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La police de Toronto interdit les manifestations dans certaines rues résidentielles

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La police de Toronto interdit les manifestations dans les quartiers résidentiels à proximité de l’angle de la rue Bathurst et de l’avenue Sheppard, à North York.

Ces derniers temps, l’intersection a été le théâtre de nombreuses manifestations propalestiniennes et pro-Israël.

Par courriel, la porte-parole Stephanie Sayer, de la police de Toronto, explique que les manifestations dans les rues près de l’intersection posent un risque inacceptable pour la sécurité publique. Ainsi, les manifestants ne pourront plus accéder aux rues résidentielles du secteur, précise Mme Sayer.

Les manifestations légales à l’intersection principale et le long de la rue Bathurst et de l’avenue Sheppard peuvent se poursuivre. Ceci est une réponse ciblée à des préoccupations particulières et une mesure raisonnée afin de réduire le risque d’escalade et de maintenir la sécurité publique.

La police de Toronto n’a pas précisé le rayon visé par cette interdiction. L’interdiction s’applique dans le quartier résidentiel entourant l’intersection, s’est contentée de dire Mme Sayer.

Le solliciteur général Michael Kerzner et le premier ministre Doug Ford en conférence de presse.

Le solliciteur général de l'Ontario, Michael Kerzner, a critiqué le travail des policiers quant aux manifestations dans les rues du secteur. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Elle a toutefois noté que les agents sur le terrain donneront des directives aux manifestants. Les manifestants qui ne respectent pas la nouvelle règle pourraient être arrêtés pour entrave au travail d’un agent de la paix.

Au mois de janvier, le solliciteur général de l’Ontario, Michael Kerzner, a critiqué le travail de la police de Toronto par rapport à une marche propalestinienne qui avait eu lieu dans une rue résidentielle tout près de l’intersection. Cette dernière se trouve dans la circonscription de M. Kerzner.

Le solliciteur général avait affirmé que la province avait fourni au service de police les outils requis pour répondre adéquatement à ce type d’événement et qu’il revient maintenant à la Ville de les mettre en application.

De sérieuses préoccupations

Par communiqué, l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) s’est dite préoccupée par la décision de la police de Toronto indiquant que celle-ci  soulève de sérieuses préoccupations quant aux violations des droits protégés par la Charte.

Selon l’ACLC, le service de police de Toronto n’a pas besoin d’imposer des interdictions générales à la liberté d’expression pour répondre à des activités illégales. Elle rappelle d’ailleurs que le Code criminel du Canada interdit notamment le harcèlement criminel, les menaces et la coercition.

 Le Code criminel confère déjà de vastes pouvoirs à la police, insiste Anaïs Bussières McNicoll, directrice des libertés fondamentales à l’ACLC.  Ces lois existent précisément pour protéger la sécurité publique et elles peuvent et doivent être appliquées au besoin, y compris lors de manifestations.

 Ce que fait le service de police de Toronto va beaucoup plus loin, ajoute-t-elle.  Il crée des zones interdites aux manifestations sur certaines rues, où tout manifestant propalestinien — aussi pacifique soit-il — peut être arrêté. Cette atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique est inacceptable.

L’espace public appartient au peuple. Une démocratie n’est plus saine si la police étouffe la dissidence pacifique et s’érige en arbitre des propos et des lieux de manifestation acceptables.

 Nous assistons à une montée de l’antisémitisme, de l’islamophobie et d’autres formes de haine qui menacent la cohésion de nos communautés, indique Howard Sapers, directeur général de l’ACLC.  La Charte ne protège pas la violence ni les menaces de violence. Mais elle protège la dissidence, la controverse et les propos que le gouvernement peut juger offensants ou impopulaires.

Bien que nous soyons profondément attachés à la construction d’une société plus inclusive et égalitaire, nous devons le faire sans compromettre les libertés qui définissent notre société, conclut-il.

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