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Une nouvelle vague de chaleur s’abat sur la France, avec des pics attendus jusqu’à 40 °C. Pour le météorologue Guillaume Séchet, cet épisode est à prendre très au sérieux.

Le météorologue Guillaume Séchet, à la tête du site meteo-villes.com nous explique pourquoi la vague de chaleur qui débute l’inquiète plus que l’épisode de mai.
La France entre dans un véritable « marathon de chaleur » : un enchaînement de journées sous haute température, qui s’annonce long et éprouvant. À partir de ce mercredi 17 juin, une vague de chaleur durable et intense s’installe sur une large partie du pays. Localement, les températures atteignent déjà 37 °C. La barre des 30 °C a été franchie sur une grande majorité du territoire, à l’exception de la Bretagne et du littoral de la Manche. Et la situation ne devrait pas s’améliorer à court terme avec une vigilance orange qui sera déclenchée jeudi.
Selon Météo-France, les prochains jours seront marqués par une intensification de cette chaleur, avec des nuits particulièrement chaudes, et des températures pouvant culminer jusqu’à 40 °C ce dimanche, notamment en Île-de-France et dans la vallée du Rhône.
Pour le météorologue Guillaume Séchet, qui suit de près l’évolution de cet épisode, il s’agit d’« un événement à surveiller de très près ». Passionné de météorologie depuis plus de cinquante ans et à l’origine du site meteo-villes.com, il évoque sur X une situation qui « suscite une réelle inquiétude », cartes à l’appui. Celui qui présente également des bulletins météo sur BFMTV a accepté d’en détailler les raisons dans une interview au HuffPost.
Le HuffPost. Pourquoi cette vague de chaleur vous inquiète tout particulièrement ?
Guillaume Séchet. Parce qu’elle intervient après un premier épisode de chaleur déjà très précoce et intense au mois de mai. Nous n’avions jamais connu de vigilance canicule aussi tôt dans l’année : c’est inédit.
Certes nous avons déjà connu des vagues de chaleur en juin, mais ce qui est frappant aujourd’hui, c’est leur répétition. Après les épisodes exceptionnels de 2019 et 2022, nous allons connaître à nouveau une vague de chaleur très marquée. Ces épisodes reviennent de plus en plus souvent et avec une intensité croissante. C’est un signal très clair de l’influence du réchauffement climatique.
Est-ce que vous voyez d’autres collègues basculer aussi dans l’inquiétude ?
Nous partageons globalement le même diagnostic. Je ne connais pas de climatologues ou de spécialistes du climat qui, au vu des observations et des projections actuelles, considèrent que la situation n’est pas préoccupante. Quand on connaît le climat, qu’on observe ce qui se passe et qu’on regarde les prévisions, on ne peut pas faire autrement que de considérer que ce que nous vivons aujourd’hui doit être pris très au sérieux.
Concrètement, à quoi faut-il s’attendre dans les prochains jours et semaines ?
On a l’impression qu’il faut s’attendre à un « 2003 bis », dans le sens où cette vague de chaleur va durer et être particulièrement intense. Plusieurs scénarios indiquent même qu’elle pourrait se prolonger au-delà du mois de juin, donc sur plus de quinze jours.
Dans le Sud-Est, notamment autour de Lyon, nos prévisions expertisées montrent des températures supérieures à 36 °C quasiment tous les jours au moins jusqu’au 25 juin, et peut-être jusqu’au 1er juillet. Dans ce contexte, il est probable que des vigilances rouges soient déclenchées.
Certaines régions françaises vont-elles plus souffrir de la chaleur que d’autres ?
La chaleur qui arrive sur la France ces jours-ci vient d’un flux d’air très chaud en provenance du Sahara. Elle touchera donc plus fortement les régions du sud, plus proches de cette masse d’air, tandis que le nord et surtout les côtes de la Manche seront davantage protégés par l’influence océanique, qui tempère un peu les températures. Mais même ces régions ne seront pas épargnées lors du pic. Dans certaines régions bretonnes ou normandes, on pourrait quand même aller jusqu’à 38 °C.
En quoi cette vague de chaleur est-elle différente de celle de fin mai ?
On va vraiment vivre un marathon de chaleur. La vague de fin mai était déjà précoce et marquée, avec des valeurs élevées pour la saison, mais on restait sur quelque chose d’encore relativement supportable. Là, on est dans une configuration similaire… Mais un mois plus tard : les températures sont mécaniquement plus élevées.
On change clairement de registre, on entre dans quelque chose de plus sérieux, où la chaleur devient potentiellement dangereuse. Enfin, il faut rappeler que nous ne sommes qu’en juin. Les périodes les plus chaudes de l’année arrivent en général entre fin juillet et début août. Donc ce que nous vivons aujourd’hui intervient avant le cœur de la saison estivale. Il restera donc ensuite encore plusieurs semaines pendant lesquelles des épisodes très intenses peuvent survenir.


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