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Les citoyens de Chicoutimi-Le Fjord peuvent s’attendre à choisir leur prochain représentant à Ottawa le 31 août prochain à l’aide d’un bulletin de vote parfaitement normal, ni surdimensionné ni blanc, contrairement aux électeurs de récentes élections partielles.
Découragé par une récente loi fédérale qui complique la tâche d’inscrire un très grand nombre de candidats lors d’une élection, le mouvement de contestation du Comité du bulletin de vote le plus long a confirmé au Devoir qu’il restera inactif cet été.
« Les élections partielles à venir n’ont pas tellement de visibilité, et c’est beaucoup plus de travail depuis que les électeurs n’ont plus le droit de désigner plus d’un candidat », a expliqué un porte-parole par courriel.
Le Comité du bulletin de vote le plus long avait provoqué l’indignation d’une bonne partie de la classe politique en faisant inscrire le plus grand nombre de quidams possible dans une circonscription donnée lors de quatre rondes d’élections partielles depuis l’été 2024. Il milite pour retirer des mains des élus le soin de modifier les règles électorales.
Son action a provoqué un nombre de candidats record lors des élections partielles de Toronto-St. Paul’s, en juin 2024, puis de LaSalle-Émard-Verdun, en septembre de la même année.
Élections Canada a dû faire imprimer des bulletins de vote gigantesques pour y inscrire le nom de 84 et de 91 candidats, respectivement.
En 2025, Élections Canada a carrément modifié la façon de voter lorsque le Comité du bulletin de vote le plus long a récidivé pour perturber l’élection partielle dans Battle River-Crowfoot, où se présentait le chef conservateur, Pierre Poilievre, à la suite de sa défaite aux élections générales.
Un bulletin blanc avait été offert, sur lequel les électeurs devaient écrire en toutes lettres le nom de la personne pour laquelle ils voulaient voter.
L’expérience a été répétée à Terrebonne, au Québec, lors de la reprise de l’élection annulée par la Cour suprême, le 13 avril dernier. Aucun électeur rencontré par Le Devoir dans les bureaux de vote n’avait alors signalé un problème particulier pour voter de cette manière.
Un bulletin normal
La semaine dernière, le premier ministre fédéral, Mark Carney, a déclenché de nouvelles élections partielles dans trois circonscriptions du pays, notamment pour remplacer le député conservateur Richard Martel dans Chicoutimi-Le Fjord, ce dernier ayant été nommé au Sénat.
Cette fois, Élections Canada prévoit un retour du bon vieux bulletin de vote, celui où l’électeur doit faire un « X » à côté du nom de son candidat favori.
« Nous prévoyons toujours d’utiliser le bulletin régulier, comme le prévoit la Loi électorale du Canada », a confirmé au Devoir un porte-parole de l’institution.
Les responsables électoraux se gardent toutefois le droit de changer d’avis s’ils constatent que trop de candidats s’inscrivent avant la date limite, fixée au 10 août prochain à 14 h.
Nouvelles règles
En juin, le Parlement a adopté sous bâillon le projet de loi libéral C-25, qui modifie certaines règles électorales. Il est notamment maintenant interdit pour un électeur de signer « l’acte de candidature de plus d’une personne qui désire se porter candidat ».
Cette règle est directement inspirée du modus operandi du Comité du bulletin de vote le plus long, dont des bénévoles se chargeaient d’obtenir à la place des nombreux candidats les 100 signatures d’électeurs locaux requises. Il n’est désormais plus possible de faire signer les mêmes 100 électeurs pour toutes les candidatures farfelues.
Le Comité du bulletin le plus long ne se déclare pas vaincu pour autant. « On va probablement attendre jusqu’en 2027 », a ajouté son porte-parole, lorsqu’interrogé par Le Devoir.
Trois autres élections partielles fédérales doivent encore être organisées au Québec, comme pour pourvoir le siège du député bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay (Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton), qui a démissionné pour se présenter pour le Parti québécois. Le député néodémocrate Alexandre Boulerice (Rosemont–La Petite-Patrie) et le député libéral et ex-ministre Steven Guilbeault (Laurier–Sainte-Marie) ont annoncé leur départ, mais n’ont pas encore formellement démissionné.


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