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Life 10/03/2026 18:33
Pour votre sommeil, faites confiance avant tout à votre horloge interne.

demaerre via Getty Images
Les Français dorment moins de sept heures par nuit.
Nous dormons de moins en moins. La faute aux multiples sollicitations, aux écrans, à nos nouvelles habitudes de vie nocturne et diurne. Dès 2019, le temps de sommeil des Français était passé sous la barre des sept heures. Confirmation sept ans plus tard : « En moyenne, les Français dorment 6 h 50 en semaine et 7 h 48 le week-end », nous apprend ce mardi 10 mars une enquête menée par OpinionWay pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).
Et comme le rappelle l’INSV dans un communiqué, un sommeil altéré peut nuire à la santé, physique et psychique. Car, plus que la longueur de la nuit, c’est sa qualité qui est primordiale. Pour préserver notre santé, l'idée n'est en effet pas de se forcer à dormir telle ou telle durée mais de réussir à respecter notre propre horloge interne.
En matière de sommeil, les moyennes horaires ont souvent été érigées en règles de conduite. Or, contrairement à une croyance tenace, une bonne nuit ne doit pas forcément durer 8 heures. « C'est un raccourci popularisé par les médias. Il s'agit en fait d'une moyenne générale mais qui n'est pas adapté à tout le monde », rappelait Cécile Martinot, médecin au centre interdisciplinaire du sommeil à Paris, quand elle était interrogée par Le HuffPost avant la première publication de cet article en 2019.
Dans les premiers mois de notre vie, notre horloge interne se met en place. Elle régule l'alternance éveil/sommeil et définit notre profil de court ou long dormeur. C'est notre patrimoine génétique qui le détermine bien avant notre rythme de vie et nos habitudes. En grandissant la durée de notre sommeil dépendra aussi de notre âge.
À l'âge adulte, les longs dormeurs peuvent largement dépasser les 9 heures de sommeil sur 24 heures. Les courts dormeurs sont un groupe qui vit bien en dormant peu, à raison de 5 heures-6 heures de sommeil. Mais « on estime à moins de 5 % de la population les courts dormeurs », expliquait Cécile Martinot.
Dormir moins de 6 heures par nuit a des conséquences
Ainsi, si les chercheurs s'inquiètent de voir la moyenne générale du nombre d'heures de sommeil baisser ce n'est pas tant parce que 7 heures de sommeil est une durée idéale mais parce que la part de Français en dette de sommeil ne cesse d’augmenter. Or, il n'a pas été prouvé qu'il fallait dormir au moins 7 ou 8 heures pour être en bonne santé. Dormir moins de 6 heures en revanche, a de réelles conséquences sur votre santé, sauf si vous êtes un court dormeur. Et cela concerne plus d’un quart des Français en 2026.
« On sait par de très nombreuses études épidémiologiques que dormir moins de 6 heures est associé à un risque plus élevé d'obésité, de diabète de type 2, d'hypertension, de pathologies cardiaques et d'accidents », soulignait le spécialiste du sommeil Damien Léger dans un Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire de 2019.
« Dormir moins de 6 heures réduit aussi la vigilance dans la journée, augmente l'irritabilité et perturbe les relations familiales ainsi que la qualité de vie et de travail », ajoutait-il. Pour savoir si vous dormez assez, demandez-vous si vous êtes « somnolent, irritable, ou encore, si vous souffrez de troubles anxieux », détaillait Cécile Martinot.
Pour renouer avec votre horloge interne, il faut être à l'écoute et ne pas forcément regarder l'heure. « Cela commence par aller se coucher quand on est vraiment fatigué, conseillait alors Cécile Martinot, et se lever rapidement après la nuit. Un bon dormeur s'endort et se réveille vite. Rester au lit, forcer l'endormissement, cela modifie et dérègle notre rythme de sommeil, notre horloge interne. »
Autre mythe tenace, l'heure du coucher qui présuppose la qualité du sommeil. « Non, les heures de sommeil avant minuit ne sont pas plus réparatrices que les suivantes. C'est faux, ce sont les premières heures de sommeil, avant comme après minuit, qui sont les plus réparatrices », corrigeait-elle.
Une nuit de sommeil en plusieurs fois
Pour ceux dont les nuits sont hachées, les recherches en histoire sur le sommeil montrent que nos ancêtres avaient un rythme proche du vôtre. Des scientifiques et des historiens avancent que nous ne sommes pas faits pour dormir d'une seule traite. Selon les travaux de Roger Ekirch, historien influent à l'université Virginia Tech et auteur de At Day's Close : Night In Times Past, nos ancêtres avaient un sommeil très différent.
Avant la révolution industrielle, on dormait en deux fois, avec une phase de veille entre les deux. Cette période d'éveil nocturne « faisait partie des rythmes de l'existence », expliquait ce spécialiste en 2001, dans un article qui s'appuyait sur 16 ans de travaux.
Largement adoptés par les spécialistes du sommeil, les travaux de Roger Ekirch éclairent notre compréhension de l'insomnie. L'une des retombées importantes de ces recherches historiques est l'idée que l'insomnie du type réveil nocturne — par opposition à l'insomnie caractérisée par les troubles de l'endormissement — serait un vestige de ce rythme de sommeil autrefois dominant, plutôt qu'un trouble.


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