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Si les nappes phréatiques se rechargent activement «avec 77% des niveaux en hausse», le BRGM prévient que la pluie n’est pas efficace sur tous les sols. Et que de nombreux évènements peuvent leur faire perdre leurs réserves.
La France est sous l’eau et connaît sa période de précipitations la plus longue et inédite depuis le début des mesures en 1959. Ce lundi 23 février, Météo-France a enregistré 40 jours de pluie consécutifs sur l’Hexagone. De nombreux fleuves et rivières sont sortis de leur lit ces derniers jours et la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent jusqu’à demain au niveau maximal de vigilance pour les crues.
Les nappes phréatiques, dont l’état était globalement favorable lors du relevé mensuel publié le 1er février par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), sont nombreuses à se recharger en ce moment. «La recharge des nappes phréatiques est très active avec 77% des niveaux en hausse. La situation globale s’améliore et est satisfaisante avec 47% des points d’observation au-dessus des normales mensuelles», annonce le BRGM dans un point de situation publié le 18 février en raison des crues, en recensant les données observées sur les piézomètres au 15 février.
Pluies «pas toujours efficaces» pour les nappes
Pourtant, l’importante quantité d’eau qui s’est accumulée notamment dans le Sud-Est ne garantit pas aux plantes et habitants un été à l’abri de la sécheresse. «Le fait qu’on ait des crues actuellement ne signifie pas qu’on n’aura pas de sécheresse cet été», indique Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central Vigicrues, à l’AFP. Elle rappelle qu’en 2022, des inondations de la Garonne en hiver avaient été suivies en été par une des sécheresses les plus importantes dans le Sud-Ouest.
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On distingue plusieurs formes de sécheresse : celle liée au déficit de pluie, celle qui touche les sols, ou encore celle qui affecte les cours d’eau et les nappes phréatiques, appelée sécheresse hydrologique. Le BRGM, qui évalue le niveau des nappes, reste prudent dans ses prévisions malgré l’amélioration actuelle.
Et pour cause : «les pluies (tombées ces dernières semaines, NDLR) n’ont pas toujours été très efficaces pour les nappes», précise le service national géologique, citant l’exemple du nord-est et du Jura, où les premières pluies ont d’abord permis d’humidifier les sols, après trois mois de sécheresse, avant de réussir à s’infiltrer en profondeur. «Les précipitations intenses sur un temps court ont souvent saturé les sols, favorisant le ruissellement (et donc les crues, NDLR) au détriment de l’infiltration», s’explique le BRGM.
Prévisions «incertaines»
Les nappes phréatiques sont catégorisées selon qu’elles sont réactives, avec des réactions rapides et un état de remplissage qui peut varier très rapidement au cours d’une même saison, ou qu’elles sont «inertielles», avec des réactions plus lentes. Les nappes inertielles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Pour celles-ci, les prévisions à la sortie de l’hiver sont «plutôt favorables», mais des incertitudes relatives à la fin de la période de recharge subsistent et les prévisions pour l’été 2026 sont plus incertaines. Dans le détail, les niveaux «restent satisfaisants, de modérément bas (Bas Dauphiné et Champagne) à modérément haut (Beauce)», mais «quelques niveaux bas à très bas perdurent au nord de la Champagne.»
Concernant les nappes réactives affichant des niveaux excédentaires (Corse, moitié sud de l’Hexagone et Massif armoricain), «les prévisions saisonnières sont optimistes», indique le BRGM dans son dernier bulletin. Et de préciser : «Mais elles demeurent incertaines à plus long terme car dépendantes des cumuls pluviométriques de la fin d’hiver et du printemps». Elles seront en effet primordiales pour conserver des niveaux au-dessus des normales le plus tardivement possible, puisque en cas de sécheresse prolongée et intense, les nappes réactives peuvent se vidanger en quelques semaines seulement.
Précipitations printanières reprises «par la végétation»
«Les situations devraient cependant être plus favorables sur le Roussillon et le Languedoc que les quatre étés précédents», marqués par de graves sécheresses, précise le BRGM. Pour le moment, Météo-France ne privilégie aucun scénario pour les précipitations dans ses tendances à trois mois (février-avril). Ces dernières seront cruciales au printemps pour déterminer l’état des nappes réactives, qui risquent en effet de se vider précocement en cas de forte chaleur et/ou s’il ne pleut pas assez.
Jusqu’à l’automne, le niveau des nappes devrait continuer à baisser, car les précipitations «seront principalement reprises par la végétation et ne s’infiltreront que peu en profondeur», explique le BRGM. Et les prélèvements pour l’agriculture ou le tourisme, concentrés sur la période estivale, n’arrangent généralement pas la situation.


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