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Dans l'atelier de la huitième île, sur la pointe de Moisie, à Sept-Îles, des voix de divers horizons s'élèvent pour raconter des histoires. Une poignée de participants autochtones et allochtones prennent part à une résidence de création pour apprivoiser l'art du conte et trouver leur voix.
Le projet, porté par l'organisme Culture Côte-Nord, est né de la volonté de l'artiste innue Katia Rock de faire résonner différentes disciplines artistiques.
Le conte, chez les Autochtones, c’est une transmission pour les plus jeunes. Ce n’est pas un spectacle, fait-elle valoir. C’est important d’offrir cet atelier parce qu'il manque viscéralement de conteurs autochtones au Québec. J’aimerais encourager les gens à venir s’intéresser à cette discipline-là.
Raconter pour transmettre
C'est d'ailleurs ce désir de transmission qui a poussé l'aînée et militante innue Évelyne St-Onge à participer à la formation. Pour elle, cette résidence est une occasion de renouer avec les récits qui ont bercé sa jeunesse et d'apprendre à mieux les structurer devant un public.

Namun Aster (à gauche), Évelyne St-Onge (au centre) et Katia Rock (à droite) partagent un moment de complicité durant la formation.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Autrefois, quand les familles partaient en forêt, tous les soirs, il y avait un conte, se remémore-t-elle. Ils disaient : “ installez-vous comme des rois “, et là, la légende commençait.
Beaucoup ne connaissaient pas la fin de la légende. […] On tombait endormi avant.
Trouver sa voix
Pour guider ce groupe hétéroclite composé d'auteurs, d'artistes visuels et de personnes n'ayant jamais fait de scène, c'est le conteur nord-côtier Jérôme Bérubé qui agit à titre de formateur. Son approche ne vise pas à imposer un style unique, mais bien à révéler l'identité de chaque participant.
Chaque personne a sa propre façon de raconter les choses. Il y a autant de façons de conter qu'il y a de conteurs et de conteuses et c'est exactement ça dans la formation qu'on essaie de trouver, raconte l’artiste.

Le conteur aguerri Jérôme Bérubé agit comme maître d'orchestre avec les participants dans leur apprentissage.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Ce passage de la plume à la parole a représenté un défi de taille pour la romancière des Escoumins, Elianne Tremblay. Habituée à prendre le temps de chercher le mot juste sur papier, elle a dû s'adapter à la spontanéité du conte.
Grâce aux exercices de la semaine, elle a toutefois trouvé une méthode infaillible : dessiner les grandes lignes de son histoire et s'imaginer une spectatrice bien précise.

La romancière Elianne Tremblay prend des notes pour adapter ses récits à l'oralité.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
J'ai mis ma petite-fille de trois ans et demi, toute captive devant moi […] et je te dirais que ça s'est beaucoup mieux passé. Beaucoup plus facile, confie-t-elle.
Le fruit de ce travail immersif sera présenté devant le public samedi soir, à 18 h, au centre culturel Tshissenitamun Mitshuap à Mani-utenam.


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