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Au premier regard, Star Fox semble on ne peut plus nouveau. Les personnages ont reçu des designs plus proches du photoréalisme, les éclairages sont à couper le souffle et la trame sonore enregistrée par orchestre est particulièrement grandiose. Mais c’est justement en entendant les premières notes du thème de la série en commençant le jeu que l’on ne peut secouer un sentiment de déjà-vu.
En cause : il s’agit non seulement d’une nouvelle version de Star Fox 64 (1997), mais bien de la quatrième version du jeu de tir sur rail ayant comme décor une guerre intergalactique. En 2011, la Nintendo 3DS a en effet reçu une version rematricée, Star Fox 64 3D, qui offre l’aventure en format portable. En 2016, Star Fox Zero paraît sur Wii U, promettant une réimagination de Star Fox 64 en mettant à profit la manette unique de cette console.
Cette fois-ci, le jeu simplement nommé Star Fox cherche à représenter Fox McCloud et sa bande de mercenaires à un public qui l’a peut-être connu avec son apparition dans The Super Mario Galaxy Movie (Super Mario Galaxy, le film) ce printemps. Les designs des niveaux et la jouabilité restent donc majoritairement inchangés, à l’inverse de la présentation qui a reçu un bon coup de peinture. Star Fox est d’ailleurs l’un des titres produits par Nintendo qui s’approchent le plus du photoréalisme, encore plus que Metroid Prime 4 (2025), qui impressionnait graphiquement parlant.
À cela s’ajoutent des dialogues remis au goût du jour, se prenant un peu plus au sérieux, ainsi que de nouvelles cinématiques qui viennent rendre le récit légèrement plus riche… Aussi riche qu’une histoire où des animaux anthropomorphes tentent de défaire les attaques d’un scientifique autoproclamé empereur peut l’être.
Du vieux sous le capot
Si Star Fox 64 est généralement encensé comme l’un des meilleurs jeux de la Nintendo 64, il est évident que sa formule a vieilli. Arriver au générique ne prend toujours qu’environ une heure, le titre misant sur une rejouabilité en découvrant de nouvelles routes et missions pour se rendre à la planète finale. Un peu à la manière des jeux sur bornes d’arcades d’antan, le but est de toujours réaliser un meilleur score.
Malgré des décors toujours plus impressionnants et une présentation impeccable, conserver le squelette de Star Fox 64 sous le capot force les limitations techniques de l’époque sur un jeu qui se veut autrement moderne. La majorité des missions se jouent encore sur rail (on ne peut donc pas voler librement, le joueur étant forcé d’avancer dans le niveau à un rythme prédéfini) et ces dernières sont souvent courtes.
Mais force est de constater que la boucle de jeu de Star Fox fonctionne et que cette version 2026 est sans doute la meilleure manière de découvrir l’histoire de 64. Maîtriser chaque niveau se révèle plaisant et la sensation de vol à bord d’un vaisseau spatial est toujours réussie… tant que l’on ne se souvient pas que ça a déjà été fait il y a près de 30 ans.
Mention spéciale, toutefois, au mode multijoueur du jeu, sa plus grande nouveauté au-delà du remaniement visuel. Opposant deux équipes de quatre pilotes dans des combats aériens, ce mode secondaire développe davantage la jouabilité des quelques combats en zone ouverte que contient l’aventure.
Si affronter d’autres joueurs en ligne se révèle particulièrement réussi, l’expérience est malheureusement restreinte, comme il n’y a que trois cartes avec chacune leur propre objectif pour donner le ton aux affrontements (comme le contrôle de zones ou la maîtrise d’un cargo spatial).
Avec sa transition vers un ton plus sérieux et en racontant (encore) les origines de Fox McCloud, Star Fox pourrait être une habile mise en bouche pour un jeu plus original dans un avenir rapproché. Il reste simplement à espérer que, dans une dizaine d’années, le goût de déjà-vu ne soit pas de retour avec une cinquième itération de Star Fox 64.


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