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Alors que le climat politique s'alourdit sous le second mandat de Donald Trump, de nombreux « snowbirds » canadiens souhaitent quitter la Floride définitivement. Un marché immobilier saturé et l'explosion des coûts d'assurance transforment toutefois ce désir d'exode en casse-tête financier.
L'heure est à la remise en question pour les milliers de Canadiens qui possèdent des propriétés en Floride.
Donna Lockhart, une résidente de Selwyn en Ontario qui a un condo près de Punta Gorda, fait partie de ceux qui veulent quitter les États-Unis.
Je n'aime pas la direction que prennent les États-Unis. S'ils ne veulent pas de nous, nous n'avons pas besoin d'être là, déclare-t-elle.

Donna Lockhart, à gauche, est une des « snowbirds » qui veulent quitter la Floride.
Photo : Gracieusté de Donna Lockhart
Elle dénonce particulièrement les commentaires du président Trump sur le 51e État, la guerre commerciale en cours et les propos du gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, qui s'est montré hostile envers le Canada.
C’est comme une gifle, dénonce-t-elle.
Elle a décidé de mettre son condo en vente. Le problème: un exode de Canadiens malmène le marché immobilier.
L’offre [de logements en Floride] est beaucoup trop élevée pour la demande en ce moment, déplore-t-elle.
L’exode canadien
Une étude de la firme immobilière Royal LePage indique que 54 % des Canadiens possédant une propriété aux États-Unis envisagent de vendre au cours de la prochaine année.
Pour près des deux tiers d'entre eux, les préoccupations liées à l'administration américaine actuelle sont la principale raison, explique la vice-présidente de la recherche Anne-Elise Cugliari Allegritti.
Les propriétaires doivent aussi composer avec des primes d'assurance habitation qui ont bondi de 40 % depuis 2022, selon le Bureau de la réglementation des assurances de l'État. Cette explosion des taux est alimentée par une série d'ouragans dévastateurs ayant frappé le sud-ouest de la Floride ces cinq dernières années, ainsi que par l'inflation du coût des matériaux et de la main-d'œuvre.
Le nombre d'acheteurs canadiens a considérablement diminué, créant un surplus d'inventaire, observe l'économiste principal chez la plateforme immobilière Realtor.com, Joel Berner.
Dans le quartier de Mme Lockhart, près de 10 % des propriétés sont actuellement sur le marché. Cette saturation laisse présager des chutes de prix importantes en 2026 selon Realtor.com, notamment à Cape Coral (-10,2 %) et à North Port (-8,9 %) — deux destinations traditionnellement prisées par les « snowbirds ».
Un ancrage structurel
Le président de l'entreprise de soutien aux « snowbirds » Snowbird Advisor, Stephen Fine, apporte toutefois un bémol important. Selon un sondage mené en octobre dernier auprès des 4000 membres de son organisation, moins de 10 % des répondants affirmaient avoir l'intention de vendre leur propriété au cours des 12 prochains mois.
Selon notre sondage, 70 % des membres prévoient tout de même venir en Floride cet hiver, contre 82 % l'an dernier, dit-il. Alors, il y a un déclin, mais il n’est pas aussi élevé qu’ailleurs aux États-Unis.
M. Fine estime que certains « snowbirds » se tournent vers des destinations internationales cette année — comme le Mexique ou les Caraïbes — mais que plusieurs facteurs structurels maintiennent l'ancrage américain de cette clientèle.

En voiture ou camping-car, bien des Canadiens se rendent en Floride derrière le volant. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Beaucoup d'entre eux possèdent des propriétés en Floride. Si vous possédez une propriété, vous allez vous y rendre; vous ne la laisserez pas vacante pour l'hiver, explique-t-il. Ensuite, la plupart des "snowbirds" qui vont aux États-Unis s'y rendent en voiture. Si vous voulez avoir votre véhicule avec vous, les États-Unis sont réellement votre seule option.
Selon le sondage mené par Snowbird Advisor auprès de ses membres qui sont allés aux États-Unis l'an dernier, mais qui n'y retournent pas cette année, 54 % affirment qu'ils envisageraient d'y retourner dans le futur. On ignore quand cela se produira ou ce qui devra changer pour qu'ils reviennent, mais ils sont manifestement ouverts à l'idée, précise M. Fine.
Pour Mme Lockhart, faute de pouvoir se permettre de vendre dans un marché à la baisse, elle a choisi d'attendre jusqu’à 2027 dans l’espoir d’une reprise, tout en continuant d'occuper son condo cet hiver afin d’éviter les frais d'inoccupation.
Avec les informations de Magali Levesque et de John Paul Tasker


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