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Des experts de l’industrie forestière en Colombie-Britannique et aux États-Unis s’inquiètent de l’impact des menaces de tarifs douaniers américains sur les entreprises et sur le portefeuille des consommateurs de produits dérivés du bois d'œuvre.
Kim Haakstad, la présidente du Conseil des industries forestières de la Colombie-Britannique revient d’un voyage à Washington. Elle y a rencontré des fabricants et des entrepreneurs du milieu américain. Ils sont très nerveux, explique-t-elle.
Les nouvelles menaces de tarifs de 50 % annoncées par le président américain, Donald Trump, visent notamment les produits à valeur ajoutée du bois d'œuvre longtemps épargnés par les États-Unis.
Ces tarifs touchent une dizaine de produits de bois et de papier manufacturés, la cellulose, la pâte à papier, les portes, les panneaux de contreplaqué, les produits de menuiserie et la papeterie commerciale. Ce sont des produits importants du secteur forestier, un des poumons économiques de la Colombie-Britannique.
Essentiellement, cela veut dire que les familles vont payer beaucoup plus cher lorsqu’elles vont se rendre à Home Depot, par exemple. Vous voulez remplacer une porte, ça sera bien plus cher. Même chose pour les meubles, le mouchoir en papier ou un agenda.
Un autre aspect qui rend l’industrie forestière nerveuse, c’est l’impact que ces tarifs auront sur la construction. Comme le souligne l’Association des produits forestiers du Canada, des experts craignent une hausse des prix des logements et un ralentissement important des chantiers.
C’est à un moment où tout coûte plus cher pour les familles américaines et canadiennes, précise Kim Haakstad.
C’est que, en plus de cette nouvelle menace de tarifs, le bois d'œuvre canadien est déjà assujetti à des droits de douane de 45 %.
C’est vraiment un casse-tête pour moi, explique Harry Nelson, un professeur agrégé à la Faculté de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique. Le fait est que le secteur de la construction aux États-Unis et au Canada utilise le bois d'œuvre américain et canadien parce qu’ils sont complémentaires.
Oui, nos exportations ont diminué et les États-Unis s’approvisionnent un peu en Europe et en Amérique latine, mais ce n’est pas suffisant pour répondre à leurs besoins. Le bois canadien représente 80 % des importations américaines de bois d'œuvre.
Harry Nelson et KimeHaakstad expliquent qu’en raison du climat froid canadien, l’épinette, le pin et le sapin poussent lentement, ce qui donne un bois plus dense, qui reste parfaitement droit, en plus d’être léger et facile à clouer.
Le pin du Sud des États-Unis est excellent pour les terrasses extérieures et le bois traité, mais il est trop lourd et il a tendance à se déformer. C’est pourquoi les constructeurs américains continuent d’exiger du bois canadien pour bâtir l’ossature de leurs bâtiments.
En plus du portefeuille des familles et du secteur de la construction, David Elstone, qui est conseiller forestier, s’inquiète aussi de l’impact de ces menaces sur les scieries et les usines des pâtes et papiers.
Il souligne que l’industrie forestière britanno-colombienne a connu la perte de milliers d’emplois et la fermeture de plusieurs usines de pâtes et papiers, dont la plus récente est survenue il y a une semaine près de Prince George.
Ces nouveaux tarifs s’inscrivent aussi dans un contexte où l’industrie et le gouvernement provincial veulent miser sur les produits à valeur ajoutée. En juillet, la Colombie-Britannique a élargi son programme à une quarantaine d’entreprises pour fabriquer davantage de produits de bois spécialisés.
C’est vraiment une situation difficile pour la Colombie-Britannique, alors que nous poussons pour le libellé "fait localement" pour éviter les tarifs de douane américains.
C’est une situation difficile à avaler pour le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, qui revient d’une réunion avec le Conseil de la fédération et le premier ministre canadien, Mark Carney.
Si Ottawa et Washington ont convenu d’intensifier les négociations d'ici la date butoir des nouveaux tarifs en août, Mark Carney est resté discret quant aux mesures de représailles que le Canada pourrait mettre en place si les droits de douane américains sont adoptés.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, affirme qu'il a reçu des garanties de la part de son homologue canadien, Mark Carney, pour soutenir la province ,alors que 13 % de ses exportations seront visées par la nouvelle menace tarifaire, ce qui en fait la province la plus touchée.
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
Comme son homologue de l’Ontario, David Eby ne s’est pas gêné pour lancer un message à l’administration américaine.
Vous ne pouvez pas venir ici rencontrer nos dirigeants du secteur minier pour puiser nos ressources tout en frappant notre secteur forestier. Ce n’est pas correct. C’est, soit vous voulez être un réel partenaire, soit vous pouvez aller chercher les ressources dont vous avez besoin ailleurs.
Toutefois, le fait de bloquer ou de restreindre les exportations de minéraux critiques relève principalement de la compétence fédérale.


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