Afin de mieux comprendre les principaux freins liés à la revente des VE d’occasion, la société de données automobiles carVertical a mené une étude auprès de plus de 100 concessionnaires français, croisée avec les données issues des rapports d’historique analysés sur sa plateforme.

Le Progrès - Aujourd'hui à 07:10 - Temps de lecture :

En 2026, 30,4 % des véhicules électriques contrôlés étaient endommagés (contre 27,7 % en 2025). Photo Adobestock

En 2026, 30,4 % des véhicules électriques contrôlés étaient endommagés (contre 27,7 % en 2025). Photo Adobestock

Le marché des véhicules électriques continue de croître rapidement en France : ils représentent aujourd’hui 26 % des immatriculations de véhicules neufs et constitueront bientôt une part majeure des stocks de véhicules d’occasion. Pourtant, ces véhicules restent plus difficiles à revendre : un véhicule électrique d’occasion nécessite en moyenne 147 jours pour être revendu, contre 101 jours pour un modèle thermique.

L’étude montre que les fluctuations du prix des carburants influencent fortement la demande de véhicules électriques d’occasion : 35,9 % des concessionnaires interrogés estiment que la hausse du prix de l’essence et du diesel augmente clairement l’intérêt pour les VE, et 8,5 % qu’il s’agit du facteur de choix principal, tandis que 29,1 % évoquent un impact modéré. À l’inverse, 19,7 % considèrent que les prix des carburants ont un impact minimal sur la demande.

Les véhicules électriques ne sont pas exempts de fraudes 

Si une majorité de concessionnaires estime que les véhicules électriques sont moins concernés par la fraude au kilométrage, les données de carVertical montrent que les risques existent toujours. Parmi tous les véhicules électriques d’occasion contrôlés par carVertical en France, environ 1,1 % présentaient un kilométrage falsifié, contre 3,2 % pour les diesels et 2,1 % pour les essences. 

Les 5 marques les plus touchées par la fraude au compteur sont Renault (3 % des VE d’occasion), Audi (1,5 %), Mercedes-Benz (1 %), Peugeot (0,9 %) et Smart (0,7 %). Les véhicules électriques présentent également des antécédents de dommages et des historiques parfois incomplets, notamment lorsqu’ils sont importés depuis l’étranger. En 2026, 30,4 % des véhicules électriques contrôlés par carVertical sont endommagés (contre 27,7 % en 2025), et 17,7 % sont importés (contre 21,9 % en 2025).

L’état de la batterie, première source d’inquiétude

« Le problème principal n’est plus réellement le prix du véhicule électrique, mais le manque de visibilité sur son état réel et notamment sur la batterie. Les acheteurs veulent être rassurés avant de s’engager », explique Moundyr Gainou, Directeur France de carVertical.

Pour 62,4 % des concessionnaires interrogés, l’incertitude liée à la technologie des véhicules électriques constitue aujourd’hui le principal risque dans la vente de véhicules électriques d’occasion. Cette incertitude est alimentée par le manque d’informations concernant notamment :

  • L’état réel de la batterie, sa durée de vie estimée et le coût potentiel de remplacement hors garantie ;
  • Les difficultés liées à l’évaluation du State of Health (SOH) ;
  • La forte dépréciation des véhicules électriques (un VE âgé de 10 ans perd en moyenne 67,2 % de sa valeur) ;
  • Les infrastructures et usages (vieillissement des systèmes de recharge, temps d’attente aux bornes, évolution du coût de l’électricité, …).

Les autres sources d’incertitudes les plus présentes concernent l’évolution des taxes et subventions de l’Etat 
(21,4 %) et la forte concurrence sur le marché (13,7 %). 

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