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Disparition de Lilly et Jack Sullivan : un an après, la GRC veut des indices « factuels »

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Le personnel policier qui enquête sur la disparition de deux enfants, Lilly et Jack Sullivan, souhaite recevoir du public des indices et des « renseignements factuels » pour dénouer le mystère qui persiste depuis bientôt un an en Nouvelle-Écosse.

Lilly Sullivan, qui avait 6 ans, et son petit frère âgé de 4 ans, Jack Sullivan, manquent à l’appel depuis le 2 mai 2025. Ce matin-là, leur famille a signalé qu’ils s’étaient éloignés du domicile rural de Landsdowne, dans la région de Pictou. Ils n’ont plus jamais été vus.

Deux enfants souriants le long d'une route rurale.

Lilly et Jack Sullivan, photographiés le jour de la rentrée scolaire en 2024.

Photo : Facebook

Bien que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ait exclu l’été dernier la possibilité d’un crime familial pour expliquer la disparition des enfants, tous les scénarios possibles restent à l’étude, a affirmé la police fédérale, jeudi.

À ce stade de l’enquête, ce dont les enquêteurs ont besoin, ce sont des détails précis et vérifiables sur lesquels s’appuyer. Les rumeurs et les spéculations ne nous mèneront pas à Lilly et Jack, a déclaré dans un communiqué le sergent d'état-major Rob McCamon, officier responsable par intérim du Groupe des crimes majeurs et des Sciences du comportement.

Pas un enlèvement

Un an presque jour pour jour après les disparitions, la police a fait le point, jeudi, sur son enquête. Elle est toujours ouverte; la GRC la qualifie d’active et approfondie.

Les enquêteurs ont résumé les mesures prises par la GRC et les agences partenaires.

Une cinquantaine de personnes de dos debout à l'extérieur et portant des manteaux oranges à bandes réfléchissantes. Des policiers sont aussi sur place.

Des participants aux recherches, le 5 mai 2025, pour retrouver Lilly et Jack Sullivan, disparus de leur domicile de Lansdowne Station, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Facebook: Truro & Colchester Code 1 Coverage

La police dit avoir interrogé 106 personnes, évalué 1191 pistes de renseignements et examiné 8132 fichiers vidéo utilisables.

Les enquêteurs ont obtenu les autorisations judiciaires nécessaires pour leur permettre d’examiner les appareils électroniques, relevés téléphoniques et relevés bancaires pertinents au dossier. Des examens médico-légaux ont été effectués sur certains éléments, comme la couverture rose trouvée accrochée à une branche d’arbre.

À ce stade, nous n’avons aucune preuve d’un enlèvement.

En conférence de presse au quartier général de la GRC à Dartmouth, dans la région d’Halifax, le sergent d'état-major Rob McCamon a convenu que la police n’avait aucun nouveau développement à annoncer.

Il estime que les chances que Jack et Lilly soient encore en vie sont très minces.

À l’heure actuelle, nous enquêtons toujours sur une affaire de personnes disparues, a-t-il déclaré.

Huit personnes, hommes et femmes, affichant un air sombre, debout à l'extérieur et portant des manteaux oranges à bandes réfléchissantes.

Des participants aux recherches, le 7 mai 2025, pour retrouver Lilly et Jack Sullivan.

Photo : La Presse canadienne / Ron Ward

Après le signalement des disparitions, un rayon de 40 kilomètres autour du domicile a été parcouru avec des chiens entraînés à la détection des restes humains, sans résultat.

Le sergent McCamon – qui a souligné la valeur du travail des bénévoles qui se sont mobilisés sur le terrain – a indiqué jeudi que la police ne planifiait pas de nouvelles recherches dans les bois et les environs.

Fausses rumeurs

L’officier de la GRC a renouvelé son appel à l’aide, mais a prévenu que les enquêteurs souhaitaient des informations fondées sur des faits, plutôt que des rumeurs et des suppositions, comme celles qui ont abondé en ligne depuis la disparition des enfants.

Montage de deux photos verticales montrant une fillette de 6 ans et un garçonnet de 4 ans, souriants tous les deux, devant un fond d'écran qui ressemble à une maison faite en planches de bois à la peinture bleue artistiquement écaillée.

Une photo non datée de Lilly Sullivan (à gauche) et Jack Sullivan (à droite), partagée par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse le 19 juin 2025.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

S’il y a des membres du public qui disposent d’informations factuelles qu’ils pensent utiles à notre enquête, s’il vous plaît, appelez-nous, a plaidé le sergent McCamon.

Quelque chose que nous pouvons exploiter pour découvrir des éléments, pas nécessairement une théorie sortie de nulle part que nous devons raccorder, a-t-il déclaré.

Un homme en complet et cravate, devant un mur décoré du logo de la GRC, et des micros de différents médias posés devant lui.

Le sergent d'état-major Rob McCamon de la Gendarmerie royale du Canada, en conférence de presse, jeudi.

