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LE FIGARO DEMAIN - A Lyon, un service de gynécologie propose depuis 2025 une journée personnalisée dédiée aux femmes touchées par la périménopause, dont les effets sur la santé sont encore insuffisamment connus.
«Tous les jours, je me réveille dans le gaz, et toute la matinée j’ai du mal à me concentrer, à réfléchir, à mémoriser». Ce «brouillard mental» que décrit Sylvie*, 52 ans, fait partie de la trentaine de symptômes potentiels de la ménopause : troubles de l’humeur et du sommeil, douleurs articulaires, sécheresse vaginale… La chute des hormones provoquée par cette étape de la vie a parfois des conséquences très handicapantes, face auxquelles nombre de femmes peinent à trouver des réponses. C’est «en échangeant avec une amie» que Sylvie a compris l’origine de ses symptômes, «devenus gênants, y compris au travail».
Elle découvre alors l’existence, aux portes de Lyon, d’un parcours d’hôpital de jour dédié à la ménopause, auquel elle participe lorsque nous la rencontrons : né en 2025 du constat de femmes en grande souffrance et en errance médicale, le service gynécologique de l’hôpital Femme Mère Enfant à Bron accueille chaque mercredi quatre patientes. «Nous proposions déjà des consultations gynécologiques pour la ménopause le reste de la semaine, mais le but de ce parcours est de proposer une prise en charge globale dans une unité de lieu et de temps», explique le Dr Christine Rousset-Jablonsky, gynécologue médicale responsable de l’initiative.
C’est bien que le sujet se démocratise… Il y a encore dix ans, c’était très compliqué de se renseigner.
Sylvie, patiente en consultation à l’hôpital de BronEn général adressées par un médecin et reçues en priorité «selon la complexité de leur tableau clinique» – une maladie de Crohn pour Sylvie – les patientes viennent passer ici entre 3 et 6 heures : un programme d’examens et de consultations est défini au cas par cas en fonction des facteurs de risques et d’un questionnaire de qualité de vie sur les symptômes, la sexualité et l’alimentation. Un rendez-vous avec un endocrinologue, un tabacologue ou une psychologue peuvent être proposés, ainsi que des examens complémentaires pour contrôler, au-delà des symptômes tangibles, les «effets non ressentis« de la ménopause, explique la médecin.
Ostéodensimétrie, échographie pelvienne... et bientôt doppler vasculaire
Il peut s’agir d’une ostéodensitométrie pour détecter la fragilisation des os engendrée par la chute des hormones, d’une échographie pelvienne pour repérer d’éventuelles anomalies en cas de saignements ou d’antécédents de fibrose, et bientôt un doppler vasculaire pour évaluer les risques d’infarctus, d’AVC et de problèmes artériels. Une prise en charge globale qui non seulement fait gagner du temps mais surtout permet «une mise en commun des informations», constate Sylvie. «J’ai l’habitude de voir différents médecins mais ils ne recoupent pas les informations entre eux.»
Lors de la consultation de bilan qui clôt la journée, la gynécologue et la patiente évaluent ensemble, à partir des résultats de la journée, la nécessité et la balance bénéfices-risques d’un traitement, ainsi que sa nature. «Le traitement hormonal est efficace sur les symptômes et la prévention de l’ostéoporose mais peut exacerber certains risques de cancers et cardiovasculaires», explique le Dr Rousset-Jablonsky.
Seuls quatre hôpitaux en France proposent ce service
D’autres options non hormonales existent désormais, et la médecin formule également des recommandations non médicamenteuses (alimentation, activité physique, etc.). De sa journée, Sylvie repart satisfaite avec un traitement ajusté et mieux armée grâce à des outils concrets tels que «la quantité de calcium à consommer par jour». L’enjeu d’une meilleure information des femmes sur le sujet figure en tête des recommandations du rapport sur la ménopause publié au printemps 2025 par Stéphanie Rist, devenue en octobre 2025 ministre de la Santé.
Il s’agit aussi de visibiliser les implications de la ménopause, encore taboue, dans toute la société. «C’est bien que le sujet se démocratise, à la radio, dans les discussions avec les proches… il y a encore dix ans, c’était très compliqué de se renseigner», souligne la patiente. Seuls trois autres parcours de ce type existent en France, à Toulouse, Paris et Bordeaux. Une démarche à généraliser, à en croire son succès : à Bron, la liste d’attente pour obtenir un rendez-vous ne fait que s’allonger.
*Le prénom a été modifié


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