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Hantavirus : une Française toujours dans un état grave, pas de circulation diffuse avérée… Ce qu’il faut retenir du point presse du ministère de la Santé

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La ministre de la Santé Stéphanie Rist a précisé, lors d’une conférence de presse ce mardi, que les Français cas contact de la passagère du Hondius décédée du hantavirus sont «hospitalisés» ou «en cours d’hospitalisation».

Une Française est toujours hospitalisée, « actuellement en réanimation dans un état grave », ce mardi, après avoir été testée positive à l’hantavirus Andes depuis son rapatriement dimanche. Elle fait partie des cinq ressortissants français évacués du navire de croisière MV Hondius, tous placés à l’isolement à l’hôpital Bichat de Paris. La souche d’hantavirus des Andes est la seule connue pour sa capacité à se transmettre d’humain à humain, avec une forte létalité (40 %), ce qui justifie ces mesures strictes. Les quatre autres patients français « vont bien, sont testés négatifs à ce jour », a confirmé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors d’une conférence de presse. Vingt-deux cas contacts Français ont par ailleurs été identifiés : « Tous ont été contactés testés, hospitalisés ou en cours d’hospitalisation avec suivi rigoureux », a poursuivi la ministre. À ce jour, « il n’y a pas d’élément en faveur d’une circulation diffuse du virus sur le territoire national », a enfin tenu à rassurer la ministre.

Cette situation inédite, survenue sur un navire de croisière avec 23 nationalités à bord, ravive les craintes dans une société encore marquée par la pandémie de Covid-19. Lors de ce point presse très attendu, le ministère de la Santé a cherché à lever les zones d’ombre et rassurer, en détaillant les mesures de protection de la population mises en place depuis le week-end. Voici les points clés à retenir.

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La patiente présente la forme la plus sévère de la maladie

La patiente française, qui a ressenti les premiers symptômes lors de son évacuation à bord d’un vol Tenerife (Canaries)-Le Bourget (Paris), et testée depuis positive à l’hantavirus Andes, est toujours hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat. Elle présente « la forme la plus sévère du syndrome cardio-pulmonaire, et a une circulation extracorporelle pour avoir une oxygénation artificielle, pour, on l’espère, passer le cap », a précisé Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat.

Les quatre autres passagers ayant été évacués par le même vol sont toujours hospitalisés pour surveillance. Considérés comme « à haut risque », car mis en contact des cas déclarés sur le MV Hondius, leur quarantaine pourrait durer 41 jours, ce qui correspond à la durée maximum connue d’incubation du virus.

Vingt-deux cas contacts sans symptômes, mais hospitalisés et testés

Les 22 personnes contacts identifiées « se portent bien et n’ont pas de symptômes », a précisé la ministre. Ils sont pourtant tous hospitalisés pour surveillance et isolement, par mesure de précaution, « dans des centres de référence dans des chambres particulières à flux d’air » a précisé la ministre. « Ils seront hospitalisés au minimum 15 jours », et potentiellement jusqu’à 42 jours en fonction de « l’évolution des connaissances », a poursuivi Stéphanie Rist. Les premiers tests PCR sont revenus négatifs, mais plusieurs autres sont encore attendus.

Parmi ces 22 cas contacts, huit Français qui étaient à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesburg avec la passagère malade (avant son décès) ont été rapidement identifiés et isolés à l’hôpital. Les huit sont « de différents âges, dont des enfants », a précisé Stéphanie Rist. Quatorze autres Français, sont « à niveau de risque moindre », car ils étaient présents à bord d’un second vol Johannesburg-Amsterdam, « où la malade était présente mais a été rapidement débarquée » avant le décollage en raison de son état de santé très dégradé, a expliqué la ministre. Ils sont « identifiés, une partie est hospitalisée et une partie est en cours d’hospitalisation au moment où nous nous parlons ». Parmi eux, une personne a été hospitalisée à Marseille, a confirmé la directrice de cabinet de la ministre, sans pouvoir donner de détails sur son état de santé.

Des zones d’ombre

Plusieurs zones d’ombre demeurent toutefois, a reconnu la ministre de la Santé. « Nous n’avons pas encore l’entièreté du séquençage du virus (…) Nous n’avons pas la certitude de dire que ce virus n’a pas encore muté », a-t-elle reconnu devant l’Assemblée lors des questions au gouvernement ce mardi. « Il n’est pas impossible qu’on soit en face d’un variant », a renchéri Xavier Lescure, tant qu’un séquençage complet du virus ne sera pas réalisé. Deux premiers séquençages du génome ont déjà été réalisés en Suisse, où est hospitalisé un passager de la croisière, et à l’Institut Pasteur. « Une grande partie du génome a été séquencée : à Pasteur, la séquence est très proche de celle séquencée à Zurich, et (…) on ne voit pas de différence majeure détectée (avec le virus andin historique, NDLR) », a tempéré Olivier Schwartz, virologue, directeur de l’unité virus et immunité de l’Institut Pasteur à Paris.

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Il n’est pas non plus encore possible de savoir si des personnes asymptomatiques peuvent transmettre le virus, ou encore si certaines catégories de personnes sont plus à même que d’autres de développer des formes graves, le syndrome pulmonaire à hantavirus, avec parfois des atteintes cardiaques.

Onze cas dans le monde, tous issus de la croisière

Ce mardi, l’Organisation mondiale de la santé rapportait 11 cas de virus Andes (9 confirmés et 2 probables) dont trois décès. Tous les cas confirmés « figurent parmi les passagers ou l’équipage du navire », précise l’OMS.

L’OMS recommande à tous les patients ayant des « symptômes évocateurs du virus » une « surveillance active lors d’une installation de quarantaine spécifique ou à domicile pendant 42 jours à partir de la dernière exposition, qui est le 10 mai. »

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