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L’instance dirigeante du soccer européen a menacé la FIFA de poursuites judiciaires suite à l’échec du projet de Gianni Infantino visant à céder une part des bénéfices des futures Coupes du monde à des investisseurs privés, et a déclaré que tout élément de preuve potentiel ne devait pas être détruit.
La proposition secrète d’Infantino, qui visait à lever 4,2 milliards $ auprès d’investisseurs, dont la société d’investissement new-yorkaise de Joshua Kushner, a été abandonnée samedi matin, quelques jours après que sa révélation dans la presse eut provoqué un tollé mondial.
L’UEFA a été à l’origine de cette levée de boucliers et, jeudi, ses 55 fédérations membres se sont réunies pour convenir de boycotter tous les événements et compétitions de la FIFA tant que cette proposition resterait d’actualité.
Les avocats de l’UEFA ont maintenant informé la FIFA que l’instance européenne « envisage activement d’intenter une action en justice, de recourir à l’arbitrage et / ou de déposer des plaintes auprès des autorités de régulation… découlant du plan FFE (FIFA Forward Enterprise) proposé par la FIFA et de toutes les questions connexes ».
La lettre datée de vendredi, émanant du cabinet d’avocats new-yorkais Dechert, a été consultée lundi par l’Associated Press.
La lettre cite 18 dirigeants de la FIFA qui, selon elle, devraient conserver les données, documents et messages électroniques pouvant servir de preuves.
« L’UEFA vous informe officiellement que toute destruction, suppression, altération, dissimulation ou perte de documents pertinents après réception de la présente notification — ou après toute date antérieure à laquelle vous aviez connaissance, ou auriez raisonnablement dû avoir connaissance, du fait que des poursuites étaient envisagées — pourrait constituer une destruction de preuves », indique la lettre.
Samedi, l’UEFA a fait savoir qu’elle souhaitait mettre fin à la présidence d’Infantino, qui dure depuis une décennie, affirmant qu’il avait perdu la confiance du monde du soccer et qu’« aucune option ne devait être écartée ».
Quelques heures plus tôt, Infantino avait retiré la proposition controversée qui offrait aux 211 fédérations membres de la FIFA un versement unique de 20 millions $ chacune, avec une date limite d’acceptation établie à la mi-septembre.
La scission de la FFE, évaluée par la FIFA à 20 milliards $, aurait permis de prendre le contrôle des activités commerciales et des tournois générateurs de revenus de l’instance dirigeante du soccer. Les 211 membres sont déjà, de fait, propriétaires de cette instance à but non lucratif basée à Zurich.
Il s’agissait du projet d’un seul homme, a déclaré vendredi Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, dans un communiqué cinglant adressé à l’Associated Press, dans lequel il indiquait que le personnel se sentait trompé par son patron, Infantino.
Des poursuites judiciaires sont « raisonnablement prévisibles », a écrit l’avocat de l’UEFA, Andrew J. Levander, citant la conviction des acteurs du monde du soccer selon laquelle ce projet était « fondamentalement incompatible avec la bonne gouvernance du sport ».
Opposition à Infantino
L’UEFA s’est montrée la plus virulente à l’encontre de son ancien employé, Infantino, tandis que la Confédération asiatique de soccer et la CONCACAF, l’instance dirigeante du soccer d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, ont également publié des déclarations fermes pour s’opposer au projet d’Infantino.
Ce dernier bénéficie d’un soutien majoritaire au sein de son fief traditionnel en Afrique, tandis que la CONMEBOL, en Amérique du Sud, compte sur lui pour porter le nombre d’équipes participant à la Coupe du monde de 2030 de 48 à 64. Cela permettrait à l’Argentine, à l’Uruguay et au Paraguay – pays d’origine du président de la CONMEBOL, Alejandro Dominguez – d’accueillir davantage de matchs.
Ce projet de fonds d’investissement privé a provoqué un revirement spectaculaire de la situation pour Infantino, qui avait quitté New York après la finale de la Coupe du monde il y a deux semaines en semblant assuré d’être réélu sans opposition en mars prochain pour un quatrième et dernier mandat, jusqu’en 2031. Cette opération de scission aurait pu lui créer un poste de type commissaire au-delà de 2031, avec une rémunération bien supérieure à son salaire annuel actuel de 6 millions $ et à ses primes en tant que président.
La FIFA avait indiqué lors de la Coupe du monde qu’Infantino avait obtenu des lettres de soutien d’environ 200 des 211 fédérations membres.
Ces lettres sont maintenant probablement en train d’être retirées à travers l’Europe, la fédération galloise ayant été la première à annoncer sa décision.
La date limite de dépôt des candidatures est établie au 18 novembre pour une élection qui se tiendra exactement quatre mois plus tard au Maroc, l’un des plus fidèles alliés d’Infantino et coorganisateur du tournoi de 2030 avec l’Espagne et le Portugal.


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