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Faire de deux épaves une seule voiture en état de marche : c’est le pari lancé l’an dernier par deux habitants de Haute-Loire passionnés de vieilles autos et de rallye-raids.
Lionel Lopes-Quintas - Hier à 22:26 - Temps de lecture :
Les vieux pistons langeadois ne manquent pas de ressort. Devant leur Acadiane Citroën, des années 60, Jean Boulet et Francis Perrenod sont bondissants. Au salon du deux-roues à Eurexpo (Lyon), dans l’espace réservé au Dakar, leur voiture d’une autre époque interpelle le visiteur.
Il faut dire qu’ils ont ressuscité la belle. De deux épaves, dont ils ont débarrassé un garagiste pour 500 euros, ils ont su en faire un bijou grâce à un cousin carrossier.
Diane Sabine, la veuve du regretté Thierry Sabine, comme marraine
Ils vont de nouveau sillonner la Haute-Loire, sur les marchés, comme ce fut le cas à Yssingeaux , pour dénicher quelques sponsors afin de boucler leur périple. Un budget estimé à 3 250 euros, dont 700 sont consacrés à l’engagement de l’équipage. Entre la R18 des frères Marraud, le Range Rover de René Metge, l’Acadiane tient son rang.
Dans cet espace mémoriel, Diane Sabine, l’épouse de Thierry Sabine, se trouve parmi eux. Cet ancien mannequin dans les années 80 n’a que peu goûté à la compétition et l’aventure. Avec un brin d’humour, elle relate à qui veut l’entendre cette anecdote : « Thierry faisait beaucoup de moto les week-ends avec ses copains. Pour que je vienne avec lui, pour mon anniversaire, il m’avait offert une moto d’enduro. J’ai fait une sortie, je n’ai pas aimé et quand je suis rentré, je lui ai tendu les clés. Ton cadeau, tu peux le garder. Ça ne m’avait pas plu du tout » (rires).
Elle ne possède pas le permis voiture, n’aime pas la vitesse et lorsqu’elle monte dans un véhicule, c’est pour se faire convoyer. Elle accepte parfois du bout des lèvres de se prêter au rôle de copilote, dans une Traction Citroën blanche « pour le confort » qui a participé au Dakar. En mémoire de Thierry. Mais c’est tout.
Un contraste qui plaît aux deux Altiligériens, qui eux sont à fond, pied au plancher, sur la Route des légendes. Entre Versailles, la place du Trocadéro à Paris, et Sète pour un périple de 950 kilomètres via la Nationale 20. Deux jours et demi de « descente ». Arrivée à destination : le port d’embarquement pour l’Afrique (comme lors des premières éditions du Dakar).
Diane Sabine sera la marraine de cette édition en septembre 2026. Ils vont couvrir près de 2000 kilomètres en une petite semaine, le temps de rallier Langeac (Haute-Loire) à Versailles, puis de s’aligner au départ. L’Acadiane, avec ses 35 chevaux, flirte sur le plat avec ses 110 km/h, mais c’est plus ardu dans les cotes avec le poids du pilote et du copilote.
« On retrouve le soir des anciens pilotes du Dakar »
Au volant du véhicule, qui possède le numéro 121 (comme l’unique voiture de ce type qui a participé au Dakar), ils disputeront les épreuves spéciales à un train de sénateurs, histoire de ne pas brusquer la mécanique.
« Avec notre bande de copains on retrouve le soir des anciens pilotes du Dakar », confie Francis Perrenod, le président des « Vieux pistons langeadois ». « L’an dernier, on a échangé avec Serge Bacou et Fenouil. Pour cette troisième édition, Cyril Neveu, Pierre Lartigue sont annoncés. Nous, ça nous parle. » Dimanche 8 mars, l’association organise la première sortie de l’année : une ronde de 45 kilomètres avant un casse-croûte à l’issue de la boucle. Ce sera l’occasion de vérifier que l’Acadiane tourne toujours comme une horloge.


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