Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Macron serait un psychopathe amoral. Et alors ?

9 hour_ago 18

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Chronique signée Eric V.

Le psychiatre italien Segatori a diagnostiqué Emmanuel Macron "psychopathe amoral" sans jamais l'avoir examiné, et la thèse circule depuis dans tous les milieux qui espèrent enfin un dirigeant vertueux. Admettons qu'elle soit exacte. Le pire qui puisse arriver à l'Élysée, est-ce un psychopathe ou un vertueux ? Explications.

Qu'un magazine américain aujourd'hui disparu ait posté, à l'été 1964, 12.356 questionnaires à autant de psychiatres pour leur demander si le candidat républicain à la présidence était mentalement apte, et qu'il ait publié les réponses en couverture sous un titre de kermesse, voilà le genre de détail que l'histoire garde par distraction et qu'il faudrait pourtant relire chaque matin. 2.417 praticiens répondirent. 1.189 déclarèrent Barry Goldwater psychologiquement inapte à la fonction suprême. Aucun ne l'avait rencontré. Goldwater fit un procès, le gagna, et obtint un dollar de dommages compensatoires assorti de soixante-quinze mille dollars de dommages punitifs. La profession en tira une règle qui porte son nom : on ne diagnostique pas une personnalité publique qu'on n'a pas examinée.

Soixante ans plus tard, nous y sommes revenus. Autre pays, autre praticien, même questionnaire mental.

Pourquoi cette thèse a pris

Commençons par le plus honnête, qui est de comprendre pourquoi la thèse de Segatori a séduit tant de lecteurs sérieux plutôt que de le leur reprocher.

Elle a pris parce qu'Emmanuel Macron est massivement impopulaire, et qu'il l'est depuis longtemps — 22 % d'opinions favorables au baromètre Odoxa, un plancher jamais atteint depuis 2017 et dont la cote n'est jamais vraiment remontée. Quand un pays en vient à détester un homme à ce point, il cherche une explication à la hauteur de son sentiment. Le diagnostic clinique la lui fournit : il transforme une exaspération politique en fait médical, et donne à la colère la dignité d'un savoir.

Pourquoi l’incendie en Gironde immole Macron et le macronisme tout entier

L’incendie de Gironde ne brûle pas que des pins : il consume la mythologie du mérite individuel sur laquelle le macronisme s’est bâti. Analyse d’une immolation.

Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Quand le petit bourgeois Macron se raconte une vie de chef de guerre

Sommet guerrier, défilé européen : derrière la coalition des volontaires, le bovarysme d’une génération sans épreuve qui se rêve un destin de chef de guerre.

Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Or cette impopularité a des causes que nous documentons ici depuis des années, et qui n'ont rien de psychiatrique. J'écrivais dès juin 2019 que ce pouvoir reposait sur une base sociale étroite — une bourgeoisie mêlant progressisme cosmétique et conservatisme économique sans état d'âme — et en avril 2022 que le macronisme fonctionnait moins comme une doctrine que comme une appartenance, avec ses dogmes, ses hérétiques et son mépris du peuple tenu pour arriéré.

Il faut nommer précisément ce qui fait le fond de cette exaspération. Le macronisme n'a jamais proposé de vision de la société : il a proposé une morale du parcours individuel. Ceux qui réussissent le doivent à leur mérite ; ceux qui échouent n'ont qu'à traverser la rue. C'est une philosophie de bon élève, une métaphysique de dossier de candidature, où la société n'est plus qu'un décor devant lequel des individus se distinguent.

Et voilà où je veux en venir, parce que c'est le nœud de l'affaire. Ceux qui exècrent le macronisme lui répondent sur son propre terrain. À l'éloge du mérite personnel, ils opposent l'exigence de la vertu personnelle. Au « il a réussi parce qu'il le valait », ils répondent « il gouverne mal parce qu'il est malade ». Même grammaire, même réductionnisme, même croyance que le sort d'un pays se joue dans la qualité intérieure de quelques hommes.

Macron est haï... Mais a-t-il vraiment le pouvoir qu’on lui prête ?

En 1962, De Gaulle promettait aux Français d’élire l’homme qui décide. Soixante ans après, le contrat s’avère léonin : le pouvoir a déménagé sans laisser d’adresse.

Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Le macronisme explique la société par le mérite de ceux qui montent. Son adversaire l'explique par la pathologie de celui qui règne. Personne ne regarde le poste.

