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Des deux côtés de la frontière, entre Windsor, en Ontario, et Détroit, au Michigan, nombreux sont ceux qui attendent l’ouverture du pont international Gordie-Howe aux piétons. Un habitant de Windsor attend ce moment avec une impatience toute particulière.
J’aimerais simplement le faire, car, quand j’étais enfant, nous traversions le pont Ambassador à pied , explique James O’Neill, âgé de 93 ans.
Ce serait merveilleux de pouvoir le refaire. J’espère le voir ouvert avant de mourir et pouvoir profiter une dernière fois de cette promenade.
L'aîné de Windsor aimerait que les relations entre le Canada et les États-Unis s'améliorent. S’il vous plaît, Monsieur Trump, laissez-moi traverser ce pont. C’est très important pour moi., lance-t-il.
La voie du nouveau pont destinée aux cyclistes, aux coureurs et aux piétons a souvent été mise en avant parmi ses atouts. Une fois ouverte, elle fera officiellement partie du Sentier transcanadien et permettra au public de franchir une frontière internationale à pied.
Mais, avec le report de l’inauguration du pont international Gordie-Howe et l’absence de date officielle d’ouverture, M. O’Neill devra patienter.
Sa famille s’organise
Malgré son âge, M. O’Neill n’est pas particulièrement intimidé, même s’il sait que ce sera éprouvant. La marche s’étend sur 2,5 kilomètres d’un bout à l’autre, avec une pente de 5 %.
Heureusement, M. O’Neill pourra compter sur un soutien précieux pour cette aventure : quatre de ses enfants habitent dans les environs et comptent l’accompagner.

De gauche à droite : Sa fille Beth Oakley, James O’Neill, sa fille Peggy O’Neill et son fils Timothy O’Neill, au domicile de James O’Neill à Windsor.
Photo : Radio-Canada / Dalson Chen
Son fils aîné, Timothy, explique qu’un membre de la famille partira en voiture et attendra son père du côté américain, afin qu’il n’ait pas à refaire le chemin à pied. D’autres membres de la famille marcheront à ses côtés, munis d’eau et de boissons.
Nous sommes tous très fiers de lui. Je suis particulièrement fier qu’un homme de 93 ans veuille traverser ce pont seul… Il a toujours été une source d’inspiration.
L’une des filles de James O’Neill, Beth Oakley, a été tellement inspirée par les récits de son père qu’elle les a transformés en un livre, intitulé I Wouldn't Have Missed It, qui comprend son souvenir de sa traversée du pont Ambassador.
Une passerelle piétonnière sur le pont Ambassador voisin
M. O’Neill se souvient avoir traversé la rivière sur le pont Ambassador dans les années 1940.
Il se rappelle que le péage coûtait 25 cents ou moins. Avec ses amis, il faisait le trajet juste pour acheter du maïs soufflé au caramel à Détroit.
J’avais environ 10 ans à l’époque, et c’était très amusant , raconte M. O’Neill. C’était pendant la Seconde Guerre mondiale, mais il n’y avait pas de présence policière importante, se rappelle-t-il.

Entre 1929 et 2001, les piétons pouvaient traverser le pont Ambassador.
Photo : Publication de Walkerville.
Elaine Weeks, auteure et éditrice d’ouvrages d’histoire locale, explique qu’une passerelle piétonne faisait partie de la conception originale du pont Ambassador. Selon Mme Weeks, la passerelle mesurait environ 2,4 mètres de large et longeait le côté est du pont Ambassador.

Le jour de l'inauguration du pont Ambassador en 1929, de nombreuses personnes se sont rassemblées pour le traverser à pied.
Photo : Publication de Walkerville
Elle est restée utilisable jusqu’en 2001, date à laquelle les préoccupations sécuritaires aprés le 11 septembre ont entraîné sa fermeture définitive.
Mme Weeks ajoute que la passerelle était déjà devenue moins fréquentée à cette époque, en raison de l’augmentation du trafic commercial sur le pont Ambassador.
Avec les informations de Dalson Chen, CBC News


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