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Denis Consigny, un retraité de L'Isle-Adam, signe un conte politique inspiré du Petit Prince et appelle à repenser héritage, retraites et démocratie.
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Par Romain Dameron Publié le 28 déc. 2025 à 8h46
C’est un livre coup de poing, à la fois mea culpa générationnel et appel à une révolution solidaire.
Ingénieur à la retraite et auteur de plusieurs ouvrages, Denis Consigny, habitant de L’Isle-Adam (Val-d’Oise), signe un nouvel ouvrage : Chers Boomeurs, il est temps de réparer nos erreurs.
Publié la semaine dernière, l’ouvrage prend la forme inattendue d’un conte philosophique, dont la structure narrative s’inspire ouvertement du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.
Profits et loupés
Né pendant les Trente Glorieuses (1945-1975), cet habitant de L’Isle-Adam rappelle qu’à cette époque « il n’y avait pas lieu de se fixer des limites ».
Toutefois, dès les années 1970, selon lui, la classe politique – alors largement dominée par les baby-boomers – a manqué de clairvoyance et de courage, notamment face à la construction européenne, à la mondialisation et aux enjeux environnementaux. « On a beaucoup profité individuellement et tout raté collectivement. Ma génération n’a pas entendu les signaux d’alarme des économistes », résume-t-il sans détour.
Son diagnostic est sévère. Les inégalités patrimoniales, aujourd’hui plus fortes que les inégalités de revenus, ont fait basculer la société « d’un modèle méritocratique vers un modèle héritocratique ».
Chaque jeune Français qui entre dans la vie active porte désormais environ 50 000 € de dette souveraine, tandis que moins de la moitié des foyers fiscaux sont assujettis à l’impôt sur le revenu.
Capital universel
Pour sortir de l’impasse, l’auteur avance plusieurs pistes.
D’abord, renforcer la participation des jeunes à la vie démocratique, quitte à envisager un système de sanction. Ensuite, repenser en profondeur les successions. Il défend notamment l’idée d’un capital universel, porté par l’association Aicu qu’il a fondée en 2018 : une avance sur héritage, versée aux jeunes pour démarrer dans la vie et remboursée lors de la succession.
Troisième chantier : les retraites. Denis Consigny pointe des avantages devenus indéfendables, comme l’abattement de 10 % pour frais professionnels accordé aux retraités.
« Les retraités comme moi représentent un peu moins d’un tiers du corps électoral, mais plus de la moitié des votants. Le personnel politique ne veut pas se les mettre à dos, affirme l’auteur. Le travail n’est pas une valeur. La solidarité et la fraternité, oui. »
Occasions manquées
Pendant trois ans, Denis Consigny a travaillé sur cet ouvrage en se nourrissant d’échanges au sein de think tanks et par un sentiment partagé d' » occasions manquées ».
Plus qu’un essai économique, l’auteur adamois revendique un livre d’imaginaire et de transmission.
« Rien n’est immuable, insiste-t-il. Pour faire bouger les choses, changeons de référentiel ! » Un message adressé d’abord à sa propre génération… Et, surtout, à celles qui suivent.
Chers Boomeurs, il est temps de réparer nos erreurs, de Denis Consigny, aux éditions Le Pré du Plain. Prix : 16 €. 280 p.
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