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L'ADN d'au moins un des garçons tués l'an dernier à Saint-Jean a été trouvé sur les vêtements de Roman Kamyshnyy, accusé de deux meurtres au premier degré.
L'homme de 46 ans subit un procès devant juge et jury en lien avec la mort, le 29 janvier 2025, de deux garçons respectivement âgés de 10 ans et 17 ans.

Roman Kamyshnyy, 46, ans, accusé de deux meurtres au premier degrés, subit un procès devant un juge et un jury.
Photo : Andrew Robson
La spécialiste judiciaire Arran McBride, qui travaille au laboratoire judiciaire national de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a témoigné mardi. Elle avait rédigé trois rapports à l’aide d’échantillons prélevés sur le t-shirt et le pantalon de pyjama de Roman Kamyshnyy et sur deux couteaux trouvés sur les lieux.
Des échantillons d’ADN sur le t-shirt correspondent à celui du garçon de 17 ans et fort possiblement à celui du garçon de 10 ans, a expliqué Mme McBride en présentant le résultat de ses analyses.

L’ADN à l’endroit AA sur le t-shirt de Roman Kamyshnyy correspondait possiblement à celui des deux garçons, selon une experte.
Photo : Cour du Banc du Roi du Nouveau-Brunswick
La police municipale de Saint-Jean avait trouvé les corps dans un appartement du quartier de Millidgeville à la suite d’un appel reçu au 911. La Couronne soutient que Roman Kamyshnyy a poignardé les garçons dans un acte de vengeance désespérée et qu’il a ensuite tenté de se suicider à l’aide d’une cloueuse braquée sur sa tête. L’accusé a plaidé non coupable.
Les jurés ont vu des photographies des objets dont il était question durant le témoignage d’Arran McBride.
L’ADN de l’adolescent se trouvait sur la lame et le manche d’un couteau trouvé près de son corps, a poursuivi Mme McBride.

L’ADN à quatre endroits sur le couteau trouvé près de son corps correspondait au sien, selon une experte.
Photo : Cour du Banc du Roi du Nouveau-Brunswick
Le mélange d’ADN sur la poignée brisée d’un couteau trouvé dans un lit provenait possiblement des deux garçons. Il est possible que l’ADN sur une lame trouvée à côté du lit provienne du garçon de 10 ans, selon elle.
Arran McBride a aussi analysé un échantillon de sang prélevé sur le plancher du couloir menant à l’appartement. Il correspondait très fortement à celui de l’adolescent, selon elle.
L’avocate de la défense, Shanna Wicks, n’a pas contre-interrogé Mme McBride.
Un taux d’alcool inférieur à la limite pour conduire
Nathalie Desrosiers, cheffe d’équipe au service de toxicologie du laboratoire judiciaire national de la GRC, a aussi témoigné.
Selon elle, une prise de sang de Roman Kamyshnyy effectuée à 8 h 48, environ une heure après son arrestation, contenait de 22 à 25 milligrammes d’alcool sur 100 millilitres de sang.
Les garçons ont été tués vers 7 h, selon la Couronne. Mme Desrosiers estime que le taux d’alcool de Roman Kamyshnyy à ce moment était de 40 à 61 milligrammes sur 100 millilitres de sang.
C’est inférieur à la limite pour conduire un véhicule, qui est de 80 milligrammes sur 100 millilitres, ou 0,08.

De l’ADN sur cette lame de couteau cassée provient possiblement du garçon de 10 ans, selon une experte.
Photo : Cour du Banc du Roi du Nouveau-Brunswick
Un agent correctionnel qui a témoigné lundi a déclaré que Roman Kamyshnyy lui a dit qu’il était très ivre et qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il avait fait, et qu’il demandait pardon à Dieu chaque jour.
L’échantillon de sang de Roman Kamyshnyy contenait aussi de la diphénhydramine, l’ingrédient actif du Benadryl et d’autres médicaments pour le sommeil ou contre les symptômes du rhume et d’allergie, a expliqué Nathalie Desrosiers.
Le taux était de 28 nanogrammes par millilitre de sang, ce qui correspond à une dose de Benadryl, par exemple, a-t-elle indiqué.
L’alcool et la diphénhydramine peuvent ralentir l'activité du cerveau. Mme Desrosiers ne pouvait pas confirmer leur effet combiné. Cela dépend de la tolérance de l’individu et du temps écoulé entre la consommation de chaque produit, a-t-elle expliqué.
La défense n’a pas contre-interrogé Nathalie Desrosiers non plus.
Le procès doit se poursuivre mercredi.
D’après un reportage de Bobbi-Jean MacKinnon de CBC


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