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Fredericton annonce le remplacement de six foyers de soins vétustes, dont trois francophones. Cette mesure s’inscrit dans le nouveau plan de soins de longue durée, attendu depuis longtemps par les associations qui représentent les aînés. Celles-ci s’en réjouissent, mais demandent une cible plus ambitieuse concernant le nombre d'heures de soins par résident.
La première ministre Susan Holt a dévoilé ce plan jeudi en conférence de presse, devant plus d’une centaine de personnes à Fredericton.
Avec un budget alloué de 993 millions de dollars, ce plan inclut le remplacement de six foyers de soins qui ne sont plus adaptés pour répondre aux besoins des résidents.

Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Parmi eux, trois sont francophones : le Foyer Assomption à Rogersville, les Résidences Lucien Saindon à l’Île-de-Lamèque et la Résidence Mgr Melanson à Saint-Quentin.
Le directeur général du Foyer Assomption, Richard Cormier, s’en réjouit. Il rappelle que la résidence, construite en 1981, offre de petites chambres pour la plupart à deux résidents. Le foyer n’a pas de bains et ne peut qu’offrir une douche où les résidents en fauteuil roulant doivent se faire arroser par un boyau.
C’était mon cheval de bataille, lance-t-il après l’annonce officielle. Le nouveau foyer sera construit sur un autre site et passera de 50 à 60 lits.

Richard Cormier, directeur général du Foyer Assomption à Rogersville.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
La province compte aussi rénover une aile du foyer de soins La Villa Providence à Shediac et y ajouter 24 lits. Elle prévoit agrandir des foyers de soins détenus par Shannex à Fredericton, Riverview et Quispamsis pour y ajouter 240 lits.
Enfin, 360 lits de soins de longue durée supplémentaires seront créés, mais leur emplacement n’est pas encore connu.
Un plan qui va évoluer
Le plan de soins de longue durée établit quatre priorités, soit : mettre en place une main-d’œuvre forte et soutenue; renforcer le soutien aux communautés; bien vieillir chez soi; bien vieillir dans les établissements de longue durée.
Nous plaçons les aînés au cœur de nos efforts, de la planification de soins et de nos ressources. Ce plan demande qu’on démontre et qu’on donne le bon soutien et la possibilité de choisir la manière dont on vit ici, a dit la première ministre, Susan Holt.

Lyne Chantal Boudreau, ministre des Aînés du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
La ministre des Aînés, Lyne Chantal Boudreau, a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une stratégie, mais qu’elle évoluera en partenariat avec les foyers de soins, les associations et les organismes.
Ce plan n’est pas une finalité, ce plan s'inscrit dans une continuité d’initiatives. J’ai une promesse que j’ai faite à la première ministre, ce plan-ci ne va pas rester sur les tablettes.
Dès demain matin, on va être au travail.
La première ministre laisse d’ailleurs entendre que les foyers de soins seront sous peu assujettis à la Loi sur les langues officielles.
Ça va se faire, c’est une question de timing et de ressources, dit-elle, en précisant qu’il faut s’assurer que le système soit prêt lorsque ce changement à la loi sera adopté et en vigueur.
Nous voulons nous assurer que les personnes ont accès à des soins dans leur langue.
Pas de cible précise pour les heures de soins
Le directeur général de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Richard Losier, est d’avis que ce plan représente un bon début.
Le plan c’est un pas en avant, il n’y avait pas de plan avant.

Richard Losier, directeur général de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick
Photo : Radio-Canada
Toutefois, il trouve que ce plan est très général et n’insiste pas sur les détails. Par exemple, le plan n’indique pas de cible précise au niveau du nombre d’heures de soins par patient.
Actuellement, ce nombre se situe à 3,3 heures en moyenne, selon une déclaration de Susan Holt à l’Assemblée législative mercredi.
On n’a aucune indication c’est quoi le but ultime, ça devrait être 4,1 heures, c’est pas indiqué dans le plan, dénonce Richard Losier.

Les associations représentant les foyers de soins et les aînés veulent une augmentation du nombre d'heures de soins par patient. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michel Nogue
La première ministre se défend et dit que le plan prévoit une augmentation de 0,1 heure par an.
On va augmenter de 0,1 heure à chaque fois qu’on a les moyens de le faire.
Norma Dubé, présidente de l'Association francophone des aînées et aînés du Nouveau-Brunswick, croit qu’on peut faire mieux. C’est probablement pas suffisant, dit-elle. On va revendiquer des progrès plus vite.
Un bon point de départ, mais du travail à faire
Celle-ci se réjouit toutefois de voir ce plan qu’elle considère comme un engagement du gouvernement Holt et pour lequel l’association a été consultée.
Je vois aujourd’hui comme une journée très, très positive.

Norma Dubé, présidente de l'Association francophone des aînées et aînés du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Norma Dubé ajoute que l’association continuera de faire pression sur le gouvernement pour qu'il passe de la parole aux actes. Elle croit aussi que la province devra se pencher sur la situation des aînés en général, qui représentent 23 % de la population.
De quelle façon qu’on les garde en santé, de quelle façon qu'on les garde actifs, de quelle façon qu'on continue à faire fonctionner le physique et l’intellectuel pour diminuer la pression sur les établissements de soins longue durée? Donc, on a encore beaucoup de travail à faire.
Avec les informations de Frédéric Cammarano


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