La machine LM26 de General Fusion a plus que triplé la température de son plasma par simple compression mécanique, atteignant 8,4 millions de degrés Celsius. Pas de lasers géants, pas d’aimants supraconducteurs massifs — une approche radicalement différente des grands projets de fusion actuels, avec des résultats préliminaires soumis à évaluation par les pairs.
Ce que vous allez apprendre
- En quoi la fusion par cible magnétisée diffère fondamentalement des approches ITER ou du National Ignition Facility
- Quels résultats précis LM26 a obtenus et à quelle distance se trouve-t-il des conditions de fusion réelles
- Pourquoi l’absence de contamination par le revêtement en lithium est un résultat significatif en soi
Une troisième voie vers la fusion nucléaire
La fusion nucléaire est généralement associée à deux approches dominantes : les tokamaks comme ITER, qui utilisent d’immenses aimants supraconducteurs pour confiner le plasma, et les systèmes à laser comme le National Ignition Facility américain, qui compriment le plasma par impulsions lumineuses ultraintenses. General Fusion, entreprise basée à Vancouver, emprunte une troisième voie.
Sa technologie de fusion par cible magnétisée (MTF) forme d’abord un plasma magnétisé, puis le comprime mécaniquement à l’aide d’une enveloppe en lithium métallique liquide. La compression augmente simultanément la température et la densité du plasma, cherchant à atteindre les conditions nécessaires aux réactions de fusion sans les infrastructures colossales des approches concurrentes.
Crédit : General FusionLM26 : des résultats préliminaires encourageants
La machine Lawson 26 (LM26), en service depuis 2025, est la première démonstration MTF construite à une échelle que General Fusion qualifie de commercialement pertinente — avec un diamètre environ deux fois inférieur à celui d’une future usine commerciale.
Lors de ses dernières expériences, LM26 a atteint une température électronique du plasma d’environ 0,72 keV, soit 8,4 millions de degrés Celsius — plus du triple de la température avant compression. La densité du plasma et l’intensité du champ magnétique poloïdal ont chacune été multipliées par dix pendant la compression. Les diagnostics — diffusion Thomson et mesures AXUV — ont confirmé ces résultats avec une incertitude de ±0,08 keV.
Un indicateur supplémentaire : une augmentation du rendement neutronique a été observée pendant la compression, signe que des réactions de fusion se produisaient effectivement au sein du plasma. General Fusion précise que ces résultats sont préliminaires et soumis à évaluation par les pairs, et qu’aucune production nette d’énergie n’a été obtenue.
Stabilité et absence de contamination au lithium
Un résultat technique notable : la machine est restée stable en phase de compression avancée, sans contamination significative provenant du revêtement en lithium. Ce type de contamination est considéré depuis longtemps comme un obstacle potentiel majeur pour les systèmes de fusion utilisant du lithium liquide en contact avec le plasma.
Les résultats expérimentaux correspondent étroitement aux modèles informatiques de l’entreprise — un signe encourageant pour la fiabilité des prévisions sur les performances futures.
La route vers les conditions de fusion réelles
L’objectif immédiat est d’atteindre 1 keV, soit environ 10 millions de degrés Celsius. Puis 10 keV. Et finalement le critère de Lawson — le seuil technique définissant les conditions d’une fusion soutenue productirice d’énergie nette. La machine actuelle se situe encore loin de ces objectifs, mais dans la direction attendue par les modèles.


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