devoir être prises, dans les cas où les activités d’octroi de prêts d’une banque posent un risque systémique ou institutionnel.


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