Alors que le tabac recule chez les adolescents, la cigarette électronique, elle, suit une trajectoire opposée. Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), près d'un lycéen sur deux a déjà vapoté, témoignant du succès d’un marketing qui cible les jeunes.

En partenariat avec Destination Santé - 07 mai 2026 à 07:04 - Temps de lecture :

En France, la cigarette électronique n’est pas seulement un outil de sevrage, mais de plus en plus un produit complémentaire, voire exclusif. Photo Loison Vincent/Sipa

En France, la cigarette électronique n’est pas seulement un outil de sevrage, mais de plus en plus un produit complémentaire, voire exclusif. Photo Loison Vincent/Sipa

En dix ans, la situation a changé. Chez les lycéens, la part de ceux ayant déjà expérimenté la cigarette électronique est passée de 35 % en 2015 à 46 % en 2024. Et ce n’est pas seulement par curiosité ou juste pour essayer : l’usage quotidien a plus que doublé en six ans, passant de 2,8 % en 2018 à 6,8 % en 2024.

Les lycées professionnels plus touchés

Les inégalités entre établissements sont frappantes. Dans les lycées généraux et technologiques, l’expérimentation est passée de 34 % à 41 % sur la période. Dans les lycées professionnels, elle a bondi de 37 % à près de 59 %.

L’arrivée en 2021 des cigarettes électroniques jetables (les « puffs ») a joué un rôle majeur dans cette augmentation. Colorées, sucrées, peu chères et faciles d’accès, elles ont séduit massivement : en 2024, 39 % des lycéens en avaient déjà utilisé une. Notons que ces puffs ont depuis été interdites en France en février 2025.

Vapoter avant de fumer ?

Une question reste ouverte : la cigarette électronique est-elle un simple substitut au tabac ou fait-elle office de porte d’entrée vers la cigarette classique ? En 2024, parmi les lycéens ayant essayé les deux produits, 40 % ont commencé par la vape (contre 29 % seulement six ans plus tôt). Et seuls 4 % vapotent quotidiennement sans avoir jamais fumé de tabac.

L’OFDT est clair dans ses conclusions : en France, la cigarette électronique n’est pas seulement un outil de sevrage, mais de plus en plus un produit complémentaire, voire exclusif. Des saveurs fruitées, des designs attractifs, une communication omniprésente sur les réseaux sociaux… l’industrie du vapotage a manifestement orienté son marketing vers la jeunesse.

Rappelons qu’en février dernier, l’Agence nationale se sécurité sanitaire (Anses) révélait la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur. Elle recommandait alors « d’écarter les actions susceptibles d’encourager à s’initier au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes, et d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique ». Selon l’Anses, la cigarette électronique devrait être « envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer ».

Source : OFDT – Anses

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