Le diagnostic psychiatrique

Le psychiatre s'appelle Adriano Segatori. Il exerce du côté de Trieste, appartient à la section de psychiatrie légale de l'Académie italienne des sciences forensiques et publie des essais politiques. En mai 2017, quelques jours après la première élection d'Emmanuel Macron, il livre à la presse italienne — Il Giornale, puis Libero — un portrait clinique du nouveau président, qu'il reprend presque mot pour mot pendant la campagne de 2022, où FranceSoir et une constellation de sites anti-macronistes (plus ou moins sincères, au demeurant) le portent jusqu'au lectorat français.

La thèse tient en trois temps. Une étiologie : une allégation sur l'adolescence du président, dont je précise aussitôt qu'elle n'est établie par rien et que je ne reprendrai donc pas. Trois paradigmes : absence de limites, sentiment d'omnipotence contracté dans l'enfance, narcissisme que Segatori qualifie de malveillant. Un tableau clinique enfin — charme superficiel, absence de culpabilité, cynisme, capacité de mimétisme hors du commun.

Et un avertissement, qui est la partie solide du propos : le psychopathe n'est pas un malade. C'est un sujet brillant, fonctionnel, socialement performant, qui finit soit en cour d'assises, soit à la tête d'une banque ou d'un État — la seconde carrière faisant infiniment plus de dégâts que la première. Sur ce point, Segatori ne dit rien que la littérature spécialisée n'établisse depuis longtemps.

L'exigence que nous réclamions aux autres

Restons factuels sur ce qui manque à cette thèse, sans en rajouter.

Elle n'a pas fait l'objet d'une publication scientifique, n'a pas été soumise à des pairs, n'a pas connu de contradiction organisée. Son auteur ne s'en cache pas : il travaille à partir d'une biographie et de photographies, jamais d'un examen. Et sa première pierre — l'allégation sur l'adolescence — n'est étayée par aucune source vérifiable, alors que tout le reste en découle.

Aucun de ces manques ne prouve que Segatori se trompe. Ils établissent seulement que nous n'en savons rien, et que personne, en l'état, ne peut le savoir. C'est exactement ce que dit la règle Goldwater : non pas que les diagnostics à distance sont faux, mais qu'ils ne sont pas vérifiables. Ce n'est pas la même chose, et cela suffit largement.

Mais il faut aller plus loin, et c'est à nous que je m'adresse. Ceux qui ont diffusé cette thèse en 2022 sont, pour beaucoup, exactement ceux qui réclamaient deux ans plus tôt, avec raison et souvent avec courage, qu'on ne fît pas de politique sanitaire sans données publiées, sans protocole consultable, sans revue par les pairs. Nous avons demandé des essais randomisés, exigé des conflits d'intérêts déclarés, répété que l'autorité d'un titre ne remplace pas une démonstration — et nous avions raison de le dire.

Puis un psychiatre italien a dit du mal de Macron, et l'exigence est tombée d'un coup. Pas de publication, pas de pairs, pas d'examen : reprise immédiate. La rigueur que nous réclamions aux institutions, nous nous en sommes dispensés dès qu'un raccourci nous arrangeait.

Ce n'est pas une accusation, c'est une pente, et je ne suis pas sûr d'y avoir toujours résisté moi-même. Mais une exigence à géométrie variable n'est plus une exigence : c'est une arme, et elle finit toujours par se retourner contre celui qui la manie. Nous nous sommes battus pour le droit de vérifier. Il serait dommage de n'en faire usage que contre nos adversaires.

Et alors ?

Admettons pourtant. Admettons Segatori exact, le diagnostic fondé, le président de la République dépourvu de sens moral, insensible à la culpabilité, doué pour la manipulation. Qu'en conclure ?

Rien, ou presque. Et c'est là que le débat français devient intéressant, parce qu'il bute sur une distinction que nous avons cessé de prôner : celle entre la vertu de l'homme et la vertu du gouvernant.

Machiavel l'avait posée le premier, et on l'en punit encore : le prince doit apprendre « à pouvoir n'être pas bon ». Ce n'est pas un éloge du crime, c'est un constat de métier — les qualités de l'honnête homme privé ne sont pas transposables à qui répond du sort de tous.

Mais c'est Max Weber, dans la conférence de 1919 sur le métier de politique, qui a donné la formulation dont nous ne sommes jamais sortis. Il y oppose deux morales également honorables et parfaitement incompatibles. L'éthique de conviction : j'agis selon la pureté de mon intention, et je laisse au monde le soin des conséquences. L'éthique de responsabilité : je réponds des effets prévisibles de mes actes, y compris de ceux que je n'ai pas voulus.

