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Life 01/08/2026 11:04
Pleurs, hurlements, disputes… Quand on a des enfants, les longs trajets en voiture peuvent vite devenir une épreuve. Une psychologue nous livre ses conseils pour apaiser l’ambiance.

Galina Zhigalova / Getty Images
Avant l’âge de 6 ans, les enfants n’ont pas de notion du temps. Aussi, « leur dire “On arrive dans une heure” ne leur parle pas du tout », explique la psychologue Victoria Dumont-Verfaillie.
EN BREF • Les trajets en voiture avec des enfants peuvent être stressants à cause des pleurs et des disputes.
• Pour apaiser les enfants en voiture, il est recommandé de verbaliser ses émotions, de faire des pauses et de distraire les enfants avec des jeux. S’arrêter en cas de stress intense est aussi conseillé.
• Utiliser des distractions adaptées à leur âge et faire des pauses régulières sont des stratégies efficaces.
Nous y sommes : ce week-end au croisement des deux mois de vacances scolaires est celui du traditionnel chassé-croisé, le moment où juilletistes et aoûtiens se retrouvent tous ensembles sur les routes.
Et alors que l’organisme d’informations routières Bison Futé prévoit de nombreux kilomètres d’embouteillage et des difficultés en pagaille, il va falloir faire preuve de patience entre le départ et l’arrivée. Y compris dans l’habitacle clos des voitures, où, quand on voyage avec des enfants, les larmes et les chamailleries sont loin d’être anecdotiques.
Pourquoi ces trajets en voiture sont-ils parfois si difficiles à vivre, et comment éviter qu’ils ne tournent au cauchemar ? Nous avons posé ces questions à Victoria Dumont-Verfaillie, psychologue clinicienne spécialisée en parentalité.
Les pleurs, verbalisation d’un inconfort
Tout dépend de plusieurs paramètres, nous explique Victoria Dumont-Verfaillie. D’abord de l’âge de l’enfant et donc de la manière dont il est installé en voiture. Ainsi, pour les plus petits, ces longs trajets en voiture peuvent générer beaucoup de stress, en particulier lorsqu’ils ne sont pas habitués à ce mode de transport. « Jusqu’à 15 mois minimum, un enfant doit être dos à la route. Or, à moins que l’on installe un rétroviseur, il fait tout le trajet sans voir ses parents, qui sont ses figures d’attachement, souligne la psychologue. Il ne peut pas non plus être porté ou pris dans les bras, ce qui peut provoquer des pleurs. »
Pour les enfants plus grands, les trajets en voiture qui s’éternisent ne sont pas non plus simples à gérer. Et pour une bonne raison : avant l’âge de 6 ans, ils ont du mal à appréhender la notion du temps. Aussi, « leur dire “On arrive dans une heure” ne leur parle pas du tout. »
À cela peuvent s’ajouter d’autres sources d’inconfort : la faim, la soif, l’envie d’aller aux toilettes ou de se dégourdir les jambes, le mal des transports, la fatigue ou même l’ennui. Autant de raisons pour un petit enfant de pleurer ou de se chamailler avec son frère ou sa sœur si le trajet en voiture est un peu trop long à son goût.
Se sentir dépassé au volant, c’est normal
Résultat : la tension monte à l’arrière de la voiture, ce qui a inévitablement des répercussions sur l’état d’esprit du parent qui conduit. « La personne au volant peut avoir le sentiment de perdre le contrôle, ce qui est normal », analyse Victoria Dumont-Verfaillie.
En revanche, il ne faut pas que le parent ressente un sentiment de persécution. « Un enfant qui pleure ou crie en voiture n’est pas capricieux ni volontairement pénible. Il n’a simplement pas la maturité émotionnelle et cognitive pour gérer la situation, expose la psychologue. Ce qui se joue ici, c’est la confrontation de deux réalités : celle des parents, qui ont la nécessité de déplacement et doivent subir les conséquences de l’inconfort immédiat de l’enfant, et celle de l’enfant qui ne comprend pas pourquoi on lui impose un trajet. »
S’énerver à son tour risque donc d’envenimer davantage la situation, insiste Victoria Dumont-Verfaillie. « Un enfant a besoin de l’adulte pour se coréguler. Il faut donc l’accompagner dans ce moment, même s’il est aussi difficile pour nous. »
En cas de stress intense, s’arrêter pour se calmer
Pour faire redescendre la pression et apaiser son enfant, elle conseille donc de « souffler, au sens propre du terme ». Verbaliser ses propres émotions est une bonne idée, en lui disant, par exemple : « Mon chéri, je vois bien que c’est très difficile pour toi parce que ça fait longtemps qu’on roule, mais on n’a pas le choix. Je ne peux pas te prendre dans les bras maintenant, mais dès qu’on le peut, on fait une pause. »
Quand on a un enfant plus grand, il est aussi possible de détourner momentanément son attention, par exemple en mettant de la musique, ou en jouant à un jeu comme celui des plaques d’immatriculation ou de la couleur des voitures.
Et si vraiment, il devient trop gênant de rouler avec des cris à l’arrière, il faut faire une pause. « Si le parent est soumis à beaucoup de stress, il risque d’être moins concentré sur la route, ce qui peut être dangereux. S’arrêter permet à tout le monde de se calmer et à l’enfant d’être pris dans les bras ou de se dégourdir les jambes », relève Victoria Dumont-Verfaillie.
Bien préparer son trajet en voiture
Pour que les longs trajets en voiture soient les plus sereins possibles, « il faut s’assurer que l’enfant a bien mangé, qu’il est propre, que sa tenue est confortable », développe Victoria Dumont-Verfaillie, qui conseille aussi, si possible, de faire les trajets sur le temps de sieste, afin qu’il puisse dormir en voiture, et de faire des pauses régulières. S’assurer qu’on dispose d’un rétroviseur de siège quand le bébé est dos à la route, voire installer un passager à l’arrière à ses côtés peut aussi favoriser les trajets apaisés.
On peut aussi prévoir des distractions sécurisées adaptées à l’âge de l’enfant. « J’aime bien le principe de la “boîte à bidouilles”, dans laquelle on va glisser des jouets très légers, des peluches, des hochets, des petits livres en tissus… Pour les plus grands, il existe des tabliers de siège, qu’on peut remplir d’activités comme des gommettes, des crayons de couleur, des livres, une boîte à histoires… »
Et si on s’énerve malgré tout ?
« Si on a crié, ce n’est pas grave, ça peut arriver, ça ne veut pas dire qu’on est un mauvais parent, rassure la psychologue. Il faut ensuite s’excuser et expliquer pourquoi on a perdu notre sang-froid. »
Une fois arrivé à destination, il ne faut pas non plus hésiter à proposer à l’enfant de faire un câlin ou de partager un moment de détente en famille. « Cette proximité physique libère de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement, ce qui diminue la charge de stress chez le parent, mais aussi chez l’enfant. » Et pour les plus grands, leur proposer un jeu moteur après être restés assis de longues heures est également une bonne idée. « Ils peuvent ainsi se dépenser physiquement après avoir été contraints dans leurs mouvements. »


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