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On le sait, le gouvernement de Bart De Wever entend reprendre la main sur son destin énergétique. Il y a quelques jours, il avait annoncé, à la surprise quasi-générale, sa volonté de vouloir étudier, sur le plan technique, juridique et financier, la piste du rachat des actifs nucléaires belges au groupe français Engie.
Une "nationalisation" des centrales qui ouvre cependant, à ce stade, la porte à de très nombreuses questions, tant les défis sont immenses, notamment sur le plan budgétaire mais aussi sur l'enjeu très sensible du coût du futur démantèlement des centrales en fin de vie et du traitement des déchets.
"Cette collaboration doit contribuer à un meilleur échange de connaissances et à une chaîne d'approvisionnement plus solide."
La volonté du gouvernement – qui entend retrouver une souveraineté énergétique en ces temps troublés sur le plan géopolitique et miser à long terme sur l'atome, une énergie décarbonée – est de pouvoir boucler avec Engie un accord d'ici l'automne prochain.
La puissance nucléaire belge, des origines congolaises à la mainmise française, entre désormais dans une phase critiqueC'est sans doute dans cette perspective qu'il faut aussi comprendre l'annonce de ce jeudi : les Pays-Bas et la Belgique ont officiellement acté le renforcement de leur coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire. "Cette collaboration doit contribuer à un meilleur échange de connaissances et à une chaîne d'approvisionnement plus solide", précise un communiqué du ministre de l'Énergie, Mathieu Bihet.
"La Belgique et les Pays-Bas disposent d'expertises reconnues et entendent aujourd'hui mettre leurs forces en commun pour contribuer au développement d'un écosystème nucléaire européen plus robuste, plus innovant et plus indépendant."
Concrètement, les deux pays ont signé un Memorendum of Understanding (MoU), un protocole d'accord qui ouvrira notamment la voie à une collaboration plus étroite en matière de solutions liées à la gestion, à l'entreposage et au stockage définitif des déchets radioactifs.
"Les futurs projets nucléaires européens nécessiteront des chaînes de valeur solides, des compétences de haut niveau et une coopération étroite entre États, centres de recherche et industriels. La Belgique et les Pays-Bas disposent d'expertises reconnues et entendent aujourd'hui mettre leurs forces en commun pour contribuer au développement d'un écosystème nucléaire européen plus robuste, plus innovant et plus indépendant", a ainsi expliqué Mathieu Bihet dans un communiqué.
"Missions d'innovation"
Si la piste d'une reprise par l'État des centrales nucléaires belges venait à se confirmer dans les prochains mois couplée donc à un désengagement d'Engie, notre pays pourra donc aussi s'appuyer sur certaines expertises de notre voisin direct. La stratégie belge pour reprendre la main sur son secteur nucléaire passera donc aussi par des partenariats. Ces liens renforcés avec les Pays-Bas tombent donc à point nommé.
"Si Engie veut nous arnaquer sur le nucléaire, ce sera sans nous"Le protocole d'accord prévoit aussi que les Pays-Bas et la Belgique collaboreront au développement d'une base de recherche plus large (Research & Development) ainsi qu'au renforcement des échanges de connaissances. "Les Pays-Bas pourront ainsi bénéficier de l'expertise industrielle et des applications dont dispose actuellement la Belgique grâce à son plus grand nombre de centrales nucléaires opérationnelles. Inversement, les Pays-Bas pourront partager les connaissances acquises dans le cadre de la construction de nouvelles centrales nucléaires et des développements liés aux petits réacteurs modulaires (SMR). Cela concerne notamment les études de sites, les autorisations, les procédures et les composants destinés aux (nouvelles) centrales nucléaires", précise encore le communiqué.
Les deux pays mettront aussi en place des "missions d'innovation" réunissant des entreprises et des organisations de connaissance actives aux Pays-Bas et en Belgique. Autre objectif de ce protocole d'accord : œuvrer au renforcement des compétences des personnes appelées à travailler dans le secteur nucléaire. "Au pic de la construction des centrales nucléaires, quelque 10 000 travailleurs seront nécessaires, et en moyenne environ 5 000 sur l'ensemble du projet de construction. Cela pourra notamment se faire par le biais de parcours de formation communs", est-il encore précisé.
Dans une réaction à cette annonce, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a salué ce renforcement de la coopération belgo-néerlandaise. Dans un contexte où la sécurité d'approvisionnement énergétique et la compétitivité sont essentielles, une coopération plus étroite entre pays voisins et centres de connaissances constitue une étape logique et positive, a souligné l'organisation patronale.
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