Photo : Radio-Canada

Les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux ont alourdi la charge de travail des enquêteurs, observe-t-il, ajoutant que même les affirmations les plus farfelues doivent être vérifiées.

Dès les premiers jours suivant la disparition de Lilly et Jack, la machine à rumeurs tournait à plein régime, nourrie par des producteurs de contenu en ligne.

Malgré une enquête qui n’aboutit sur aucun progrès concret, la GRC ne lance pas la serviette, a insisté l’officier.

Nos enquêteurs ressentent la pression, et ils s’en mettent aussi. Tout le monde fait pression sur nous; nous le faisons doublement, a-t-il affirmé.

Une photo aérienne d'une maison entourée de conifères, près d'une route rurale à deux voies.

Photo aérienne du 1407 de la route Gairloch, à Lansdowne Station en Nouvelle-Écosse, le 16 mai 2025. Il s'agit du domicile des enfants Lilly et Jack Sullivan, dont les disparitions ont été signalées le matin du 2 mai 2025.

Photo : CBC / Tyson Koschik

Les ressources de la GRC et des agences partenaires resteront en place jusqu’à ce que les circonstances entourant la disparition de Lilly et Jack soient établies avec certitude, dit Rob McCamon.

Avec l'année qui s'est poursuivie, l'enquête se poursuit. Nos enquêteurs suivent tous les renseignements. On poursuit l'enquête qui va continuer à se poursuivre jusqu'à tant qu'on trouve qu'est-ce qui est arrivé aux enfants, a déclamé le caporal Guillaume Tremblay dans la même conférence de presse.

Toute personne disposant de renseignements factuels concernant la disparition de Lilly et Jack Sullivan est priée de communiquer avec le Groupe des crimes majeurs du Nord-Est de la Nouvelle-Écosse de la GRC au 902 896-5060 ou à l’adresse hdiv.nenova.mcu-ucm.nenova.divh@rcmp-grc.gc.ca.

Le fil des événements

Ce qui suit est une chronologie des principaux événements entourant la disparition de Lilly et Jack Sullivan. Une partie de ces informations est extraite de documents judiciaires qui peuvent comprendre des déclarations policières non prouvées, utilisées pour obtenir des mandats de perquisition.

1er mai 2025 :

  • 14 h 25  Selon les dossiers policiers, c'est la dernière fois qu'on a pu vérifier de manière indépendante que les enfants ont été vus à l'extérieur de leur domicile. La caméra de surveillance d'un magasin de New Glasgow les a captés.
  • 21 h  Lilly et Jack Sullivan vont au lit, portant les vêtements qu’ils portaient plus tôt dans la journée.
Sur une propriété rurale, deux balançoires sont enroulées autour d'une poutre horizontale reliant un cabanon à une structure de jeu pour enfants d'où descend une glissoire bleue.

Le terrain de jeu des enfants sur la propriété familiale, le 10 juillet 2025.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

2 mai :

  • 6 h 15  La mère des enfants, Malehya Brooks-Murray, utilise une application mobile pour informer l'école de ses enfants que ceux-ci n'iront pas en classe ce jour-là. Durant la matinée, les enfants réveillent leur petite sœur Meadow, mais par la suite, le silence s’installe dans la maison.
  • 10 h 01  Malehya Brooks-Murray appelle le 911 et signale que Lilly et Jack ont disparu. Elle dit qu’il semble qu’ils se soient éloignés, et que leurs bottes ne sont plus là.
  • 10 h 27 — Des agents de la GRC du comté de Pictou arrivent au domicile situé sur le chemin Gairloch. Daniel Martell, le beau-père des enfants, déclare aux policiers qu’il a cherché Lilly et Jack depuis des heures, en circulant en voiture et en parcourant les bois à pied.
  • 16 h  Des membres de la famille trouvent une couverture rose dans les bois, accrochée à un arbre, à environ 1 kilomètre de la résidence familiale. On confirme qu'elle appartient à Lilly. Un chien pisteur ne parvient pas à détecter sur l'objet une piste qu'il pourrait suivre.
Un bout de couverture rose est accroché dans un sapin.

Cette couverture rose a été trouvée accrochée à un arbre, le 2 mai 2025 vers 16 h, le long de la route Lansdowne Station, à environ 1 kilomètre du domicile de Lilly et Jack Sullivan.

Photo : Gracieuseté

2 mai au 7 mai  La police et des équipes de bénévoles mènent des recherches approfondies, en misant sur l'utilisation des hélicoptères, des plongeurs et des drones à détection thermique.

3 mai :

  • Malehya Brooks-Murray dit à la police qu’elle et Daniel Martell ne se parlent plus depuis qu’elle l’a quitté pour aller vivre chez sa mère, et qu’elle l’a bloqué sur les réseaux sociaux.
  • Les enquêteurs rencontrent Cody Sullivan, le père biologique des enfants, afin de vérifier une hypothèse de Malehya Brooks-Murray selon laquelle il aurait pu les emmener au Nouveau-Brunswick. Cody Sullivan affirme aux agents qu’il n’a pas vu les enfants depuis trois ans.
Malehya Brooks-Murray et Daniel Martell dans un véhicule.

