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L’adolescent est mort après avoir été violemment passé à tabac sur un chantier par un groupe de cinq jeunes hommes, qui ont diffusé les vidéos de l’agression sur les réseaux sociaux.
«Je n’ai jamais vu les vidéos [de son agression] parce que je ne peux pas. Je ne les regarderai jamais». Sur BFMTV ce lundi, le père de Louis, adolescent de 17 ans mort après avoir été violemment battu lors d’un guet-apens à Narbonne ce 18 juin, a fait part de sa colère et de son incompréhension face aux circonstances de la mort de son fils.
Ce dernier avait été retrouvé inanimé le 20 juin après avoir été passé à tabac sur le site d’un chantier par un groupe de cinq jeunes hommes, mis en examen et placé en détention provisoire. Les vidéos de son agression avaient été diffusées sur les réseaux sociaux par ses agresseurs présumés.
La tante de Louis, Marie-Julie Marteau, sera l’invitée exceptionnelle du Figaro TV, dans l’émission «Points de Vue», ce mercredi 1er juillet à 12h en direct .
«Un enfant très sensible à l’injustice»
«Mon fils était un gentil garçon, il faisait de la guitare, je l’amenais souvent à la pêche avec moi»,s’est remémoré son père Nicolas Hervé au micro de la chaîne d’information. Peinant à retenir ses larmes, le père de famille a relaté l’enfance de son fils : «Il voulait faire youtubeur quand il était plus jeune pour faire des bêtises, je lui avais dit non mais on a créé une chaîne pour la pêche. Il faisait de la musique tout le temps, ça l’a toujours canalisé.» Une description corroborée par la mère de Louis dans les colonnes du JDD ce week-end. «Loulou était un jeune homme de 17 ans qui aimait la musique, la natation, la mer. Il adorait pêcher les mollusques. C’était un petit aventurier, un enfant très sensible à l’injustice, très protecteur», a-t-elle complété.
À la demande de son père, l’adolescent, qui présentait un TDAH sévère et était déscolarisé depuis ses 16 ans, avait été placé dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance à Narbonne. «Jusqu’à ses 16 ans et demi, j’ai su gérer ses émotions, je réussissais à le calmer (…) il fallait que je trouve une solution. J’ai demandé de l’aide à tout le monde. On a essayé de le mettre chez son parrain, mais ça n’a pas marché», raconte ainsi Nicolas Hervé. «En grandissant, ses troubles sont devenus de plus en plus difficiles à gérer. Malheureusement, la prise en charge n’était pas à la hauteur de ses besoins. (...) Ce placement en foyer était un dernier cri pour obliger le médical à agir. Nous travaillions dans ce sens avec le foyer. Nous ne l’avons jamais abandonné», a complété sa mère.
Harcèlement
Le père assure n’avoir jamais été mis au courant que son fils «était harcelé» . «Sinon, je lui aurais dit de rester en foyer», a encore insisté le quadragénaire. Idem pour la mère de l’adolescent, qui affirme auprès du JDD avoir eu «les éducateurs [de l’ASE] quatre fois par jour», sans jamais avoir été informée de la situation. Louis avait d’ailleurs dénoncé auprès de la gendarmerie des faits de violences en réunion le 12 juin, une semaine avant sa mort, sans déposer plainte. «Le foyer avait pris rendez-vous le mardi 16 juin pour que Louis puisse aller déposer plainte. Mais comme il était en fugue, ils n’ont pas pu l’accompagner. [...] Je me suis moi-même rendue à la gendarmerie de ma ville, le 18 juin, pour demander que la fugue de mon fils soit qualifiée en disparition inquiétante. On m’a répondu que ce n’était pas moi qui décidais», a regretté sa maman.
Revenant sur les circonstances de son agression, le père a fait part de son incompréhension, assurant que Louis «ne s’était jamais battu de sa vie». «Il me manque, c’est terrible», a ponctué Nicolas Hervé. «Ce n’est pas le temps du deuil, c’est le temps de la guerre. Il est hors de question qu’un autre cœur de maman ou de papa soit brisé comme le nôtre. [...] Je veux qu’ils soient jugés comme des adultes. Je veux que Louis soit le dernier. Je veux que les lois soient revues. Quand on tue comme un homme, on paie comme un homme», a fustigé la mère de Louis auprès du JDD.
Les gestes des cinq personnes mis en examen, d’une «extrême gravité», ont été «prémédités», ils ont «tendu un guet-apens à la victime en l’attirant dans un chantier pour le battre à mort», d’après le procureur de la République. Les raisons qui sous-tendent ce passage à l’acte - passible de la réclusion criminelle à perpétuité - restent floues.


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