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L’incendie de Fontainebleau a pu reprendre alors qu’il était « fixé », voici comment (et pourquoi c’est loin d’être fini)

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France 30/07/2026 15:04 Actualisé le 30/07/2026 16:22

Les feux ravageurs dans la forêt francilienne ont été déclarés fixés le 14 juillet, mais le combat contre les « points chauds » susceptibles de relancer les flammes se poursuit.

Comment l’incendie de Fontainebleau a pu reprendre alors qu’il était déclaré fixé (photo d’illustration d’un pompier intervenant dans la forêt le 16 juillet 2026).

LOU BENOIST / AFP

Comment l’incendie de Fontainebleau a pu reprendre alors qu’il était déclaré fixé (photo d’illustration d’un pompier intervenant dans la forêt le 16 juillet 2026).

EN BREF L’incendie de la forêt de Fontainebleau, déclaré « fixé » le 14 juillet après avoir ravagé plus de 2 000 hectares, a repris le 29 juillet, brûlant 6 hectares supplémentaires.
Les « points chauds » et la sécheresse rendent le risque de reprise élevé.
Les pompiers restent mobilisés, appuyés par un hélicoptère bombardier d’eau.

Le feu n’a malheureusement pas dit son dernier mot. Si les incendies historiques à Fontainebleau ont été déclarés fixés le 14 juillet après avoir atteint « plus de 2 000 hectares » en deux jours selon l’ONF, le risque de voir les flammes repartir est loin d’être exclu. C’est ce qu’a prouvé la reprise survenue le mercredi 29 juillet en fin d’après-midi et qui a pu être « fixée » la nuit suivante, grâce à l’intervention d’une centaine de pompiers.

Bilan de cette résurgence des flammes : « 6 hectares brûlés », a annoncé le directeur adjoint des pompiers du département, Sébastien Avenel, précisant qu’il ne s’agissait pas d’un « feu violent ». Pour autant, les autorités et les professionnels restent sur le qui-vive. « On maintient un gros dispositif cette nuit et demain », a annoncé à l’AFP le sous-préfet de Fontainebleau, Yannis Bouzar, joint par téléphone peu après minuit.

Il faut dire que le risque de voir un feu revenir était bien connu. Dès le 15 juillet, au lendemain seulement de la fixation de l’incendie historique, le porte-parole des sapeurs-pompiers, Éric Brocardi, mettait en garde sur RTL contre « les fumerolles mal éteintes » et « les souches incandescentes qui n’ont pas été suffisamment nettoyées et noyées ». Ces « points chauds » sont traqués et redoutés par les soldats du feu, car ils peuvent occasionner des reprises redoutables.

Des « points chauds » qui ressuscitent les flammes

Les neutraliser définitivement prend du temps : le feu de Landiras, qui avait ravagé le sud du bassin d’Arcachon en 2022, avait mis deux ans à être totalement éteint. L’incendie de Fontainebleau étant moins étendu, des professionnels interrogés après sa fixation évoquaient un délai de plusieurs semaines pour le « noyer », en continuant d’arroser le sol pour le refroidir en profondeur.

« Il s’agit d’une reprise de feu tout à fait prévisible et anticipée », a confirmé Yannis Bouzar à l’AFP, pointant « les conditions de sécheresse des sols » et « les conditions météorologiques défavorables ». Ces dernières avaient été « anticipées », assure le sous-préfet de Fontainebleau, qui déclare avoir demandé avant l’incident « un hélicoptère bombardier d’eau pour traiter ce genre de reprises ». « Il y en a quand même eu quatre en 48 heures », a-t-il glissé.

La question d’un retour des flammes s’était posée y compris dans les jours qui ont suivi la fixation du feu, comme en témoigne ce reportage diffusé au 20 Heures de France 2 le 16 juillet, qui montre des pompiers combattant une reprise. Sur les images, la forêt est enfumée par des dégagements de gaz émanant du sol, des souches et de la végétation. Ce sont les fameux « points chauds », qui finissent par laisser apparaître des flammes à proprement parler.

« Des reprises de feux peuvent toujours survenir »

Au micro du 20 Heures, le lieutenant Laurent Pollaert, qui travaille pour le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Haute-Savoie déployé sur place, avait rappelé l’importance de bien noyer les parcelles, surtout dans cette forêt au sol composé de tourbe – des végétaux en décomposition et du sable. « Il y a tout le temps un risque de reprise tant que ce n’est pas mouillé, pas gratté et pas vérifié, que ce soit par des drones avec des caméras thermiques » permettant de repérer les « points chauds », avait-il exposé face à la caméra de France 2.

De quoi pousser les autorités à rester vigilantes. Dans un communiqué repris ce jeudi par Le Parisien, la préfecture de Seine-et-Marne parle d’incendies « fixés », mais rappelle que « des reprises de feux peuvent toujours survenir » compte tenu de la « sécheresse », du « manque de précipitations » et de la « nature des sols du massif forestier ». Pour faire face, un groupe d’intervention du Sdis 77 – avec 18 sapeurs-pompiers de jour et 14 de nuit – sera mobilisé, affirme le journal francilien qui précise qu’ils seront épaulés d’un hélicoptère bombardier d’eau et d’équipes de l’ONF pour repérer les fumerolles.

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