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Le développement éolien de la zone Wocawson, au sud-ouest du Bas-Saint-Laurent, se met en branle sur le terrain, près de deux ans après son annonce par Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est. Sept mâts de 80 mètres pour mesurer la force et la température des vents sont en installation afin de planifier ce qui pourrait devenir le plus grand parc éolien dans l’Est-du-Québec, d’une capacité de 1000 MW.
Cette prospection se fait sur des terres publiques, à près d’une heure de route du cœur du village de Mont-Carmel, au Kamouraska, sur un chemin cahoteux qui mène près du lac de l’Est et de la frontière américaine. Sur place, une dizaine de travailleurs sont à l'œuvre, hissant l’un des mâts qui fournira les données nécessaires pour préciser l’emplacement des futures éoliennes.
Pour installer chaque mât de façon sécuritaire, une superficie d’un peu plus d’un hectare (10 000 m2) doit être déboisée. Ce sont des mâts qui sont là de façon temporaire, donc ils vont être là pour un an, deux ans, le temps qu’on fasse la configuration du parc éolien […] ensuite on les démantèle et on revégétalise le sol, explique la porte-parole d’Hydro-Québec, Ariane Doucet-Michaud.
En plus de ces sept nouveaux mâts, Hydro-Québec a acheté les données recueillies par quatre autres mâts, installés au cours des années passées par d’autres promoteurs.

Des mâts comme celui-ci permettent d'évaluer le potentiel éolien d'un site, et de déterminer plus précisément les endroits où seront implantées les éoliennes. Des vents d’une vitesse moyenne annuelle de six mètres par seconde sont requis pour envisager le développement d’un parc éolien.
Photo : Gracieuseté d'Hydro-Québec
Le territoire qui est autour du lac de l’Est est étudié depuis une dizaine d’années, si c’est pas plus, par différents promoteurs privés. C’est une zone qui est connue pour avoir un fort potentiel éolien, précise la porte-parole.
Ce fort potentiel pourrait se traduire par l’ajout de 140 à 160 éoliennes dans la zone Wocawson. Toutefois, Hydro-Québec insiste : pour l’instant, aucune décision n'a été prise quant au nombre ou à l'emplacement d'éventuelles éoliennes.

Bien que la zone étudiée pour l'implantation d'un parc éolien soit large, il n'y aura pas d'éoliennes dans le pourtour direct du lac de l'Est, dont le territoire a été mis en réserve en 2023 afin d'en faire une aire protégée. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Un paysage appelé à changer
La zone Wocawson est située principalement en forêt, dans un secteur comptant peu de résidences. La concrétisation d’un grand parc éolien – et de la ligne haute tension qui sera construite pour transporter l’électricité – nécessitera de déboiser d'importants secteurs. Chaque éolienne nécessite une zone dégagée d’un hectare pendant la période de construction; la moitié moins en période d’exploitation.
Quant à la ligne haute-tension de 315 kV, qui passera dans le même secteur, une emprise de 70 mètres de largeur est nécessaire.

La zone étudiée pour l'implantation d'éoliennes (en jaune) couvre une superficie de 700 km2. Sur ce territoire se trouve aussi la pourvoirie Baronnie de Kamouraska et la ZEC Chapais. Le territoire du lac de l'Est n'accueillera pas d'éoliennes, puisqu'il a été mis en réserve pour devenir une aire protégée.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Rochette-Bériau
Les administrateurs de la ZEC Chapais, qui couvre plus de la moitié de la zone Wocawson, ont manifesté publiquement leurs inquiétudes face à ces projets. En attente d’une rencontre avec Hydro-Québec, ils ont préféré ne pas accorder d’entrevue pour le moment.
La société d’État indique pour sa part qu’un processus de concertation a été mis en place avec la ZEC, le Conseil régional de l’environnement, l’Union des producteurs agricoles et l’organisme de bassin versant qui gère le secteur. Certaines modifications auraient déjà été apportées au tracé de la ligne haute-tension et une nouvelle carte devrait être dévoilée cet automne.
Nous on peut avoir une lecture avec nos cartes, avec notre analyse, mais quand on arrive avec une discussion avec les gens sur le terrain, ça nous a permis de travailler des optimisations, fait valoir Ariane Doucet-Michaud.

Selon le maire de Mont-Carmel, les échanges avec Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est se passent bien. Une rencontre citoyenne avait notamment été organisée en décembre 2025 pour discuter du projet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Le maire de Mont-Carmel, Denis Lévesque, dit pour sa part surveiller le projet de près. On est en discussion régulièrement avec Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est.
On est favorable au projet, mais on ne veut pas avoir un projet qui se fait n’importe comment, on veut que nos préoccupations soient prises en compte.
Le maire souhaite entre autres limiter les impacts des éoliennes autour du lac de l’Est et sur le territoire de la pourvoirie du Mont-Carmel, dont les 65,2 km2 se trouvent presque entièrement dans la zone Wocawson.
Un comité citoyen est d’ailleurs en train d'être mis sur pied, en collaboration avec la Municipalité, pour assurer le suivi du projet et répondre aux questions des résidents. On a des gens qui sont plus défavorables, des gens qui sont plus favorables, donc c’est un mix de tout le monde pour avoir une vision un peu plus commune, explique le maire.

Les mâts de vents sont installés de façon temporaire. Ils doivent rester sur place quelques années et être retirés une fois que les promoteurs auront recueilli les données nécessaires.
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
Parmi les cinq ententes annoncées par Hydro-Québec pour la création de mégaparcs éoliens, Wocawson est le projet le plus avancé derrière Chamouchouane, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Hydro-Québec prévoit dévoiler la première mouture de sa carte présentant l’emplacement des éoliennes de Wocawson à la fin de l’année 2026 ou au début 2027. La mise en service pourrait se faire en 2034. Le projet est porté par la société d’État et l’Alliance de l’énergie de l’Est, mais des négociations sont en cours avec l’entreprise québécoise Innergex, qui pourrait s’ajouter comme troisième partenaire à parts égales.


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