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« Il s’agit d’une crise humanitaire. » Par la voix de sa directrice, Michèle Chappaz, le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal a appelé lundi les principaux partis politiques à s’engager pour endiguer la crise de l’itinérance.
« C’est comme un seau d’eau qui se remplit à flots et qu’on essaie de vider avec une cuillère », a-t-elle notamment lancé aux acteurs du milieu communautaire et politique réunis pour l’occasion à la Maison du développement durable, dans le centre-ville de Montréal.
Selon les données recueillies par le ministère de la Santé et des Services sociaux, 12 000 personnes étaient en situation d’itinérance en 2025, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2022. La hausse des cas est encore plus marquée en région, où l’itinérance n’est plus un phénomène marginal.
C’est ce constat alarmant qui a poussé l’ancienne première ministre Pauline Marois, présente à l’événement, à demander la tenue d’un sommet national sur l’itinérance, avec l’idée de mobiliser tous les acteurs du Québec.
« En l’espace de 10 ans, [l’itinérance] est devenue une catastrophe nationale. Il y a quelque chose qui a manqué, et ce qui a manqué, c’est une vraie coordination avec un plan d’action de tout un gouvernement, pas juste d’un ministère », a-t-elle souligné. « J’ai connu de nombreux sommets. Je peux vous dire que ça donne des résultats, si on y met le cœur, l’énergie, la volonté, l’intelligence et la détermination. »
Dans une lettre ouverte signée par plusieurs dizaines de personnalités issues des milieux politique, syndical et communautaire, l’ancienne première ministre a d’ailleurs lancé un appel à la mobilisation le 20 mai dernier, enjoignant chacun des partis politiques de s’engager à tenir un tel sommet advenant son élection l’automne prochain.
Mme Marois a d’ailleurs confirmé au Devoir que Christine Fréchette et Éric Duhaime avaient finalement accepté de la rencontrer pour discuter de ces questions, alors que les chefs des autres partis s’étaient déjà engagés à le faire.
Des propositions concrètes
Les membres du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal n’ont pas voulu attendre la prochaine campagne électorale pour en faire une question transpartisane et proposer des pistes de solution afin d’endiguer le phénomène.
« Faire de l’itinérance une vraie priorité nationale est un choix de société », a ainsi affirmé Alexandre Lampron, directeur des affaires publiques du Mouvement. Selon lui, c’est un choix de société, qui doit s’accompagner d’une direction claire avec des responsabilités définies et un financement des organismes communautaires qui soit suffisant, stable et prévisible.
La prévention de l’itinérance doit également passer par une réforme structurante en habitation afin de pallier les problèmes d’abordabilité des logements. En la matière, les objectifs du Mouvement sont clairs : faire passer le taux de logements à but non lucratif de 8,5 % à 20 % au Québec.
Le Mouvement souhaite également prévenir l’instabilité résidentielle que l’on observe chez les personnes vulnérables.
« On voit dans les statistiques que beaucoup de gens qui sortent de la DPJ se retrouvent en situation d’itinérance, a rappelé Michèle Chappaz. On voudrait que les sorties soient mieux encadrées, avec une politique ministérielle. »
L’ampleur et la complexité de l’itinérance appellent désormais une concertation entre les acteurs de tous les ordres de gouvernement, selon Sonia Côté, directrice de l’organisme Le Chaînon. « On est passés d’une gestion d’urgence à une gestion de l’itinérance. »
Malgré ce constat, les organismes sont optimistes quant à l’engagement du prochain gouvernement. « Tout ce dont on a besoin, c’est d’un leadership clair, a lancé Marie Depelteau-Paquette, directrice générale de l’Alliance des corporations d’habitations abordables du territoire du Québec. On a tout ce qu’il faut [au Québec] pour répondre à la crise. »


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