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Depuis le 1er juillet, les jeunes parents peuvent bénéficier d’un congé supplémentaire d’un ou deux mois. Mais ce droit n’est pas indemnisé à 100 %, ce qui freine certains foyers.
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Par Louise BOERI Publié le 2 juil. 2026 à 6h02
Le gouvernement tente de s’attaquer à un problème majeur en France : la baisse des naissances. Depuis le 1er juillet 2026, les jeunes parents peuvent bénéficier d’un nouveau congé supplémentaire.
Ce dispositif, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, permet à chaque parent de prendre un ou deux mois de congé en plus des congés maternité, paternité ou d’adoption. Il concerne les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
Concrètement, chaque parent dispose de son propre droit. Les deux parents peuvent prendre ce congé en même temps ou l’un après l’autre. Il peut aussi être fractionné en deux périodes d’un mois.
Mais le dispositif a une limite importante : il n’est pas indemnisé à 100 %. Le premier mois est pris en charge à hauteur de 70 % du salaire net, le second à 60 %, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
« C’est une avancée, mais il y a mieux à faire »
À 25 ans, Andréa Martinez, qui vit dans le secteur des Pieux (Manche), attend son premier enfant. Enceinte de six mois, elle souhaite prendre ce congé supplémentaire après la naissance, pour passer plus de temps avec son bébé.
Mais la future mère pointe aussi les limites du dispositif.
C’est une avancée, mais il y a mieux à faire. Ce congé devrait être indemnisé à 100 % ou comme le congé maternité, qui est plafonné.
Juriste dans un cabinet d’avocat en droit de la famille, elle connaissait déjà ce nouveau droit, tout comme son compagnon, juriste en droit du travail. C’est surtout le niveau d’indemnisation qui l’interroge. « Comment les foyers avec un revenu moyen peuvent se le permettre ? 60 % du Smic représente 800 € net », souligne-t-elle.
Malgré cette perte de revenus, Andréa Martinez a fait son choix. « Je vais prendre les deux mois et mon compagnon ne sait pas encore. Je peux me permettre de le prendre car j’ai les moyens », explique-t-elle.
Selon elle, ce congé ne suffira pas à relancer la natalité. « Ce n’est pas une solution pour la natalité, avec le lait et les frais d’école qui augmentent. Il faut trouver des compromis », estime-t-elle. « La vraie question est : les Français peuvent-ils ou veulent-ils faire des enfants ? »
Récupérer, garder son enfant, mais perdre du salaire
Cette question financière, Rachel Leterrier et son conjoint, installés à Octeville, se la sont aussi posée. Devenus parents récemment, ils souhaitaient avoir un enfant depuis plusieurs années, mais ont attendu d’avoir une situation professionnelle stable. « C’est compliqué aujourd’hui d’avoir un enfant », estime-t-elle.

Rachel Leterrier a décidé de prendre ce nouveau congé. Son conjoint hésite encore, malgré l’envie d’en bénéficier « pour me soutenir et continuer son rôle de papa ». La perte de revenus reste un frein.
Pour la jeune mère, ce congé répond aussi à une nécessité physique. Elle a accouché par césarienne le 20 avril 2026. Poissonnière, elle devait reprendre le travail le 14 juillet, mais son état ne le permettait pas.
Je n’ai pas assez récupéré au niveau musculaire et je n’étais pas en état physique de reprendre.
Elle va donc utiliser les deux mois de congé supplémentaire pour récupérer avant son retour en entreprise. « Le congé maternité n’est pas adapté au temps de récupération nécessaire du corps. Avec mon métier qui est physique, c’est impossible que je puisse porter des charges lourdes en ce moment », poursuit-elle.
Ce congé lui permet enfin de faire face à une autre difficulté : l’absence de mode de garde. « Lorsque j’ai accouché, je n’avais pas de solution de garde pour Anna », explique Rachel Leterrier. Elle a finalement trouvé une place, mais pas avant septembre. D’ici là, le congé supplémentaire lui permettra de garder sa fille.
À retenir : le dispositif complet après la naissance d’un enfant
Mère
- Congé maternité : généralement 70 jours après la naissance
- Congé supplémentaire de naissance : 1 à 2 mois en plus, soit environ 30 à 60 jours
Père – second parent
- Congé de naissance : 3 jours ouvrables
- Congé paternité : 25 jours calendaires
- Congé supplémentaire de naissance : 1 à 2 mois en plus, soit environ 30 à 60 jours
Lancé le 1er juillet, le congé supplémentaire de naissance s’ajoute au congé maternité ou au congé paternité. Le premier mois est pris en charge à hauteur de 70 % du salaire net, le second à 60 %
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