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Les travaux de restauration du château de Logempré à Pont-Saint-Pierre (Eure) ont démarré en juillet 2026. Dans une situation critique, l’heure est à la sécurisation de l’édifice.
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Par Nicolas Pelouas Publié le 5 août 2026 à 5h50
À Pont-Saint-Pierre (Eure), les travaux du château de Logempré sont lancés depuis le 8 juillet 2026. Ils s’étendront sur un an. Les coûts de la première tranche des travaux s’élèvent à 580 000 €.
« Ensuite, on peut aller au-delà, mais pour le moment, on restaure le minimum du minimum pour sauvegarder l’ouvrage », explique Kristell Chedru, propriétaire du château avec son mari Antoine.
Elle est également présidente de l’association des Amis du château de Pont-Saint-Pierre, qui compte aujourd’hui près de 250 adhérents.
Une cagnotte pour sauver l’édifice
Avec la participation de la Fondation du patrimoine qui aide le couple au niveau logistique et financier, Yvette Petit-Decroix, déléguée de l’Eure pour l’organisme, ajoute : « Notre accompagnement est important, car il peut y avoir beaucoup de doutes. Nous sommes ravis d’apporter notre aide pour reprendre ce château. » Ce dernier s’étend sur près de 1 000 m², dans un domaine de 23 hectares.

Plusieurs leviers sont mis en place pour permettre à cette place forte médiévale de retrouver de sa superbe.
Tout d’abord, la collecte de dons. Une cagnotte fixée à 80 000 € est ouverte sur le site de la Fondation du patrimoine. Près de la moitié de l’objectif a déjà été atteinte. « C’est un modèle qui marche bien, et nous avons beaucoup de petits dons. Ça fait la différence », explique la Pétripontaine, qui peut aussi compter sur un engouement local.
La collecte est ouverte depuis un an, et restera encore en place pendant deux ans. Yvette Petit-Decroix est confiante sur cet objectif, qui sauverait ce « château en extrême péril ».
Un autre levier pour le financement des travaux est celui du mécénat, avec pour le moment la participation d’une trentaine d’entreprises. Le Loto du patrimoine et la Mission Bern viennent aussi compléter ce tout.

Pour le couple propriétaire des lieux, l’équation est simple : « Plus on collecte, plus on va loin dans la restauration. Pour le moment, on solidifie le château et on sauvegarde la structure du lieu. »
Différentes collectivités participent également à la restauration, comme la Région Normandie, le Département de l’Eure et le programme européen Leader, ainsi que la Communauté de communes Lyons-Andelle et la commune de Pont-Saint-Pierre.
« Les propriétaires de la dernière chance »
Historiquement, le château naît sous le règne de Guillaume le Conquérant. Au cours de la guerre de Cent Ans, l’édifice sera détruit à deux reprises, avant d’être repris par la famille Roncherolles, une baronnie très puissante.
Passant ensuite par plusieurs propriétaires au fil de l’Histoire, le château est resté habitable jusqu’en 2003. Par la suite, l’édifice est progressivement tombé à l’abandon.

Bien que les restaurations de ce château médiéval soient relancées, « on a très peu d’archives. Il y a des éléments mais peu de plans. On cherche encore », déplore la propriétaire qui affirme : « ce château n’est pas aussi connu qu’il le devrait ».
Le couple propriétaire habite initialement à 500 mètres du château, mais ils n’ont eu vent du lieu que récemment.
« Il y a deux ans, on a entendu parler de la liquidation judiciaire. Ensuite, tout est allé très vite. » Le rachat a vite été acté, mais la situation est vite devenue urgente.
La déléguée départementale de la Fondation du patrimoine est catégorique : « Ce sont les propriétaires de la dernière chance. »
Un chantier délicat
Depuis le début des travaux, deux entreprises interviennent sur le site : BM Couverture de Charleval, ainsi que A2M Maçonnerie de Les Ventes, près d’Évreux.
L’étape essentielle avec le début du chantier, c’est d’abord la mise à sec du toit et des fenêtres. « Il va y avoir plusieurs phases, mais on commence par le retrait des parties dégradées. Les ouvriers vont ensuite trier et replacer les différentes parties réutilisables », explique Kristell Chedru.
Les différents éléments retirés sont ainsi numérotés et mis de côté, restant au sein du château. « On essaie de faire sortir le moins de pièces possible », indique la propriétaire.

Pour l’heure : « la phase a bien avancé ». La véritable restauration du château, une fois les parties dégradées retirées, pourra démarrer en septembre.
Parmi les trouvailles au cœur du château, maintenant que l’intérieur est accessible, bien qu’encore fragile : on compte notamment des pavés du Pré d’Auge, avec des motifs caractéristiques du XVe siècle.
« Pas plus de surprises que prévu »
Charles-Émile Marcourt est le gérant de l’entreprise BM Couverture. Sur le site depuis quelques semaines, « on se concentre d’abord sur la mise en sécurité. Il y a de la complexité, mais il n’y a pas plus de surprises que prévu. Il y a beaucoup de choses à refaire, mais on avance bien car on a de la visibilité. »
Près de 60 % du lieu pourrait être conservé dans l’idéal, selon le couvreur : « On essaie de faire le plus de réemplois possible, en faisant des économies de bois. On réutilise en plus du chêne qui vient du coin. »
Pour la maçonnerie, l’heure est aussi à la récupération de matériaux. « On récupère environ 60 % des matériaux, surtout des briques et de la pierre », indique Mathieu Zouin, gérant d’A2M Maçonnerie.
Les artisans ont rapidement constaté qu’une restauration avait été lancée, en 2006 selon les sources des propriétaires.

Avec des fixations temporaires laissées à l’abandon, ces éléments ont paradoxalement participé à la dégradation du site. « Il n’aurait pas tenu dans l’année. On intervient rarement sur des édifices aussi attaqués », estime Charles-Émile Marcourt.
Son collègue Enzo Aubry, charpentier pour BM Couverture, était intervenu au début du mois pour poser une chaise contre une façade.
Alors qu’elle n’était pas encore fixée au mur, ce dernier s’est écroulé dans la nuit qui a suivi l’installation.
Un futur « espace de vie événementiel »
Si le projet de restauration est bien lancé, « c’est un chantier qui va être amené à évoluer au fur et à mesure des travaux », indique Yvette Petit-Decroix, selon les financements reçus.
À terme, l’objectif est de faire du château de Logempré un « espace de vie événementiel pour accueillir du public », précise Kristell Chedru.

Le domaine dispose déjà de deux gîtes disponibles à la location. Deux salles, l’une pour des réceptions et l’autre pour des séminaires, devraient ouvrir cet hiver.
Les Journées européennes du Patrimoine, les 19 et 20 septembre, offriront au public une opportunité de découvrir le site. « Ce sera notre deuxième édition. Il sera possible de constater l’avancée des travaux, avec des visites guidées », annonce la propriétaire.
Des animations, comme des jeux en bois, une course de canard sur l’Andelle et un concert, sont également prévues pour l’occasion.
Une cagnotte est ouverte sur le site de la Fondation du Patrimoine pour faire un don en faveur de la restauration du château de Logempré.
Plus d’informations sur l’édifice et ses activités sur leur site logempre.fr
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