Et Weber ajoute la phrase qu'on ferait bien de graver au fronton de nos écoles d'administration : puisque la politique opère avec le monopole de la violence légitime, quiconque y entre passe contrat avec des puissances diaboliques. Les trois qualités qu'il exige du politique — la passion, le sens des responsabilités, et ce qu'il nomme le coup d'œil, cette distance aux hommes et aux choses — ne comportent, on le remarquera, aucune mention de la bonté.

Distinguons donc trois choses que le débat français mélange avec un entrain de brocante. La moralité privée d'un dirigeant : sans effet démontrable sur la qualité de son gouvernement, dans un sens comme dans l'autre. La probité dans la fonction — ne pas voler, ne pas vendre une décision, ne pas mentir sur un fait vérifiable : indispensable, mais ce n'est pas une vertu, c'est la condition minimale pour que la machine tourne. Et les vertus proprement politiques, qui ne ressemblent en rien à ce qu'on réclame sur les plateaux : le courage de l'impopularité, la capacité de changer d'avis devant un fait, la disposition à rendre le pouvoir quand on l'a perdu. Cette dernière est la seule qui compte vraiment. C'est aussi la seule qu'aucun examen préalable ne permet de vérifier.

Ce que le poste exige

Allons plus loin, car la disjonction n'est pas seulement permise : je la crois requise.

Regardons froidement ce qu'on demande à un chef d'État français. Il détient la force de dissuasion, c'est-à-dire qu'il doit être crédible dans sa menace de tuer plusieurs millions d'innocents. Non pas capable de le faire : crédible — ce qui suppose que l'adversaire le croie prêt à le faire. Cette crédibilité est la clé de voûte de notre défense depuis soixante ans, elle fait l'objet d'un consensus républicain complet, et elle exige un homme dont personne ne doute qu'il puisse signer. Un scrupuleux ne dissuade pas : il rassure l'ennemi.

Descendons d'un cran. Un arbitrage budgétaire décide, en pratique, quels malades attendront et lesquels seront soignés à temps. Une décision de maintien de l'ordre expose des corps. Un refus de grâce laisse un homme mourir en prison. Ces actes ne sont pas des accidents du métier : ils en sont la matière ordinaire. Ils supposent la faculté d'infliger un mal réel à des personnes réelles, et de dormir ensuite.

J'en tire une hypothèse que je livre comme telle, et non comme une loi : je suppose qu'un État moderne, précisément parce qu'il décide de presque tout, ne peut pas être dirigé longtemps par quelqu'un que ces actes empêcheraient de dormir. Non que la fonction rende amoral — mais elle écarte, en amont, doucement, sans jamais le dire, ceux que la nausée arrête. Ce n'est pas une corruption des caractères. C'est un tri. La fonction ne fabrique pas ses hommes : elle les recrute.

Et si le tri existe, demander si tel titulaire est psychopathe devient à peu près aussi éclairant que de s'étonner que les nageurs de fond aient de larges épaules.

Le sauveur que nous réclamons

Reste le plus désagréable, et c'est pour nous.

Car enfin, que demandons-nous ? Des dirigeants vertueux, authentiques, « comme nous ». Et dans le même souffle, parfois dans la même phrase : un homme qui fasse le ménage, qui tape du poing sur la table, qui ait le courage de trancher — quelqu'un qui impose enfin ce que la délibération n'obtient pas. Nous voulons, en un mot, un sauveur.

Or un sauveur n'est pas un homme vertueux. C'est un homme sans hésitation. Personne, jamais, n'a réclamé dans les urnes un président scrupuleux qui doute, qui nuance, qui repousse la décision faute d'éléments. Cette prudence-là, nous l'appelons de la mollesse, et nous la punissons au premier tour.

Il y a plus retors encore. L'authenticité que l'on réclame avec tant d'ardeur n'est pas une vertu : c'est une propriété de forme, la coïncidence du moi montré et du moi éprouvé, qui ne dit rien du contenu. Et comme elle ne se prouve que par des signes, elle est la seule qualité qu'un bon acteur puisse contrefaire intégralement. Pis : celui qui n'éprouve aucun conflit intérieur paraîtra toujours plus authentique que l'homme de conscience, puisqu'il n'a rien à dissimuler. Les cliniciens qui travaillent sur l'échelle de psychopathie le savent depuis longtemps : la sincérité perçue y est un symptôme, pas un démenti. Nous avons inventé un critère qui avantage mécaniquement le profil que nous prétendons chasser.