Malehya Brooks-Murray, mère de Lilly et de Jack Sullivan, et son ancien compagnon, Daniel Martell. (Photo d'archives)

Photo : Facebook

4 mai, 21 h 09  La police trouve dans un sac à ordures près du domicile un autre morceau de la couverture rose trouvée dans les bois.

5 mai  Daniel Martell déclare aux journalistes qu’il redoute que les enfants aient été enlevés. La police dit n'avoir constaté aucune preuve suggérant un enlèvement.

Une photo aérienne d'une maison entourée de conifères, près d'une route rurale à deux voies.

Le domicile des enfants, que l'on aperçoit sur une photo aérienne prise le 16 mai 2025, est situé dans un secteur très rural.

Photo : CBC / Tyson Koschik

7 mai  Les recherches au sol deviennent moins intensives. La GRC juge qu’il y a peu de chances que les enfants aient pu survivre aussi longtemps dans les bois.

8 et 9 mai — Une équipe de récupération sous-marine de la GRC inspecte des plans d’eau dans le secteur.

Par temps gris et pluvieux, des personnes circulent autour d'un camion de la GRC et d'un camion identifié par les mots «Pictou Country Search and Rescue».

Des véhicules des services de recherche et de sauvetage des comtés de Colchester et de Pictou sont stationnés près d'un camion de la GRC, après une journée d'efforts pour localiser les enfants, le 7 mai 2025.

Photo : La Presse canadienne / Ron Ward

9 mai  Rob McCamon, sergent d’état-major de la GRC, affirme que les enfants se seraient éloignés de leur domicile par eux-mêmes.

12 mai  Daniel Martell et Malehya Brooks-Murray acceptent de se soumettre au détecteur de mensonges. La police indique que les deux ont été jugés véridiques. D’autres membres de la famille participent également aux tests.

17 au 19 mai  D'autres recherches au sol sont effectuées.

Plusieurs personnes agenouillées dans la pelouse, où se trouve un mémorial composé de fleurs et de peluches pour enfants.

Le 2 juin 2025, un mois après la disparition des enfants, des citoyens ajoutent des objets à un mémorial érigé devant le poste de la GRC à Stellarton, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Angela MacIvor

19 juin :

  • Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse offre une récompense pouvant atteindre 150 000 $ pour toute information concernant l’affaire.
  • La police confirme avoir fouillé la résidence familiale, les bâtiments sur la propriété, les systèmes septiques à proximité, des puits, des ponceaux, quatre puits de mine abandonnés et des lacs.

22 août  La GRC publie un communiqué indiquant qu’elle examine tous les scénarios. Des documents judiciaires récemment rendus publics indiquent que la police ne croit pas que l’affaire soit de nature criminelle.

Le sergent d'état-major Curtis MacKinnon, de la GRC, devant des portraits des enfants disparus Lily et Jack Sullivan.

Le sergent d'état-major Curtis MacKinnon, de la Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse, devant des portraits de Lily et Jack, le 7 mai 2025 à Lansdowne Station, dans le comté de Pictou.

Photo : Radio-Canada / Jeorge Sadi

19 septembre  Des chiens entraînés à détecter des restes humains participent aux recherches. La police indique que rien n’a été trouvé.

17 octobre  La GRC publie des documents citant des résidents du secteur qui affirment avoir entendu un véhicule circuler à plusieurs reprises près du domicile des enfants, quelques heures avant leur disparition. La police réfute par la suite ces affirmations.

Un homme en combinaison orange, de profil, marchant de droite à gauche dans une rivière.

Un bénévole participe à des recherches à Lansdowne, le 15 novembre 2025.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

16 novembre  Une recherche menée par le groupe bénévole Please Bring Me Home permet de trouver des éléments d’intérêt, mais la GRC affirme qu’ils ne sont pas pertinents pour l’enquête.

29 janvier 2026  Daniel Martell est arrêté et accusé de voies de fait, de séquestration et d’agression sexuelle impliquant une victime adulte qui ne peut être identifiée. La police précise que cette affaire n’est pas liée à la disparition des enfants. Daniel Martell nie les allégations, qui n’ont pas été examinées par un tribunal.

Profil gauche d'un homme dans la trentaine aux cheveux courts grisonnants et à la courte barbe rousse, l'air concentré.

Daniel Martell est le beau-père de Lilly et Jack Sullivan. (Photo d'archives)

Photo : CBC / Jeorge Sadi

3 février  La GRC confirme que, malgré d’importantes recherches terrestres et aériennes, peu d’indices ont été relevés pour expliquer ce qui est arrivé aux enfants.

26 février  Belynda Gray, la grand-mère paternelle de Lilly et Jack Sullivan, lance une campagne de financement pour payer des recherches supplémentaires.

12 mars  La GRC indique qu’une nouvelle série de tests polygraphiques, ou détecteur de mensonges, a eu lieu en février. La police ne précise pas qui y a été soumis.

Avec des renseignements de La Presse canadienne

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