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« Ne perdez pas votre indignation [...] gardez votre rage », a dit à la foule Leslie McBain, cofondatrice de Moms Stop The Harm, mardi, sous une pluie continue, devant l’Assemblée législative. Elle faisait partie des dizaines de personnes, d’activistes, de familles et d’experts qui étaient présents à Victoria pour manifester leur tristesse et leur rage, devant la crise des surdoses qui a emporté plus de 18 000 personnes en 10 ans en Colombie-Britannique.
Il y a une dizaine d'années, nous espérions vraiment endiguer la vague de décès, mais cela ne s'est pas produit, et ce n'est pas faute d'avoir essayé.

Leslie McBain est la directrice générale de Moms Stop The Harm.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
La figure incontournable représentant des milliers de familles en deuil a fait part de sa douleur et de son indignation. Mon fils Jordan, juste là, chaque jour, je dois faire face à la réalité : il n'est pas là. Il ne le sera jamais. Il n'existe plus que dans mon cœur brisé, a raconté Leslie McBain en montrant la photo de son fils.
Bonnie Henry, s'il vous plaît, revenez nous appuyer. Vous avez été notre voix pendant un temps et nous avons de nouveau besoin de vous.

Moms Stop The Harm milite, entre autres, pour un approvisionnement sécuritaire.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Pas un seul instant, au cours de ces 10 années, nous n'avons vu les gouvernements agir comme s'il s'agissait d'une véritable urgence, a déploré Leslie McBain. Ce sentiment est le même chez le Dr Ryan Herriot, médecin de famille spécialisé en dépendances et cofondateur de Doctors for Safer Drug Policy.
Il y a des solutions
Le Dri Herriot dit que, avec la pandémie de COVID-19, il a été très clair que le gouvernement peut agir très [rapidement], communiquer très clairement quand [il le veut].
On voit clairement qu'il n'y a pas [le] même [sentiment] d'urgence quand il [en] retourne de cette urgence publique. [Les gouvernements aiment] beaucoup parler de ce qu'ils ont dépensé, du nombre de lits [mais] ils n'aiment pas tellement parler des vies, des humains qui ont été perdus ou sauvés ou non et [ils] n'aiment pas parler des mesures les plus importantes qui pourraient sauver des vies.

Ryan Herriot est un des cofondateurs de Doctors for Safer Drug Policy.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
À ses yeux, il faut absolument réguler l’approvisionnement en drogues, en passant notamment par l’approvisionnement sécuritaire, affaibli dans la province, selon les acteurs du milieu.
Si les décideurs politiques avaient réellement utilisé sérieusement les recherches et les preuves scientifiques solides au lieu de tenter de les plier à leur volonté politique, nous sauverions réellement la vie des personnes qui consomment des drogues, assure Leslie McBain.

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Le telejournal Colombie-Britannique, avec Julie Carpentier et Noémie Moukanda
Photo : Radio-Canada
Depuis des années, des intervenants déplorent la politisation de la crise (nouvelle fenêtre) des surdoses dans la province.
Comme beaucoup de travailleurs de santé, je fais ce que je peux. Mais en même temps, il est très décevant de voir que l'on n'a pas le soutien politique [dont] on a besoin pour vraiment [mettre en œuvre] les mesures qui aideront le plus.
Le Dr Ryan Herriot trouve que la crise est très souvent présentée comme une tragédie sans solution. Or, assure-t-il, c'est important de souligner qu'il y a des solutions et que le gouvernement peut [façonner] l’opinion publique sur ce sujet.

Des photos de personnes mortes de surdoses ces dernières années.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Cinq morts par jour
Mardi, sous une pluie illustrant la tristesse ambiante, des chants, des poèmes et des discours se sont succédé. Dans la foule, des parents avec les photos de leurs enfants sur des pancartes, sur leurs vêtements. Ici et là, des embrassades, des larmes essuyées d’un revers de main.

Plusieurs personnes dans la foule portaient la photo d'un de leurs proches, comme ici un père avec la photo de son fils, mort en 2025.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
À chaque accusation envers les gouvernements qui se sont succédé depuis 10 ans, on a entendu des applaudissements et des cris. La minute de silence a été accompagnée des noms de celles et ceux qui sont morts de surdoses : John, Caitlin, Phillip…

Un cercueil lors de la manifestation du 14 avril 2026, à Victoria, pour commémorer les 18 000 personnes mortes dans la crise des surdoses en Colombie-Britannique en 10 ans.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Le Dr Ryan Herriot aimerait que le public comprenne qu’il s'agit d’une crise de surdoses et non de dépendances, en faisant référence aux traitements involontaires. Il y a beaucoup de gens qui meurent, qui n'ont pas de dépendances, qui n'ont pas besoin de traitements.
Les drogues comportant du fentanyl, du carfentanil ou encore des tranquillisants vétérinaires, comme la médétomidine, ne font pas de différence entre un consommateur régulier et celui qui en prend de temps en temps dans la soirée.
Chaque jour, en Colombie-Britannique, cinq personnes perdent la vie dans cette crise des surdoses. Ces morts sont évitables, selon les acteurs du milieu. Et si ce nombre est moins important qu'à une certaine époque, c'est encore beaucoup trop, bien sûr, conclut le Dr Ryan Herriot.


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