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Guerre contre l’Iran : quelles répercussions en Irak ? “Tout est possible”

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Les rues du quartier d'Adhamiyah, considéré comme le cœur de Bagdad, sont calmes en ce jour de Ramadan. Les bus scolaires récupèrent les enfants, les commerces se préparent pour iftar, le repas qui rompt le jeûne au coucher du soleil.

Alors, les rues s'animent. Hussein, chiite de 39 ans, n'y a pas changé ses habitudes après la mort de Khameiny : "Certains le voient comme le pape, il a apporté son aide pendant la guerre contre Daesh. Sa mort, c'est comme la fin du monde et l'ouverture de la porte des Enfers pour ses partisans. Mais, en tant qu'Irakien, je suis moins concerné. Un autre grand ayatollah viendra le remplacer."

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À quelques kilomètres de là, au bord du Tigre, la Green Zone (zone ultra-sécurisée où se trouvent les principales institutions) est assiégée par quelques centaines de miliciens pro-Iran qui tentent depuis dimanche matin d'atteindre l'ambassade américaine. Des débordements jusqu'à présent contenus par la police qui réplique avec des gaz lacrymogènes. Dans les régions du Sud, majoritairement chiites, des manifestations en réaction à la mort du Guide suprême ont été recensées, sans victimes.

Les Irakiens, qui se remettent tout juste de décennies de conflits, ne semblent pas enclins à se laisser entraîner dans la guerre. Il leur a été officiellement demandé de ne pas se mêler aux manifestations des milices, dont "les intérêts diffèrent des intérêts du peuple irakien." Différentes bases de milices pro-iraniennes ont été visées par des tirs américains, faisant trois morts. En représailles, elles ont attaqué la base militaire américaine d'Erbil (Kurdistan). Par mesure de sécurité, les écoles de la région autonome ont été fermées.

Impacts économiques

C'est surtout l'économie qui va être touchée par la guerre, au moins dans un premier temps. L'Irak dépend de l'Iran pour se fournir en électricité, et la fermeture du détroit d'Ormuz devrait faire perdre 260 millions de dollars par jour au pays, qui n'est pas en capacité de faire des stocks et devra donc interrompre sa propre production de pétrole, selon l'économiste Mohamed al-Hasani.

Toutes les frontières autour de l'Irak étant fermées, de même que l'espace aérien, il est impossible de quitter le pays. Les ambassades occidentales, si elles ont fermé leurs instituts ou leurs services consulaires, n'ont a priori pas procédé à des évacuations. Les employés des grandes entreprises pétrolières n'ont donc pas d'autre choix que de rester en Irak, d'après une source sécuritaire.

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Une situation politique nationale compliquée

L'Irak se trouve dans une situation politique compliquée : les élections législatives de novembre n'ont toujours pas abouti à la formation d'un nouveau gouvernement. L'actuel Premier ministre, Mohammed al-Soudani, a su jusqu'à présent maintenir une stabilité relative dans le pays. Mais, malgré sa popularité, les parlementaires ont choisi de le remplacer par Nouri al-Maliki, qui a déjà été Premier ministre de 2006 à 2014. Donald Trump y a cependant mis son veto en raison de la grande proximité qu'entretient al-Maliki avec les Iraniens. Ce sont, en effet, toujours les États-Unis qui contrôlent les revenus du pétrole irakien - soit 80 à 90% du budget national -, un levier d'une redoutable efficacité.

Si une période d'incertitude s'ouvre en Irak, l'offensive américaine pourrait signer le retour de l'indépendance de Bagdad, dont la classe politique est aujourd'hui majoritairement alignée sur les intérêts de Téhéran. Comme l'a résumé le journal Asharq Al-Awsat, "à Bagdad, tout est possible, dans un climat propice aux affrontements et à l'explosion, et peut-être aussi face à une opportunité insoupçonnée d'instaurer un nouvel équilibre."

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