Bertrand de Jouvenel avait vu l'essentiel dans Du Pouvoir : le Pouvoir ne grandit pas contre la société, il grandit parce qu'elle le lui demande, et chaque extension lui a été réclamée par ceux-là mêmes qui la déplorent ensuite. Nous ne subissons pas le profil de nos dirigeants. Nous passons commande.

Robespierre, Savonarole

Supposons enfin qu'on nous exauce, et qu'un homme réellement vertueux prenne les commandes d'un État qui décide de tout. Est-ce rassurant ?

L'histoire a déjà répondu deux fois, et les deux réponses dorment dans des manuels que nous ne relisons plus.

Savonarole gouverne Florence de 1494 à 1498. C'est un authentique ascète : il ne vole rien, ne convoite rien, vit pauvrement, prêche contre la corruption des puissants avec une sincérité que même ses ennemis ne lui ont jamais contestée. Il fait brûler sur la place publique les livres, les tableaux, les miroirs et les parfums — le bûcher des vanités. Il finit pendu puis brûlé au même endroit. Rien dans cet homme ne relevait du cynisme : tout relevait de la conviction.

Robespierre était surnommé l'Incorruptible, et il méritait ce surnom au sens propre : il est mort sans fortune. C'est ce même homme qui expliquait, en février 1794, sans la moindre gêne, que la vertu sans la terreur est impuissante et la terreur sans la vertu funeste. Ce n'était ni une contradiction ni un dérapage : c'était une conséquence. Qui détient le bien n'a plus de raison de s'arrêter, puisque tout ce qui le contrarie est du côté du mal.

Voilà le paradoxe que Weber avait pointé et qu'il faut avoir le courage de tenir : aux commandes, l'homme de pure conviction est plus dangereux que le cynique. Le cynique transige, s'arrête là où le rapport de force l'arrête ; il a besoin de complices, et les complices se lassent. Le vertueux ne rencontre aucune limite dans sa conscience, puisqu'elle l'approuve. Je suppose que c'est là ce que redoutaient, sans toujours savoir le dire, les auteurs des vieilles constitutions libérales : non pas les scélérats, dont on se protège, mais les convaincus, dont on ne se protège pas.

Un président amoral vous prend votre argent. Un président vertueux veut votre âme.

Dernier mot

J'écrivais ici même, il y a quelques jours, à propos d'un incendie girondin et de citernes refusées, que remplacer les titulaires ne change jamais rien parce que c'est l'habit qui parle, pas la main. Le cas est ici plus radical encore.

Sophie Brocas, ou le corps préfectoral contre l’ordre spontané des Français

Parcours atypique, réflexe conforme : ce que le non de la préfecture de Gironde aux agriculteurs volontaires doit à Hayek — et ce qu’il dit du corps préfectoral.

Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Si le poste sélectionne, la seule stratégie qui n'ait jamais rien donné est celle que nous répétons à chaque élection : chercher l'homme droit, l'homme vrai, l'homme neuf. Nous l'avons cherché sous cinq Républiques et une quinzaine de régimes, et nous avons trouvé chaque fois l'homme que le poste appelait — la déception qui suit faisant désormais partie du calendrier, aussi régulière que les giboulées.

La seule voie qui reste est l'autre. Ne pas changer le personnel : réduire ce qu'il peut faire. Rendre à l'ajustement des personnes ce que la décision centrale leur a pris — ce que Hayek appelait le kosmos, cet ordre que nul n'a conçu et qui fonctionne mieux que ceux qu'on dessine. Non parce que les individus seraient plus vertueux que les gouvernants : ils ne le sont pas, et il n'y a aucune raison de le croire. Mais parce qu'un homme sans scrupule qui décide pour lui-même ne nuit qu'à lui-même, tandis qu'un homme sans scrupule qui décide pour soixante-huit millions de personnes dispose d'un levier que rien, dans son caractère, ne viendra freiner.

Alors Macron serait un psychopathe amoral. C'est possible ; je n'en sais rien, et ceux qui l'affirment n'en savent rien non plus, même s'ils prennent des airs vertueux et authentiques pour faire croire le contraire. Mais si nous obtenons ce que nous réclamons — cet homme sincère, vertueux, entièrement d'accord avec lui-même, décidant de 57,3 % de nos vies —, nous regretterons peut-être le cynique. On négocie avec un homme qui veut sa carrière. On ne négocie pas avec un homme qui a raison.

La question utile n'est donc pas de savoir qui nous mettrons à la tête de l'État. Elle est de savoir combien de notre vie nous continuerons d'y déposer.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway