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Washington promettait une victoire rapide ; les électeurs ont surtout reçu une facture à la pompe.
Selon une enquête AP-NORC publiée fin juillet, 64 % des adultes américains estiment que la guerre contre l’Iran ne valait pas la peine d’être menée. Seuls 33 % pensent le contraire.
Le désaveu touche directement la Maison-Blanche : à peine 28 % des personnes interrogées approuvent la manière dont Donald Trump gère le dossier iranien, contre 34 % en juin. Même le camp républicain commence à perdre patience. Le soutien à la stratégie présidentielle y est passé de 71 % à 61 % en un mois.
La guerre éclair s’est installée pour cinq mois
Le conflit, commencé le 28 février 2026, devait être rapide, décisif et naturellement victorieux, comme toutes les guerres américaines au moment où elles sont annoncées. Cinq mois plus tard, les frappes continuent, les négociations piétinent et personne ne sait réellement comment Washington compte sortir du piège.
D’après l’Associated Press, 18 militaires américains ont déjà été tués depuis le début des hostilités. Les images de Donald Trump accueillant les dépouilles de quatre soldats à la base aérienne de Dover ont ramené la guerre à domicile. Les opérations impériales sont toujours plus agréables lorsqu’elles restent suffisamment loin pour être regardées entre deux publicités.
À la pompe, le patriotisme devient plus difficile
L’autre front se trouve dans les stations-service. Le pétrole a dépassé les 100 dollars le baril et le gallon d’essence a franchi en moyenne les quatre dollars aux États-Unis, soit environ 1,06 dollar le litre. Désormais, 40 % des Américains décrivent le prix du carburant comme une source majeure de stress, contre 27 % avant le déclenchement de la guerre.
Pour 72 % des sondés, empêcher la hausse des prix du pétrole et de l’essence constitue un objectif prioritaire de la politique étrangère américaine. Une proportion légèrement supérieure à celle des personnes considérant comme essentiel d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
Le message adressé à Washington manque peut-être de grandeur impériale, mais il est compréhensible : entre défendre les intérêts stratégiques d’Israël et remplir le réservoir de leur voiture, les Américains ont commencé à faire leurs comptes.
Seuls 23 % veulent poursuivre les attaques
L’appétit pour la guerre s’effondre également lorsqu’il est demandé aux Américains ce que leur pays devrait faire maintenant. Seuls 23 % souhaitent poursuivre les opérations militaires. Une proportion identique réclame leur arrêt complet, tandis que 30 % préfèrent suspendre les frappes et négocier un nouveau cessez-le-feu.
Environ sept personnes sur dix jugent désormais très important de parvenir à un accord permanent avec Téhéran. Après cinq mois de missiles, de pertes humaines et de déclarations contradictoires, la diplomatie retrouve donc quelques vertus.
Donald Trump avait promis de fermer le chapitre des « guerres sans fin ». Il en a simplement ouvert un nouveau, avec le même scénario : une menace présentée comme existentielle, une victoire annoncée avant la première bombe, puis des soldats morts, une économie secouée et aucune porte de sortie clairement indiquée.
À quelques mois des élections de mi-mandat, les Républicains devront maintenant expliquer pourquoi « America First » exigeait d’envoyer des militaires mourir à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux. L’empire avait promis la paix par la force. Les électeurs américains voient surtout la force, beaucoup moins la paix.


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