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La Mauricie entend bien, comme lors du second conflit mondial, tirer profit des opportunités qui vont s'offrir avec les investissements de grande ampleur que compte réaliser le gouvernement Carney dans le secteur militaire. Ce sont près de 85 milliards de dollars, sur cinq ans, qui iront à l'accroissement de la capacité de défense du Canada.
Il y a 85 ans, ce sont les besoins militaires qui, à toutes fins utiles, avaient mis la ville du Cap-de-la-Madeleine sur la voie de la prospérité industrielle avec des centaines d'emplois à la carte.
Des obus ont été fabriqués à l'ancienne Canron de la rue Saint-Maurice à Trois-Rivières ainsi qu’au Cap-de-la-Madeleine; à la Dominion Rubber Munitions, ancêtre de Reynolds et Aléris, et à L'Electric Steel, ancêtre de la Norton, avec des bombes de 500 livres, peut-on lire.
Quand la guerre a éclaté, Shawinigan, Grand-Mère, Trois-Rivières, c'étaient des villes industrielles. Cap-de-la-Madeleine l'est devenue grâce à la guerre. Il y avait 400 emplois industriels en 1939. Il y en avait 2500 en 1945 , raconte le passionné d’histoire, François Roy.
Des emplois créés dans le domaine des munitions, mais aussi dans celui des vêtements. Des manufactures dont la Stirling Shirt and Overall produiront des uniformes pour l'armée canadienne.
L'impulsion est donnée dans son dernier budget; le gouvernement fédéral ouvre les valves pour l'industrie militaire. D’ailleurs, Marmen s'est déjà positionné pour éventuellement fabriquer des pièces de sous-marins.
FAB 3R, l'ancienne Canron, ne fait pas non plus de mystère de ses vues sur des contrats militaires.
Incidemment, il y a quelques années, lorsqu'a été entreprise la démolition de l'ancienne Reynolds, on avait craint que des munitions non explosées se trouvent toujours présentes dans un abri souterrain bétonné où des essais étaient réalisés à l'époque. Les experts en déminage n'avaient finalement rien trouvé de dangereux.
Ce qui aurait pu l'être bien plus durant les années de production, c'est que la poudre pour les bombes était acheminée depuis les industries électrochimiques de Shawinigan.
Ce qu'on m'a raconté, et c'est à faire dresser les cheveux sur la tête, c'est que ça prenait de la poudre explosive pour les cartouches et les obus qu'on faisait au Cap et ça, ça arrivait par train à travers Notre-Dame-du-Mont-Carmel et Saint-Louis-de-France. Ça arrivait des usines pétrochimiques de Shawinigan, mentionne François Roy.
C'est quelque chose qui est encore très d'actualité, mais à cette époque existait également une crise du logement. Pour loger les ouvriers, il avait fallu construire des maisons, dont beaucoup sont encore là, au Cap-de-la-Madeleine et à Trois-Rivières.
Aux usines de guerre, s'était ajouté au Cap-de-la-Madeleine, un aérodrome militaire là où se trouve aujourd'hui l'Académie les Estacades.
L'aéroport civil est devenu un aéroport militaire avec un mess des officiers qui va devenir le Pavillon Mauricie, raconte François Roy.
Aujourd'hui la région réclame du gouvernement fédéral sa part des investissements militaires. Elle avait fait publiquement et avec succès, exactement la même chose il y a 85 ans.


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