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Sur la Côte-Nord, l’avenir du reboisement forestier fragilisé

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Au nord de Forestville, sur la Côte-Nord, des reboiseurs plantent des arbres sans relâche durant l’été. Mais l’avenir de la coopérative forestière pour laquelle ils travaillent, la Nord-Côtière, dépend d’une industrie forestière en difficulté dans la région.

Ce sont les emplois de reboiseurs comme celui de Norman Rodriguez qui sont en jeu. Il exerce ce métier depuis près de vingt ans et n’imagine pas s’arrêter. C’est vraiment bon ici. Y’a rien de mieux que d’être dans le bois. Voir la nature, voir les animaux, voir tout. On est comme une famille ici, dit-il.

J’espère qu’on va continuer à planter. Je veux continuer à planter encore 20 ans.

Or, la plantation suit le rythme des coupes forestières qui ralentissent, explique le directeur général de la coopérative, William Lebel. Selon lui, le marché du bois s’est affaibli et des scieries ont cessé leurs activités dans la région : Si les opérations forestières ne redémarrent pas, c’est moins de surfaces qui vont être récoltées, donc moins de surfaces qui vont nécessiter aussi des travaux de remise en production.

D’autres conséquences de ce ralentissement touchent le travail au quotidien. Les camps forestiers habituellement exploités par les scieries deviennent moins accessibles. Les chemins menant aux sites de plantation se dégradent faute d’entretien lié aux activités de transport. Là, actuellement, on est dans une période où le chemin se détériore, explique William Lebel. 

Un chemin forestier

L'entretien des chemins forestiers dépend principalement des activités des scieries. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Catherine Fillion

Le mode de fonctionnement du secteur complique aussi les choses. Les travaux sylvicoles reposent sur des contrats de base et des appels d’offres, ce qui rend la planification annuelle difficile. Pour une entreprise comme la nôtre, ça soulève certaines inquiétudes sur la pérennité et l’avenir, explique le directeur général, qui craint de devoir remettre en question certaines activités de la coopérative si la crise forestière continue.

Au campement, la vie continue

Cette année, un campement a été mis sur pied par la coopérative, à des heures au nord de Forestville, au bout d’une centaine de kilomètres de chemins forestiers. 

Sur le site de reboisement, ces incertitudes paraissent lointaines. Ça, c’est mon camping, c’est mon gym, c’est mon tout. Ça me donne un break de la grande ville, explique Norman Rodriguez.

Planteurs et employés responsables des lieux y vivent ensemble le temps de la saison. Les lacs des environs servent de terrain de pêche en fin de journée. 

Le métier attire aussi les plus jeunes : c’est le cas de Marguerite Rousseau. Son père a été lui aussi reboiseur et lui en parlait souvent : Mon père m’en a toujours parlé, et moi je l’ai toujours admiré. J’écoutais ça, et ça avait l’air dur, donc ça m’a donné envie, raconte-t-elle. 

C’est aussi une source de partage de connaissances, un moment pour apprendre auprès des plus expérimentés, comme l'explique le reboiseur Alexis Lebel : J’ai appris beaucoup beaucoup de choses, surtout avec les personnes plus âgées qui m’ont appris des trucs.

Malgré les incertitudes et les difficultés de l’industrie forestière, le directeur général de la coopérative choisit de rester optimiste.

Avec les informations de Nazdar Roy

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