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Rompre avec le socialisme – Épisode 2 – la sécurité sociale
La collecte totale effectuée par les prélèvements sociaux sous forme de cotisations sur les salaires représente un peu plus de 460 milliards d’€uros. Rappelons que l’argent ne tombe pas du ciel. Ces cotisations grèvent le salaire perçu des salariés. Il est aussi perçu comme ce coût croissant et prohibitif du travail pour les patrons. Des deux côtés il y a la frustration du coût du travail et de sa faible rémunération pour le salarié. Le sujet est donc sensible et, sur le plan économique, il participe de la faible compétitivité d’une production en France et de l’obsession des délocalisations dans des pays moins onéreux. Donc attention.
La folie des déséquilibres permanents
Alors que les cotisations représentent bien 460 milliards, l’ensemble de la dépense sociale en France frôle les 650 milliards. Près de 200 milliards d’écart. Une pure folie chaque année qui a eu pour conséquence que d’autres impôts sont affectés à la dépense sociale. Tout bon gestionnaire commencerait par dire qu’il dispose de 460 milliards pour en répartir la dépense. Dans ce contexte, une branche en particulier est un désastre.
La branche famille – le désastre
Il suffit de lire Le Monde qui ne peut masquer une telle débâcle.
« Sécurité sociale : la Cour des comptes pointe 6,3 milliards d’euros d’erreurs dans la branche famille. L’institution se déclare dans « l’impossibilité de certifier » les comptes de la Caisse nationale d’allocations familiales pour 2024, comme en 2022 et 2023. » (Le Monde, 16 mai 2025)
Il suffit de lire les remontrances des sénateurs :
« La Cour des comptes avait déjà refusé de certifier ces comptes en 2022. L’audit publié par le magistrat financier le 17 mai 2024 indique, de nouveau, l’impossibilité de certifier les comptes de la branche famille et de la caisse nationale des allocations familiales du régime général de sécurité sociale. La Cour des comptes souligne que le plan mis en place par la Cnaf au second semestre 2023 et faisant suite à ses observations sur le bilan 2022 « n’apporte pas encore d’assurance raisonnable sur la maîtrise par la branche des risques affectant les opérations que les caisses réalisent ». L’audit indique, par ailleurs, que « la capacité de détection des erreurs par le réseau [de la Cnaf] demeure très inférieure au risque induit par l’insuffisante fiabilité des données déclarées par les allocataires ». Ainsi, 5,5 milliards d’euros auraient été indûment versés aux allocataires ou non-rappelés en 2023. Le risque résiduel relatif aux données déclarées aurait augmenté d’un point entre 2023 et 2022. Selon la Cour des comptes, cette hausse « fait peser une incertitude sur l’évolution de la maîtrise du risque financier, dont l’amélioration n’est, à ce stade, pas confirmée. » (Publié dans le JO Sénat du 13/06/2024 – page 2710). La bonne gestion et la fraude, ce serait déjà 7 à 8 milliards d’économie. Mais le modèle est contestable.
La branche famille – une erreur politique persistante
Outre la gabegie qui s’estime à 7 ou 8 milliards versés indûment chaque année, il y a le principe même de cette branche qui est obsolète. De quoi parle-t-on ? La politique familiale en France comme partout tient à un choix collectif, celui de soutenir les jeunes familles pour qu’elles puissent élever leurs enfants. Nous devons cette générosité à des catholiques sociaux dont Émile Romanet en 1916 et Maurice Eblé en 1929. La seule légitimité d’une privation d’une part de mon salaire pour autrui, c’est de considérer que je soutien la démographie de mon pays. Et chacun aura l’opportunité de bénéficier de cette aide lorsqu’il aura charge de famille. Le modèle est généreux et il est un soutien collectif à la famille.
Or, le raisonnement est totalement faux. Il relève de la pure croyance que les conditions matérielles font la fertilité des familles. Ce raisonnement ne résiste pas à l’analyse. D’une part, les pays sans allocations familiales sont fertiles pour bien d’autres raisons qui jouent chacune un rôle selon les pays : joie de vivre, religion, tradition, faible accès à l’avortement ou aux contraceptifs, représentations de la famille, etc. À l’inverse, les pays à faible fertilité ont pour la plupart développé des aides matérielles considérables. Le paroxysme. La Hongrie, voire la Russie occidentale où le taux de natalité est faible malgré des aides substantielles.
La chute démographique est indiscutable
Qu’en est-il en France ? Une ancienne mesure de l’INED (Institut National des Études Démographiques) permet de voir que la baisse ne date pas d’hier. En 1930, une femme de 39 ans avait 2,57 descendants, en 1980, elle en avait 1,95. L’Indice Conjoncturel de Fécondité (IFC) passe de 3 en 1945 à 2 en 1975 à 1,5 en 2025. Rien à ajouter. Or, la branche famille dépense actuellement plus de 95 milliards. Comment tolérer cette illusion ? La réalité, c’est que nous confisquons 95 milliards par spoliation des salariés pour une redistribution dont le fondement social et politique est totalement faux. Chacun peut admettre de sacrifier une part de son revenu pour une saine démographie qui conditionne une croissance économique et par ailleurs le fonctionnement d’un autre volet de la sécurité sociale, la retraite par répartition. Je le répète, c’est faux, c’est une croyance infondée.
L’intelligence invite à supprimer cette branche
Alors que nous détruisons l’emploi en France parce qu’il coûte trop cher, alors que nous empruntons des centaines de milliards qui nous ruinent chaque année, nous détruisons toute notre économie sans même juger de la justesse d’une dépense par rapport à son intention. Ici, le constat est simple. Or, c’est bien par pur socialisme comportemental que beaucoup entretiennent la tyrannie de la redistribution, parce qu’il faut aider, parce que les enfants ont des droits, parce que les familles doivent disposer de… Mais le salarié à qui l’on a pris son revenu, silence. L’employeur qui se ruine à payer des salaires très élevés et qui rêve secrètement de travailleurs… Silence. Ces entreprises qui créent des structures à l’étranger, silence. Bref, la générosité devient une tyrannie sociale. Ils ont bien le droit, nous dit-on.
Rompre avec le socialisme
Les politiques peuvent décider de maintenir quelques aides très ciblées, mais la psychologie humaine étant ce qu’elle est, le retour à la dépense par le jeu des égalités des droits et des besoins nous ramènera très vite à la même dépense. C’est la raison pour laquelle la rupture doit être forte, d’autant que l’économie générale du pays exige des renversements vertueux. Oui, il faut sans doute supprimer cette première branche qui ne sert à rien, puisqu’elle ne répond pas à son objet. Et surtout, si la natalité était liée au revenu, les riches feraient plus d’enfants que les moins riches. Or, toute l’histoire sociale des XIX et XXe siècles démontre que c’est l’inverse qui se produit.
Nous avons hier évoqué une économie de 30 à 50 milliards en redimensionnant l’administration des territoires et en changeant radicalement l’économie d’investissement communal. Non seulement, nous ferions cette économie, mais l’hystérie de la dépense des territoires permettrait de faire sans doute de 10 à 20 milliards d’économies supplémentaires. Ici, ce sont près de 100 milliards. Demain, nous examinerons une autre folie sociale, celle de la gestion du chômage en France. Et là encore, il y a de quoi faire. Épisode 3
Pierre-Antoine Pontoizeau





























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