Le groupe stéphanois Ravon Automobile, propriétaire de plusieurs concessions dans la région, s’éloigne pour la première fois de ses terres d’origine. Il vient de racheter le groupe Bouffard dans le Vaucluse (Suzuki et Skoda).

Stéphanie Gallo-Triouleyre - Aujourd'hui à 12:00 - Temps de lecture :

Olivier Ravon, président du groupe.  Photo Stéphanie Triouleyre Olivier Ravon, président du groupe.  Photo Stéphanie Triouleyre

Avec 300 salariés, un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 170 millions d’euros et quelque 6 000 véhicules vendus chaque année, c’est un des leaders ligérien et altiligérien. Depuis sa création en 1973 par Jacques Ravon, le père du président actuel Olivier Ravon, le groupe Ravon Automobile était resté ancré sur des positions exclusivement régionales, avec des concessions ouvertes au fil des décennies à Saint-Etienne (Volkswagen, Seat, Cupra, Mercedes-Benz, Jeep, Hyundai), La Ricamarie (Volkswagen), Firminy (Volkswagen), Saint-Germain-Laprade (Volkswagen, Audi, Seat, Volkswagen Utilitaires, Skoda), Roanne (Seat, Mercedes-Benz, Jeep) et, depuis 2019, Clermont-Ferrand (Seat, Cupra, Ducati).

« C’est une opportunité qui s’est présentée à nous »

Pour la première fois de son histoire, Ravon Automobile a fait un pas en dehors d’Auvergne-Rhône-Alpes. Mi-décembre, le groupe familial (où sont actuellement présentes les deuxième et troisième générations de Ravon) a signé l’acquisition du groupe Bouffard, dans le Vaucluse. Il s’agit de deux concessions Skoda et Suzuki, implantées à Avignon et Orange, représentant 33 salariés et une trentaine de millions d’euros de chiffre d’affaires.

« C’est une opportunité qui s’est présentée à nous », détaille Olivier Ravon. « Mon fils Thibaud préside le conseil de la marque Skoda (instance constituée de représentants des distributeurs de la marque), dans lequel siégeait aussi François Bouffard. Il souhaitait prendre sa retraite et céder son affaire à un confrère partageant les mêmes valeurs. Nous avons rapidement fait affaire car nous partagions le même ADN. Sa fille Anaïs et son fils Guillaume restent d’ailleurs aux manettes opérationnelles ».

Il s’appuie aussi sur une stratégie de maillage fin, avec de nombreuses marques à son arc, afin de capter le maximum de clients désireux d’acheter un véhicule sur le territoire. « L’idée, c’est que quel que soit le projet, le besoin ou le budget, nous ayons une offre adaptée au sein du groupe ».

« Nous différencier par l’accueil, le service personnalisé, etc »

Et d’ajouter : « Nous n’avons pas pour ambition d’avoir un rayonnement national mais sur cette opération, les planètes étaient bien alignées », explique-t-il, tout en coupant la sonnerie de son téléphone. Sonnerie simulant un vrombissement de moteur, évidemment. « L’automobile, c’est une passion familiale, tout tourne autour de ce sujet » sourit le dirigeant.

Dans un contexte tendu pour le marché automobile (-5,9 % de ventes de véhicules neufs en France en janvier 2026 par rapport à janvier 2025, selon l’observatoire PFA), le groupe Ravon assure maintenir ses positions. « Nous sommes impactés mais nous essayons de nous différencier par l’accueil, le service personnalisé, etc », énumère le président.

« Nous essayons, à notre mesure, d’apporter notre pierre au territoire »

Dans cette perspective, Ravon Automobile devrait d’ailleurs, dans les prochains mois, ajouter une nouvelle marque à sa panoplie stéphanoise. Le nom de celle-ci reste confidentiel pour l’heure.

« Et puis, dans un contexte difficile pour tout le monde, nous essayons, à notre mesure, d’apporter notre pierre au territoire », martèle Olivier Ravon, tenant à rappeler le rôle « décisif » de son fils Thibaud dans l’implantation toute récente, à Saint-Etienne, d’un centre de formation Volkswagen , destiné aux nouveaux salariés des six marques du constructeur. Plus de 5 000 stagiaires y seront accueillis chaque année.

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