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Le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, a confirmé jeudi que son gouvernement désignera prochainement l’aéroport Billy Bishop de Toronto comme zone économique spéciale, maintenant les terrains acquis.
La province a adopté jeudi une loi lui permettant d’acquérir la totalité des terrains des îles de Toronto où se situe l’aéroport Billy Bishop.
La province a précisé qu’elle n’acquerra pas l’intégralité des îles de Toronto, malgré les termes de la loi, et qu’elle collaborera avec la Ville pour n’utiliser que les terrains nécessaires à l’agrandissement de l’aéroport.
Le premier ministre Doug Ford souhaite agrandir l’aéroport, qu’il qualifie de joyau de la couronne, afin de permettre aux avions à réaction d’y décoller et d’y atterrir. Les pistes sont actuellement trop courtes pour ce type d’avion.
La nouvelle loi permet également à la province de remplacer la Ville de Toronto dans un accord tripartite entre la Ville, le gouvernement fédéral et l’Administration portuaire de Toronto, un organisme fédéral, régissant ces terrains.
Nous allons collaborer avec l’Administration portuaire de Toronto pour faire avancer ce projet et mettre en place les zones économiques spéciales et les autres outils nécessaires à sa réalisation, indique M. Sarkaria.

Le ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Il est trop important pour l’Ontario et pour le Canada pour ne pas voir ce projet se concrétiser , ajoute-t-il. Nous parlons de projets d’envergure nationale, et celui-ci en fera partie.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, qualifie le projet d’accaparement de terres sans consultation.
Une fois de plus, les Torontois sont victimes d’un abus de pouvoir provincial et privés de leur droit de regard sur l’avenir de leur propre front de mer, a indiqué Mme Chow dans un communiqué publié jeudi.
Nous n’avons reçu aucune proposition officielle d’agrandissement de l’aéroport. La province et l’Administration portuaire de Toronto doivent cesser de nous tenir dans l’ignorance et publier leurs plans sans tarder.
L’Administration portuaire, quant à elle, soutient le projet, qui, selon M. Ford, permettra d’augmenter le trafic passager de deux millions à dix millions par année.
Le PDG de l’Administration portuaire, RJ Steenstra, soutient que l’aéroport, comme tous les autres aéroports commerciaux du pays, serait financé par les passagers et les compagnies aériennes. Le projet d’agrandissement devrait coûter entre 4 et 5 milliards de dollars sur 25 ans, précise-t-il.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford et le PDG de l’Autorité portuaire de Toronto, RJ Seenstra. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
Le gouvernement fédéral est resté évasif sur l’idée. Le cabinet du ministre des Transports, Steven MacKinnon, a indiqué jeudi qu’il collaborerait étroitement avec la province et les autres partenaires sur le projet d’aéroport et soutiendrait son succès à long terme.
Des consultations seront lancées prochainement afin de donner aux collectivités et aux résidents l’occasion de faire part de leurs points de vue. Les commentaires recueillis dans le cadre de ce processus contribueront à orienter les décisions futures et à façonner l’accord tripartite.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a qualifié l’idée de Doug Ford de vision très intéressante offrant de grandes possibilités.
La province a adopté l’an dernier une loi controversée qui autorise le cabinet à créer des zones économiques spéciales, des zones où il peut suspendre toutes les lois provinciales et municipales, y compris les évaluations environnementales.
Cette modification visait à faciliter la réalisation rapide de mégaprojets. Ce projet de loi avait initialement été présenté comme un moyen d’approuver et de construire des mines plus rapidement.
Il a d’ailleurs provoqué des manifestations à Queen’s Park et ailleurs, notamment parmi les Premières Nations de l’Ontario, qui l’ont largement condamné, y voyant une atteinte à leurs droits et un mépris de leurs préoccupations.
La province avait initialement l’intention de désigner le Cercle de Feu, une zone minière proposée dans le nord de l’Ontario, comme la première zone de ce type, mais a renoncé sous la pression des Premières Nations.
L’opposition à Queen’s Park unie
La prise de contrôle des îles de Toronto par le gouvernement provincial et son projet d’aéroport ont également suscité des critiques, les trois partis d’opposition s’y opposant.
Il a agi contre la volonté des Torontois, car il s’agit de son dernier projet pharaonique, souligne la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Marit Stiles.
Le chef intérimaire du Parti libéral, John Fraser, croit que les priorités de Doug Ford sont totalement erronées, qualifiant le projet de loi adopté jeudi de simple manœuvre du premier ministre pour accaparer les terres du front de mer de Toronto. Je ne crois pas qu’il agisse dans l’intérêt public, ajoute M. Fraser.

Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, s’inquiète des raccourcis que pourrait prendre la province une fois qu’elle invoquera les pouvoirs conférés par la zone économique spéciale.
Le fait qu’ils veuillent transformer les îles de Toronto en une zone de non-droit où, en réalité, le cabinet décide de tout, menace la consultation des Autochtones, les lois environnementales, les lois sur la santé et la sécurité au travail, et les principes fondamentaux de la démocratie, soutient-il.
Je suis donc profondément préoccupé par le recours aux zones économiques spéciales, en général, mais surtout lorsqu’il s’agit d’agrandir l’aéroport de l’île.
Le plan du premier ministre pour le front de mer de Toronto prévoit également le réaménagement de la Place Ontario avec un nouveau centre des sciences, un immense centre thermal, un parc aquatique, des plages et une nouvelle salle de concert ouverte toute l’année.
Le secrétariat du front de mer de la Ville de Toronto a d’ailleurs mis en garde contre de terribles embouteillages lorsque la vision de Ford deviendra réalité.
Avec les informations de La Presse canadienne


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