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Culture 31/07/2026 18:31 Actualisé le 31/07/2026 20:02
Disposant déjà d’une foisonnante carrière, l’acteur espagnol détonne au sein d’une industrie hollywoodienne souvent bien lisse à côté de lui.

Apple TV
Javier Bardem poursuit une année sans faute avec « Cape Fear », série Apple TV dans laquelle il excelle.
EN BREF • Javier Bardem brille dans la série « Cape Fear » sur Apple TV, succédant à Robert De Niro dans un rôle marquant. Son interprétation est saluée comme l’une des meilleures de sa carrière.
• En 2026, Bardem a pu montrer son engagement politique pour la cause palestinienne à de nombreuses reprises, détonnant avec le reste d’Hollywood.
• Côté ciné, il continue de choisir des projets cinématographiques ambitieux et prépare son retour à Hollywood avec « Dune : Troisième partie ».
Après dix épisodes, la série Cape Fear s’est conclue ce vendredi 31 juillet sur Apple TV, en nous offrant au passage l’une des plus grandes performances de Javier Bardem. C’est simple, le comédien espagnol est au sommet de son art dans ce thriller psychologique, où il avait pourtant la lourde tâche de succéder à Robert De Niro dans le rôle de Max Cady.
Encensé pour son incarnation effrayante de ce personnage iconique du 7e art, transposé ici en série télé, Javier Bardem a atteint une sorte d’équilibre parfait.
Entre projets artistiques cinq étoiles, engagement politique sans commune mesure dans l’industrie hollywoodienne et aura de star internationale décuplée lors de la Coupe du monde 2026, en 2026, plus qu’aucune autre année, Javier Bardem marche sur l’eau.
Incursion cannoise remarquée
Quelle année pour l’acteur espagnol de 57 ans ! D’autant que celle-ci a commencé sur les chapeaux de roues en mars, lorsqu’il a lâché un laconique « Non à la guerre et Free Palestine » lors d’une cérémonie des Oscars particulièrement lisse. Un avant-goût de sa présence remarquée au 79e Festival de Cannes, où il aura été sur tous les fronts. Il était venu présenter L’Être aimé, drame sous haute tension du génial Rodrigo Sorogoyen, dans lequel il incarne un réalisateur qui tente de renouer avec sa fille en lui offrant le premier rôle de son nouveau film. Si ce long-métrage apprécié est reparti bredouille, la prestation de Bardem n’a laissé personne indifférent.
Peu importe. Javier Bardem ne s’était pas uniquement déplacé sur la Croisette pour son tapis rouge. Parmi les acteurs les plus engagés de sa génération, il a une nouvelle fois utilisé son statut pour évoquer la cause palestinienne. « Gaza subit un génocide, ça, c’est un fait. On peut s’y opposer, on peut expliquer, se disputer, mais c’est comme ça. C’est un fait indiscutable, incontestable. Mon approche, mon pouvoir de parole, c’est vous (les journalistes ndlr). Je me sers de ce pouvoir de la meilleure façon possible », a-t-il lâché, avant de parler des violences faites aux femmes, pointant sans détour un « problème d’ego de mâle ».
« Pourquoi ces mecs-là tuent des femmes ? Parce qu’ils pensent qu’elles sont leurs propriétés. Et ça vaut pour Monsieur Trump, Monsieur Netanyahou et Monsieur Poutine. Ces soi-disant grands sont là à dire : “Mon pénis est plus gros que le tien”. C’est un comportement toxique typiquement masculin ».Comme le révélait Variety en novembre dernier, ce genre de propos et son boycott public d’Israël lui ont valu d’être placé sur « liste noire » à Hollywood par le studio Paramount Pictures, détenu par David Ellison, réputé proche de Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Loin d’en avoir fini avec la politique, il a conclu ce séjour cannois en ajoutant son nom à la tribune anti-Bolloré qui a tant agité le Festival de Cannes cette année.
Cote de popularité inébranlable
Pour Javier Bardem, chaque occasion est bonne pour faire passer ses messages. Même les moments de consécration personnelle. En juin, il a posé pour la postérité ses empreintes dans le ciment du célèbre Chinese Theatre, salle de cinéma historique de Los Angeles. L’occasion pour lui d’en remettre une couche sur Gaza mais aussi contre Donald Trump et sa politique migratoire. En novembre dernier, l’acteur s’était même présenté sur le tapis rouge des Emmy Awards, les « Oscars de la télévision américaine », vêtu d’un keffieh, symbole de lutte des Palestiniens.

ETIENNE LAURENT / AFP
En tribune, Javier Bardem et sa femme Penélope Cruz ont vécu à fond la victoire de l’Espagne à la Coupe du monde 2026.
Malgré un engagement qui lui ferme certaines portes dans sa profession, Javier Bardem conserve une cote de popularité énorme, qui s’est encore vérifiée durant la Coupe du monde 2026. C’est simple, il a été systématiquement célébré lorsque la réalisation s’attardait sur sa présence en tribune. De tous les matchs ou presque de l’équipe d’Espagne en tant que simple supporter, il est devenu un personnage insoupçonné du sacre de la Roja en finale. Heureux comme un enfant, il a célébré ce moment sur la pelouse avec les joueurs et enchaîné les selfies avec eux. Et sans surprise, la Coupe du monde lui a encore permis de relayer la parole palestinienne.
Entre deux photos de la victoire espagnole sur Instagram, Bardem partageait des images de joie dans la bande de Gaza, où beaucoup supportent la Roja. Il faut dire que l’affiche de la finale du Mondial 2026 reflétait les positions diplomatiques diamétralement opposées de Madrid et Buenos Aires vis-à-vis d’Israël.
Couple glamour et blockbuster
Malgré un engagement sans commune mesure, Javier Bardem n’oublie jamais sa passion première : le cinéma. Après avoir décroché l’un de ses meilleurs rôles dans la série Cape Fear, il va encore faire parler de lui à la Mostra de Venise, où il présentera Bunker, thriller psychologique du dramaturge français Florian Zeller, oscarisé en 2021 pour The Father. Javier Bardem sait décidément choisir ses projets. D’autant plus que ce film signera les retrouvailles sur grand écran de Javier Bardem et Penélope Cruz, en couple depuis 2007.

CARLOS ALVAREZ / Getty Images via AFP
Penélope Cruz et Javier Bardem, ici au Festival du film international de San Sebastian en septembre 2024.
Parangon du couple glamour, ils ont l’habitude de tourner ensemble depuis Jamón, jamón en 1992 mais cultivent l’image d’un couple relativement discret en dehors des écrans. Leur dernière apparition commune au cinéma remonte à 2018, dans un thriller signé Asghar Farhadi, Everybody Knows.
S’il n’a jamais délaissé le cinéma espagnol, comme l’a prouvé son passage cannois en 2026, Javier Bardem − premier acteur espagnol oscarisé de l’histoire − retrouvera Hollywood le 16 décembre prochain pour conclure 2026 en beauté. Il sera à l’affiche de Dune : Troisième partie, conclusion épique de la trilogie de Denis Villeneuve. Connu pour son franc-parler, il a assuré début juin à Entertainement Tonight que ce film serait « un chef-d’œuvre (...) Les spectateurs peuvent s’attendre à une véritable célébration et à quelque chose d’absolument extraordinaire ». Au vu de son année, on est prêt à le croire sur parole.


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