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La romancière, qui a ouvert une ferme biologique dans les Vosges, dénonce les « mesures sans logique » du gouvernement par la réintroduction de certains pesticides.
Par Timothée Barnaud avec AFP

Wikimedia Commons / @ActuaLitté
L’autrice française Agnès Ledig, ici en 2018, a décidé de rendre sa Légion d’honneur après le vote de la loi d’urgence agricole.
Un « honneur » qu’elle affirme vouloir « garder ». La romancière à succès Agnès Ledig, qui élève des chèvres dans les Vosges, a décidé de renoncer à sa Légion d’honneur dans un geste de protestation à l’égard de la loi d’urgence agricole, qui autorise la réintroduction sous conditions de certains pesticides interdits.
« Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion », annonce l’autrice de Juste avant le bonheur, dans une lettre ouverte au président de la République, trois ans après avoir été médaillée.
« Voilà des années que je m’interroge face aux scandales sanitaires, aux catastrophes écologiques, à la faiblesse des décisions politiques devant l’urgence climatique », explique-t-elle dans cette lettre publiée ce dimanche 26 juillet sur sa page Instagram.
« Plus de 2 millions d’entre nous ont dit non à la loi Duplomb »
« La goutte de pesticides de la loi d’urgence agricole a fait déborder le vase de ma colère, de mon indignation », poursuit-elle, chargeant directement le président de la République : « Monsieur le Président, vous aviez promis de “make our planet great again”. À la place d’actions concrètes, efficaces, soutenues, durables, sont apparues des mesures sans logique. »
Agnès Ledig, qui se présente « en tant que maman de trois enfants, de sage-femme, et de paysanne désormais », s’oppose à la loi adoptée définitivement la semaine dernière par le Parlement, puis soumise par la gauche au Conseil constitutionnel.
« Plus de 2 millions d’entre nous ont dit non à la loi Duplomb [...] mais le pouvoir semble servir d’autres intérêts plus attirés par l’argent que par le vivant », dénonce la romancière, qui a ouvert une ferme biologique à Biffontaine, dans les Vosges.
« Prendre soin de notre maison Terre »
Agnès Ledig, qui a entamé sa carrière d’écrivaine à la suite du décès de son fils Nathanaël, victime d’une leucémie à l’âge de cinq ans, dit ne pas comprendre « comment un État républicain peut accepter que l’on retrouve des centaines de molécules chimiques dans le sang du cordon (ombilical) de ses enfants sans prendre des mesures urgentes et systémiques pour y remédier ».
Avant de conclure, pour justifier sa décision de rendre sa Légion d’honneur : « À ce titre, je préfère ne plus apparaître dans une liste dont certaines personnes titulaires de cette légion (grands patrons de groupes pétroliers par exemple) s’en prennent aux valeurs que je défends au quotidien […], à savoir prendre soin de notre maison Terre avant qu’elle ne brûle complètement. »
Numéro deux des ventes de livres en France en 2021, derrière Guillaume Musso, Agnès Ledig a été récompensée du prix Maison de la Presse en 2013.


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