Récemment, un magazine a publié une infographie listant de nombreux pays en fonction de leur production d’énergie et de leur consommation. Certains produisent beaucoup plus qu’ils ne consomment, tandis que d’autres dépendent beaucoup des importations. Quels sont les pays produisant beaucoup plus que leurs besoins ? Quels sont ceux largement dépendants des importations ?
Comment mesurer les déficits et surplus énergétiques des pays ?
En règle générale, les pays ne se trouvent pas sur un pied d’égalité en ce qui concerne les ressources et évidemment, l’énergie ne fait pas exception. Le 16 juin 2026, le magazine Visual Capitalist a publié une infographie reprenant des données de l’Agence d’information sur l’énergie des Etats-Unis (EIA) de 2024. Le document est une carte du monde présentant 139 pays, certains présentant une production dépassant largement leurs besoins et d’autres, une production qui ne suffit pas à se passer des importations.
Les déficits et surplus énergétiques sont mesurés en quadrillions d’unités thermiques britanniques (BTU) – le « Quad », dans le jargon du secteur de l’énergie. Il s’agit d’une unité de mesure de l’énergie géante que l’on utilise pour quantifier la production et la consommation d’énergie à l’échelle de pays entiers ou de la planète. A titre de comparaison, un Quad est équivalent à 293 milliards de kilowattheures (kWh) d’électricité ou encore, 172 millions de barils de pétrole.
La Russie et la Chine aux extrêmes opposés
Au sommet du classement, nous retrouvons la Russie. Ce pays a produit 26 quadrillions de BTU de plus qu’elle n’en a consommé en 2024, soit le plus important excédent au monde. Il faut dire que la Russie reste aujourd’hui l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole, de gaz naturel, de charbon et d’énergie nucléaire. Ainsi, le pays produit beaucoup plus d’énergie que la quantité relative aux besoins de son économie nationale.
Assez loin derrière, se trouvent l’Arabie Saoudite (+15,1), l’Australie (+11,9), le Canada (+10) et les Etats-Unis (+9). Il faut dire la grande majorité des pays présentant un surplus énergétique se situe au Moyen-Orient et sur le continent américain. En Asie, l’un des seuls bons élèves est l’Indonésie (+8,8) et en Europe, seule la Norvège (+8,3) se distingue. Ailleurs, mention bien pour certains pays tels que le Kazakhstan (+4,2), l’Algérie (+3,6), le Nigeria (+3,1), l’Angola (+2,4) et l’Azerbaïdjan (+2).
Du coté des pays en déficit énergétique et dépendant massivement des importations, la Chine présente le plus lourd bilan car son déficit se chiffre à -39,8 quadrillions de BTU. Ce pays est précédé par d’autres grandes économies comme l’inde (-15,1), le Japon (-13,7), la Corée du Sud (-10,3), ou encore l’Allemagne (-7,1).
Crédit : Visual Capitalist / U.S. Energy Information Administration (EIA)
Pourquoi certaines grandes économies présentent-elles un tel déficit ?
Il faut savoir que le bilan énergétique d’un pays dépend de sa capacité de production mais également, de ses moyens de consommation. Or, si les pays riches en ressources naturelles présentent sans surprise d’importants surplus, la géographie n’explique évidemment pas tout. En effet, d’autres paramètres peuvent avoir une grande influence. Citons notamment la structure industrielle du pays et la taille de sa population. Il est donc logique que la Chine, au regard de son énorme population et de son tissu industriel énergivore, présente un déficit énergétique abyssal.
Évoquons aussi les politiques gouvernementales dont les effets peuvent influer sur le statut d’un pays, notamment sa propension à être importateur ou exportateur d’énergie. Ceci nous amène à mentionner l’Allemagne, ayant fait des choix idéologiques (abandon du charbon et du nucléaire) et géopolitiques. Le Japon est dans un cas assez similaire, car sa volonté de tout miser sur le nucléaire afin de délaisser les énergies fossiles a subi un coup d’arrêt monumental après la catastrophe de Fukushima en 2011, malgré un récent retour.


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