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Des technologies s'appuyant sur l’intelligence artificielle (IA) peuvent aider à prévenir des rappels d’aliments, affirment des experts de l’industrie agroalimentaire. Qu’il s’agisse de détecter des aliments non conformes ou d’analyser une réglementation spécifique, des solutions de pointe sont disponibles pour détecter les risques avant même la mise en marché.
Les rappels alimentaires sont émis, pour la plupart, en réaction à des plaintes. Cependant, l'IA pourrait être utilisée pour rendre ce processus plus prédictif, explique Anubhav Pratap-Singh, professeur agrégé à la Faculté des systèmes terrestres et alimentaires à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).
Dans les dernières années, des laitues romaines, des pistaches et des laits végétaux, pour ne nommer que quelques produits, ont été ciblés par des rappels en raison de la présence d’E. Coli, de salmonelle ou encore de Listeria.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments précise que les aliments peuvent être rappelés pour de nombreuses raisons, comme une contamination bactérienne, des allergènes non déclarés ou un étiquetage erroné, afin de protéger les consommateurs.
Comment ça fonctionne?
Sarah-Louise Ruder est chercheuse postdoctorale en sociologie et en systèmes alimentaires à l’Université de la vallée du Fraser et à l’Université d’Ottawa. Elle explique que l’intelligence artificielle peut contribuer de deux manières principales à la prévention des rappels d’aliments.
La première catégorie, ce sont les technologies d'intelligence artificielle avec la vision par ordinateur. C’est un modèle qui a appris à trouver des [tendances], explique-t-elle. Par exemple, une IA peut être entraînée à reconnaître des pommes en bon état à partir de plusieurs photos et vidéos de pommes. Elle peut ensuite identifier celles qui ne correspondent pas aux normes de l’industrie ou d’un producteur.
La deuxième catégorie relève des capacités de prévision possibles grâce à l’IA. De plus en plus, on collecte des données sur les aliments à différentes étapes : quand on les lave, transforme, manipule, pendant le transport, détaille Sarah-Louise Ruder.
En fonction de la température ou de l’humidité enregistrée, explique-t-elle, des alertes peuvent se déclencher si l’aliment ne correspond pas à des tendances attendues en fonction des conditions environnantes.
L’IA pour aider à se conformer à différents marchés
L’entreprise singapourienne RegASK, présente à Vancouver dans le cadre de la conférence annuelle du groupe Global Food Safety Initiative, propose des solutions basées sur l’IA qui intègrent la réglementation de différents marchés, notamment en matière d’étiquetage.
Imaginons que vous soyez une entreprise canadienne qui lance des produits en Corée du Sud. La barrière de la langue, les obstacles géographiques, ce genre de difficultés peut être difficile à surmonter avec une équipe classique. Mais grâce à ces outils d'IA, vous pouvez considérablement élargir vos effectifs, avance Shia Torkashvand, directeur de comptes pour l’entreprise.
Ce que nous pouvons faire, c'est utiliser l'intelligence artificielle pour analyser une multitude de données réglementaires, par exemple pour l'étiquetage. [...] Nous sommes en mesure de les compiler et de les présenter de manière plus efficace, car tout est regroupé au même endroit, ajoute-t-il.
L’humain, au coeur des décisions
Dans ses recherches, Sarah-Louise Ruder constate l’importance de conserver l’humain dans les processus intégrant de nouvelles technologies. Pour l'intelligence artificielle dans le système alimentaire, [on est encore] tôt dans la transition. Alors c'est très important d'avoir un humain pour valider les alertes de l'ordinateur, estime-t-elle.
Shia Torkashvand se veut aussi rassurant : L'IA est en réalité un copilote. Une grande partie des efforts que nous menons visent justement à optimiser l'efficacité des processus de travail, afin que les humains puissent passer de tâches manuelles fastidieuses à un rôle de supervision plus stratégique.
Le professeur Anubhav Pratap-Singh, de l'Université de la Colombie-Britannique, rappelle aussi que les IA ne prennent pas les décisions entourant les normes de sécurité alimentaire elle-même. C'est quelque chose sur lequel on ne peut pas compter avec l'IA, dit-il.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments n’a pas répondu à la demande de Radio-Canada. Dans son plan ministériel de 2026-2027, l'agence spécifie néanmoins qu’elle utilise des outils avancés, comme des systèmes de surveillance, des modèles prédictifs et l'intelligence artificielle (IA) pour repérer et gérer les risques avant qu'ils ne deviennent des problèmes à grande échelle.


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